Start-up africaines : le portable, couteau suisse de la santé

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E-diagnostics par des infirmiers itinérants, conseils en ligne pour diabétiques, dialyse nomade pour patients isolés… “JA” a identifié des projets innovants qui ont su tirer profit du smartphone.

En moins de dix ans, le téléphone portable est devenu en Afrique l’outil idéal pour parer à toutes les urgences. Transfert d’argent, paiement de factures, télévision en ligne… À chaque besoin répond une nouvelle application. Et le secteur de la santé ne fait pas exception. À tel point que le continent serait l’un des premiers laboratoires de recherche et développement d’e-santé dans le monde, à en croire mHealth Alliance, le centre de recherche américain spécialiste de la question.

Avec l’ambition de rattraper un peu du retard pris dans des pays où les dépenses publiques en faveur de la santé restent très faibles : 2,31 % pour l’Afrique subsaharienne en 2014, selon les données de la Banque mondiale. Les groupes privés figurent parmi les premiers observateurs de ces innovations. Dernière illustration en date : la création, début juillet, par la fondation du laboratoire pharmaceutique Pierre Fabre, d’un Observatoire de l’e-santé dans les pays du Sud, avec l’objectif de faire passer aux start-up le cap souvent difficile du financement.

Si l’on attend beaucoup dans ce domaine de la part des opérateurs de télécoms, dont le chiffre d’affaires cumulé a atteint 53,5 milliards de dollars (environ 49 milliards d’euros) en 2015, force est de constater que la plupart des projets peinent à rassembler des fonds. Pourtant, les bonnes idées ne manquent pas. Jeune Afrique a sélectionné six innovations qui mériteraient plus de reconnaissance.


Djantoli, le suivi des petits par e-diagnostics au Burkina et au Mali

Avec pour pari, dans les cinq ans à venir, de réduire la mortalité infantile (un enfant sur six en Afrique de l’Ouest), Djantoli, « veille » en bambara, est une association active au Mali et au Burkina Faso. Son modèle ? Des rondes d’agents itinérants qui auscultent les nouveau-nés à domicile, moyennant un abonnement de 700 F CFA (soit 1 euro) par enfant et par mois. Ces infirmiers d’un nouveau genre sont équipés d’une application pour smartphones, dans laquelle ils renseignent le poids et la température du nourrisson, mais aussi d’éventuels symptômes d’infections respiratoires, de diarrhée ou de paludisme.

Autant d’e-diagnostics qui sont envoyés dans les centres de santé à Bamako et à Ouagadougou. Là, des médecins peuvent ordonner des consultations en temps et en heure via l’application, quand souvent les familles tardent à consulter. Le service est couplé à une offre de micro-assurance (700 F CFA, au Burkina), censée couvrir des consultations gratuites et certains médicaments. En 2015, la structure a permis de suivre 2 500 enfants dans les deux pays.

Dossier – Technologies : les promesses de la m-santé

Jeune Afrique