Richard Djagri TINDJO de l’Agence de solidarité nationale lance un appel aux bonnes volontés : « C’est avant tout un devoir citoyen de participer à cette action de solidarité envers les plus démunis »

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Richard Djagri TINDJO de l’Agence de solidarité nationale lance un appel aux bonnes volontés : « C’est avant tout un devoir citoyen de participer à cette action de solidarité envers les plus démunis »

L’Agence de solidarité nationale, un Etablissement public administratif à caractère social doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière qui s’occupe depuis sa création en 1992 des œuvres sociales en faveur des plus démunis. En ces fins de vacances, dans le cadre de ses activités traditionnelles, elle va bientôt voler au secours des élèves dont les parents manquent de ressources à travers le projet « rentrée scolaire solidaire ».

Qu’est-ce que sera fait exactement ? Quels sont les moyens de l’agence ? Est-il possible pour les bonnes volontés d’aider des enfants démunis à travers l’Agence de solidarité nationale ? Pour répondre à ces questions, l’Agence Afreepress s’est adressé à Richard Djagri TINDJO, Chef division, chargé de la prospection, de la mobilisation des ressources et du suivi des œuvres de solidarité à l’Agence de Solidarité Nationale.

Ce doctorant en Sociologie de développement et du changement social répond sans langue de bois aux questions qui lui sont posées.

Lisez plutôt l’interview

Afreepress.info : Bonjour monsieur, présentez-nous brièvement l’Agence de solidarité nationale.

Richard Djagri TINDJO : L’Agence de Solidarité Nationale est située dans le quartier Kodjoviakopé au 153 rue Duisburg et limitée au Nord par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), au Sud par l’ancienne Primature, à l’Ouest par l’ancien Parking de la Direction Générale de la Douane Togolaise et à l’Est par la Résidence des Coopérants Français et le Comité National Olympique Togolais (CNOT). Créée par décret n°92-031/PMRT du 05 Février 1992 et entérinée par l’arrêté 12/92/MBES du 1er septembre 1992. Elle est un Etablissement public administratif à caractère social doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière et administrative. Elle était placée sous la tutelle du ministère du bien-être social et de la solidarité nationale actuellement ministère de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation.

L’Agence de Solidarité Nationale a entre autres pour mission de faire naître et développer chez les personnes de différentes couches sociales le sens de solidarité sur le plan familial, national et international, de sensibiliser la population en vue de son auto promotion en matière de solidarité dans le domaine de la santé, de l’habitat, de l’emploi, de l’éducation, de prendre en charge les personnes vulnérables notamment les orphelins, les personnes handicapées, les veuves, les personnes âgées, les laissés pour compte, les inadaptés sociaux sans ressources et de porter assistance à toute personne en détresse dans le besoin sans distinction sociale, ethnique, raciale et religieuse.

D’aucuns estiment que c’est une agence de trop et que les vrais bénéficiaires sont ailleurs. Une accusation “présumée” qui peut avoir tout son sens du moment où l’on retrouve toujours dans les milieux défavorisés de notre pays des enfants déscolarisés à cause du manque de moyens. Sinon, vos actions souffrent-elles également de déficit de communication ?

L’Agence de Solidarité Nationale n’est pas une association ou ONG, ni une agence de trop comme le prétendent certaines personnes. Elle est une institution de l’Etat créée depuis les années 1992 c’est-à-dire après la conférence nationale souveraine pour gérer les questions de solidarité nationale.

De par sa mission, elle constitue un mécanisme de solidarité nationale qui vient soutenir les couches sociales vulnérables du pays à avoir un minimum de ressources vitales pour gérer les difficultés liées à l’accès aux services sociaux de bases.

L’Agence de Solidarité Nationale, est en quelque sorte la branche opérationnelle du ministère de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation qui œuvre dans le domaine de l’assistanat aux couches sociales vulnérables. Elle mène beaucoup d’activités sur le terrain notamment l’assistance aux personnes victimes de catastrophes, l’appui en fournitures scolaires aux enfants issus de familles démunies et aux structures d’accueil des enfants vulnérables dans le cadre de la rentrée scolaire, la distribution des cadeaux de noël aux enfants démunis à travers tout le pays, la sensibilisation des communautés sur les thématiques liées à la solidarité nationale et bien d’autres actions.

Quelques chiffres pour illustrer les actions de l’Agence de Solidarité Nationale :

En 2015, le ministère de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation à travers l’Agence de Solidarité Nationale a pu apporter dans le cadre de ses activités d’assistance aux couches vulnérables et démunies, une assistance à 21.594 personnes soit 9713 victimes de catastrophes, 8394 élèves issus de familles très pauvres et 3487 orphelins et autres enfants vulnérables.

Le coût total de cette opération d’assistance directe aux bénéficiaires est évalué à prêt de 129.665.435 FCFA avec l’appui de l’Etat et des bonnes volontés.

De janvier à septembre 2016, 11548 personnes vulnérables ont été assistées sur toute l’étendue du territoire national soit 11.488 victimes de catastrophes et 99 indigents. L’assistance en nature et numéraire est estimée à environ 82.000.000 FCFA avec l’appui de l’Etat et des bonnes volontés.

Les actions sont toujours médiatisées puisque les professionnels des médias sont souvent invités et le défis majeur que chacun doit pouvoir relever en matière de communication, c’est le partage de l’information juste aux populations afin que celles-ci soient au parfum des activités des institutions publiques que l’Etat a mis en place pour leur bien-être.

Donc vous, vous aidez les gens pauvres quoi ?

Il est du devoir de tout individu d’apporter une aide ou assistance à une personne se trouvant dans la nécessité selon les principes de la vie en société, si nous nous inscrivons dans cette logique il n’y a pas de raisons que nous ne puissions pas accomplir notre devoir, surtout que nous sommes encore dans une institution qui œuvre dans le domaine de la protection sociale des couches vulnérables.

Un démuni veut de l’aide; à qui doit-il s’adresser?

A l’Agence de Solidarité Nationale. Mais avant toute chose, il faut d’abord que nous sachions la nature de l’aide que vous sollicitez avant de savoir si cela est du ressort de l’Agence de Solidarité Nationale ou non. A partir du moment où la nature de l’aide sollicitée est connue et qu’elle s’inscrit dans notre domaine de compétence, nous verrons s’il s’agit d’une aide préalable (SOS en cas de secours d’urgence), d’une aide ponctuelle ou d’une aide soutenue pour les cas de vulnérabilité critique. Mais attention !! L’aide n’est pas conditionnée sauf que nous procédons à une enquête sociale avant toute intervention et accordons l’assistance sociale selon la disponibilité des ressources.

Quelles sont les procédures possibles de saisine de l’agence ? Simple lettre de demande, une entrevue? Pleurer ? Rire ? Être un cousin, un oncle, un ami ou être du parti politique… ?

La procédure est simple, vous pouvez formuler votre demande par correspondance (lettre de demande) et l’adresser à la directrice de l’Agence de Solidarité Nationale, ou s’adresser à nos services sociaux qui sont dans les quartiers ou cantons de votre milieu de résidence. Vous avez aussi la possibilité de vous déplacer soit vers ces services sociaux et se faire aider par les agents sociaux qui sont dans ces centres ou à l’Agence de Solidarité Nationale. Une fois que la demande est formulée, tous les acteurs se mettent communication pour étudier la possibilité d’assistance.

Tout le monde peut bénéficier de l’aide s’il répond aux critères d’indigences et de vulnérabilités.

On a l’impression que ça n’aide que les riches, les structures sociales. Protection sociale ou exclusion sociale? Voilà l’inquiétude de beaucoup. Parlant de votre agence, que leur répondez-vous ?

La question de protection sociale n’est pas que l’affaire des institutions publiques, elle concerne aussi les institutions traditionnelles comme la famille, les réseaux sociaux etc. Personne ne peut nier l’existence de l’exclusion sociale dans une société, elle contribue aussi à la dynamique sociale. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé les autorités à créer l’Agence de Solidarité Nationale pour réduire ces inégalités sociales.

Les gens sont convaincus du fait de l’utilisation des prestations de l’aide sociale à des fins inappropriées, dites-nous ceux qu’il en est !

La mauvaise gestion des biens publics est une réalité dans la plupart des pays africains et le Togo n’est pas exclu. Chacun dans son petit coin pose des actes inciviques, mais cela ne doit pas être légitimé comme une norme sociale jusqu’à justifier l’utilisation de l’aide sociale à des fins inappropriées. Chacun en ce qui le concerne doit faire un effort pour proscrire cela dans son comportement quotidien lorsqu’il a une portion de pouvoir à gérer ; car l’action sociale c’est l’agrégat des actions individuelles. Et donc si nous conjuguons nos mauvaises actions individuelles, imaginer l’état dans lequel notre pays va se retrouver. Mais la combinaison de bonnes conduites citoyennes contribueront à accroître la croissance économique du pays.

Ceux qui prennent votre aide, ne sont pas obligés à voter pour un parti politique…?

L’Agence de Solidarité Nationale est une institution apolitique, elle est ouverte à tout le public et apporte de l’aide sans distinction de sexes, de races, d’ethnies, de religions, de parti politique etc. comme le précise les textes portant sa création et son organisation. Voter étant un droit et un devoir civique, l’Agence de Solidarité Nationale n’a pas vocation d’influencer la décision d’un citoyen en matière de décision politique ; de plus l’assistance sociale accordée n’est pas conditionnée à l’appartenance à une entité politique, religieuse ou ethnique.

Vous aidez des gens, mais on a comme l’impression de leur maintien dans la situation de détresse ! Quelle est alors votre raison d’être alors?

Comment peut-on aider une personne et la maintenir dans la détresse ? L’Agence de solidarité nationale dans sa mission fait plutôt l’effort malgré ses moyens limités de prévenir et de sortir les gens de leur situation de vulnérabilité, tout en faisant en sorte que ces derniers ne tombent plus dans la précarité. Une question est de sortir une personne de sa situation de vulnérabilité, une autre est de voir comment cette personne pourra elle-même se prendre en charge pour éviter la dépendance.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez sur le terrain et que faut-il faire ?

L’Agence de solidarité nationale est un service de plus en plus sollicité à cause de la situation de précarité dans laquelle se trouvent les togolais. Malheureusement, celle-ci ne dispose toujours pas de moyens suffisants pour faire face à ces milliers de couches sociales vulnérables et démunies du pays.

C’est d’ailleurs pourquoi, il est nécessaire qu’un Fonds de Solidarité Nationale soit mis en place pour permettre à l’Agence de solidarité nationale d’étendre la couverture d’assistance à toutes les populations surtout les plus vulnérables et démunies dans la perspective de contribuer à la croissance économique du pays par un développement inclusif. Etant donné qu’ils constituent une force latente pouvant contribuer au développement économique du pays.

Pour une cohésion sociale et un développement harmonieux du pays, la question de la solidarité nationale ne peut pas être ignorée ou négligée, car la solidarité entre les individus doit se faire sentir aujourd’hui non seulement comme une nécessité mais aussi comme un devoir afin de réduire les écarts entre les couches socio-économiques.

L’Agence de solidarité nationale compte sur la générosité de tous car, c’est avant tout un devoir citoyen de participer à cette action de solidarité envers les plus démunis. Aider l’autre, c’est s’aider aussi, en garantissant une meilleure stabilité et harmonie dans le pays.

Bientôt la rentrée scolaire, pouvez-vous nous donner les chiffres d’élèves vulnérables assistés dans le cadre de la rentrée scolaire au cours des trois dernières années ?

De 2013 à 2015, l’Agence de solidarité nationale, grâce à la mobilisation des ressources effectuées, a pu octroyer les fournitures scolaires à 23.553 élèves des cours primaires et secondaires issus de ménages très pauvres sur toute l’étendue du territoire national.

Dans le cadre de vos activités, vous organisez une mobilisation sociale à l’intention des enfants des plus démunis, dénommés opération « rentrée scolaire solidaire-édition 2016 ». Pouvons-nous en savoir un peu plus sur le projet, surtout les critères de choix des bénéficiaires ?

L’opération rentrée scolaire solidaire se poursuit, en ce sens que, c’est devenu une tradition pour l’Agence de Solidarité Nationale de voler au secours des élèves dont les parents n’ont pas les ressources pour les scolariser.

Ainsi, le projet « rentrée scolaire solidaire » vise à réduire de façon significative l’ampleur, le taux d’abandons scolaires dans les milieux pauvres par la distribution de kits scolaires aux élèves issus de ménages très pauvres dans le cadre de la rentrée scolaire.

Cette année, nous voulons innover la mise en œuvre de cette initiative en impliquant les chefs d’établissements, les enseignants de l’identification des élèves bénéficiaires, à la distribution, au suivi et à la collecte des résultats scolaires.

Pour ce faire, nous envisageons avec l’appui des agents sociaux du ministère de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation et des inspecteurs du premier et second degré, identifier des établissements scolaires pilotes pour distribuer des kits scolaires.

Des échanges avec les responsables d’établissements scolaires, il ressort qu’il y a des enfants qui viennent à l’école pendant au moins deux semaines sans cahiers, bics, ni sacs etc. parce que les parents n’ont pas pu leur payer les fournitures scolaires, par contre la situation de certains est acceptable d’en avoir plus dans leurs sacs d’écoliers.

Les enseignants sont parfois obligés de solliciter par solidarité au près des autres collègues de classes des fournitures pour ces élèves pauvres. Et si l’enseignant ne réussissait pas à mobiliser ces fournitures scolaires pour les enfants se trouvant dans cette situation, il est obligé de dispenser son cours espérant que d’ici là l’enfant trouvera une bonne volonté pour l’aider.

C’est donc pour réduire cet état de stigmatisation que nous envisageons cibler ces cas d’enfants pour leur apporter la solidarité du ministère en charge de l’action sociale.

Il existe au Togo des milliers d’enfants ou élèves qui ont des difficultés en matière de scolarisation. Combien allez-vous couvrir cette année ?

Dans notre projection, nous pensons aller au-delà d’un échantillon de 7800 enfants si les bonnes volontés se manifestaient pour soutenir notre initiative. Au quel cas nous essayerons dans la mesure du possible couvrir les 7800 enfants avec le minimum de ressources que nous aurions pu mobiliser. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous sommes sur les médias pour attirer l’attention de la population et des bonnes volontés que nous attendons leurs contributions qui nous permettront de couvrir plus d’enfants dans les établissements scolaires. Aider à la scolarisation des enfants c’est construire la nation d’aujourd’hui et celle des générations futures.

De quoi est composé le kit scolaire ?

Les kits scolaires sont composés de cahiers de 200 et de 100 pages, de bics, crayons, d’ensemble géométrique, d’ardoises et de protèges cahiers.

Au-delà de cette composition, si les bonnes volontés veulent bien apporter autres articles scolaires, cela permettra d’augmenter la substance des kits scolaires.

Quels sont les bonnes volontés qui vous ont aidés les années passées ?

Il s’agit de la CNSS, la Bank of Africa, Togocellulaire, Shell Togo, la TDE, l’Afrique Industrie, la BTCI, Asaal International, la Poste togolaise, Sopal et Mr. OURO Goma de la diaspora en Italie.

Qu’attendez-vous des partenaires ou de bonnes volontés ?

Le ministère à travers l’Agence de solidarité nationale compte sur la générosité de tous, car c’est avant tout un devoir citoyen de participer à cette action de solidarité envers les plus démunis. Aider l’autre, c’est s’aider aussi, en garantissant une meilleure stabilité et harmonie dans le pays. Vos précieux dons seront les bienvenus à l’Agence de Solidarité Nationale, sise au 153, Avenue Duisbourg-BP : 13741.Tél : 22-22-15-06/22-22-15-07 ; Cél : 99.52.67.35 ou 90.18.88.84 – Lomé.

E-mail : [email protected]

Facebook : agence de solidarite nationale togo

Compte n° 03.03.18.42.20.01 OraBank Lomé.

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