Recap de la manif de la diaspora togolaise en Allemagne contre la visite de Faure

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La diaspora togolaise en Allemagne a manifesté contre la visite de Faure Gnassingbé à Berlin en Allemagne le 9 juin 2016, pour dénoncer sa gestion calamiteuse du Togo

Chrono

8 juin 2016, Veille de la manifestion : L’organisateur de la protestation, M. Gafar Tchedre, a reçu plusieurs coups de fil venant de l’Hôtel Adlon où résidait Faure, sa bande de ministres et autres affamés de la diaspora. Ces coups de fil lui intimant l’ordre de surseoir à la manifestation. M. Tchedre refuse d’annuler la manif.

9 juin 2016, Jour J, Quelques heures avant la manifestation : Peu avant le début de la manifestation, M. Gafar Tchedre a reçu encore plus d’une dizaine d’appels de la délégation de Faure Gnassingbé le pressant d’annuler la protestation. Gafar a nouveau refusé de céder aux pressions.  À chaque appel Gafar informait M. Akondoh Ali, le coordinateur de la manifestation. Ce dernier demanda donc à Gafar de dire à ceux qui le harcèlent de l’appeler. Sa demande resta sans effet.

9 juin 2016, Jour J, Moment de la manifestation : La police berlinoise s’est déployée pour cantonner les manifestations dans un coin et les empêcher d’approcher Faure Gnassingbé et sa bande de quémandeurs. Sans être découragés, les protestataires, ont lu la lettre qu’ils ont adressée à Joachim Gauck, le Président  de la République fédérale d’Allemagne, qui était l’hôte du mal élu Faure Gnassingbé. Voici le contenu de la lettre:

Le mot de la diaspora togolaise à l’endroit du président de la république fédérale d’allemagne

À l’occasion de la visite officielle de Monsieur Faure Gnassingbé

Monsieur Joachim Gauck, les Togolais de la diaspora s’adressent à vous.

Son Excellence, Monsieur le Président de la République Fédérale d’Allemagne,

Il n’est pas de l’habitude des Togolais de venir ici devant votre résidence pour troubler votre tranquillité. Si nous sentons le besoin de le faire c’est bien sûr parce que nous croyons sincèrement que vous prêterez une oreille attentive à notre appel.

Nous représentons, bien que loin de notre Mère-Patrie, la majorité silencieuse sur le dos de laquelle les hommes d’affaires au sommet de l’État mènent leurs bizness en s’accaparant les richesses du Togo. Cette majorité croupit en silence dans la misère et le désespoir, la peur au ventre.

Nous sommes, Monsieur le Président, une frange de Togolais négligés considérés comme des apatrides par ceux que vous recevez avec honneur et qui, du père à fils, nous ont contraints à l’exil et à l’émigration. Dans tous les cas, nul n’abandonne volontairement son pays si les conditions normales de vie sont réunies. Car il n’y a de meilleur pays que le sien. Malheureusement, le Togo, sous la présidence de Monsieur Faure Gnassingbe, est un pays atypique. Un pays qui fait la honte de la Sous-région ouest-africaine en matière de démocratie et de respect des libertés individuelles et collectives des citoyens.

Faut-il encore rappeler que depuis son accession à la magistrature suprême Monsieur Faure Gnassingbé n’a respecté aucun Accord pris avec l’ensemble de la classe politique togolaise « en vue du strict respect de la Constitution de la 4ème République Togolaise et le fonctionnement régulier de l’ensemble des institutions qui sont les garanties indispensables au libre jeu démocratique et à l’alternance politique. » De l’Accord Politique Global (APG) à la création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) pilotée par Monseigneur Barrigah en passant par d’autres Clauses

L’engagement du Chef de l’État à les respecter est resté lettre morte. Ce qui lui ouvre largement la voie à la Présidence à vie au pouvoir alors que le Togo n’est ni une Monarchie Constitutionnelle ni un Royaume.

Dans l’Administration et l’Armée, la corruption est à haute dose. Il faut appartenir à la famille Gnassingbe ou en être proche, appartenir à la classe fermée des privilégiés pour avoir droit au respect et au partage du gâteau. Cette minorité se caractérise par son opulence et son insolence. Elle a le droit de vie ou de mort sur les autres citoyens et n’est inquiétée par rien.

Sur le plan des droits de l’homme, les libertés individuelles et collectives des citoyens sont constamment violées. La liberté de presse n’est qu’un vain mot. Des opposants au régime arrêtés ou emprisonnés arbitrairement. Des journalistes sont constamment interpelés et incarcérés; la presse privée muselée. Les manifestations de rue pourtant autorisées par l’autorité compétente sont réprimées dans le sang. Les cas d’assassinat à balles réelles par les forces de sécurité à Mango et à Dapaong sont des plus flagrants. D’ailleurs, Amnesty International dans son rapport 2015-2016 sur les violations des droits de l’Homme au Togo, «accuse les forces de sécurité d’avoir tué et blessé plusieurs personnes lors des manifestations pacifiques; des journalistes et des défenseurs des droits humains ont été arrêtés. Les conditions carcérales ne répondent pas aux normes internationales et l’impunité pour les violations des droits humains a persisté.»

La lettre épiscopale de la Conférence des Evêques du Togo adressée aux responsables politiques le 26 Avril enfonce le clou:

«Malheureusement la minorité qui a accaparé le pouvoir et qui pille le pays, soumet la population à un joug permanent. Les aspirations des Togolais au changement à la tête du pays sont toujours usurpées par un clan à la solde d’une seule et même famille.»

Malgré la lettre accablante des Evêques du Togo et le rapport cinglant d’Amnesty International, Faure Gnassingbe est resté sourd-muet et imperturbable.

Monsieur le Président,

Voilà le vrai visage du Togo que tente de cacher les tenants du pouvoir au Togo. Nous sommes persuadés que vous le savez sans doute. Mais nous sommes écœurés de constater que votre pays, imbus des idéaux démocratiques, reste complaisant avec le Régime de Lomé en accueillant Monsieur Faure Gnassingbé comme un Président dont les mains sont propres. À quoi servirait une aide au Togo dont les dirigeants font fi des règles élémentaires de démocratie et de la gestion saine des richesses du pays?

C’est pourquoi la diaspora togolaise dans sa large majorité demanderait:

Que l’Allemagne convie son hôte au respect des accords signés à Lomé et qu’elle exerce une pression sur les Autorités togolaises afin qu’elles acceptent sans délai ni condition d’opérer les reformes constitutionnelles et institutionnelles.

Que l’Allemagne tienne un langage de vérité et non de complaisance avec le dictateur Faure Gnassingbé.

Que soit mis fin au règne de l’impunité s’agissant des assassinats crapuleux et du pillage des deniers publiques.

Que soit mis fin au harcèlement des journalistes de la presse privée.

Que soit procédé sans délai à la libération des prisonniers politiques et d’opinion.

Que la diaspora togolaise soit associée aux processus électoral de son pays d’origine en lui faisant prendre part au vote lors des consultations présidentielles.

Que soit mis fin à la corruption et à l’accaparement des richesses du pays par la minorité insolente.

Que soit mis fin aux aides qui ne profiteraient pas aux populations togolaises, les vraies concernées.

Que l’argent du contribuable allemand ne finance pas la dictature au Togo au détriment des populations déshéritées.

Que cessent les intérêts personnels au sommet des États amis, source de marginalisation des intérêts des populations des pays respectifs concernés.

Fait à Berlin en Allemagne le 9 Juin 2016.

Pour la Diaspora togolaise en Allemagne,
La Commission d’organisation de la Manifestation.
Akondho Ali

 

9 juin 2016, Pendant de la manifestation : Trois des manifestants ont été appréhendés par la police car ils auraient forcé la ceinture de barrage policier pour une « bonne arrivée » à Faure Gnassingbé ! Ils ont été relâchés quatre heures plus tard.

Recap de la manif de la diaspora togolaise en Allemagne contre la visite de Faure

« Je suivais la police allemande afin de savoir dans quel commissariat nos trois camarades seraient détenus. Ils étaient retenus dans les locaux de la police criminelle (c’est en mon sens les criminels hôtes du gouvernement allemand qui devaient y être. Malheureusement les rôles ont été intervertis.) J’y étais et j’ai insisté qu’ils soient libérés avant que je ne quitte leurs locaux. Après une véritable tracasserie avec les agents en poste ce jour-là, nos amis ont été relâchés après environ quatre heures de temps de détention. Après que je me sois rassuré qu’ils aient été bien traités au cours de leur détention, je les ai pris dans mon véhicule et les ai ramenés sur notre point de ralliement (…) Tout le monde comprend pourquoi la police allemande ayant été informée de la marche bruyante, a préféré utiliser la manière forte pour nous caser dans un coin de rue afin d’éviter que nous soyons plus proches du cortège du président du RPT/ UNIR » écrit Akondoh Ali sur page Facebook.

L’après manif

Naturellement, après la manifestation, les griots du pouvoir gloussent et tassent la manifestation de « fiasco ». Fiasco n’est certainement pas l’opinion des organisateurs de la protestation, ni celle de bon de compatriotes sur les réseaux sociaux :

« N’en déplaise aux  » maîtres djinns  » de focusinfos qui ont parlé de fiasco de la manif et qui ont démenti qu’aucun appel venant du camp de M. Faure n’a été adressé à Gafar. Personne ne s’étonne du mensonge permanent du camp adverse » écrit M. Ali

« Félicitations pour votre détermination à lutter pour un avenir meilleur au Togo. Si tous les Togolais de la diaspora sont aussi consciencieux et résolus comme vous les combattants ci-dessus, le Togo respirerait déjà mieux.  Ne soyez pas distraits par des bruits inutiles du camp adverse, car si votre manif n’a pas eu d’impacts ou n’a été pas importante, les mendiants du camp adverse et leur chef ne vous auraient pas harcelés pour vous intimider ou décourager d’agir. Ils n’auraient pas non plus mobilisé la police allemande pour vous empêcher de dire ce que vous aviez à dire à Faure-vi et à ses courtisans.

Qu’ils qualifient la manif de fiasco n’est pas étonnant. Mais s’ils ont pris la peine de le dire, c’est que votre manif a quand-même eu un effet et a laissé une tâche indélébile sur le costume à plusieurs milliers de dollars du jeune-vieux tyran Faure. Cette tâche, si petite qu’elle soit, demeure malgré tout une tâche persistante que l’équipe de vuvuzela du tyran doit essayer de nettoyer ou noyer à coup millions de nos francs.  Alors camarades Alfa Ibrahim Traoré, Gafar Tchedre, Akondoh Ali, Fousseni Agbandjalla et vos autres compagnons, Soyez fier de vous ! Soyez fier de ce que vous avez accompli ! Et encore une fois, Bravo ! Et surtout merci de la part des millions de Togolais anonymes qui n’étaient pas face aux policiers allemands avec vous le 9 juin, mais qui voient la tâche visible que vous avez collée sur la veste de Faure Gnassingbé à Berlin!» commente une compatriote.

L’autre diaspora, la frange alimentaire, instrumentalisée

Recap de la manif de la diaspora togolaise en Allemagne contre la visite de Faure

Une frange de la diaspora alimentaire pour qui Faure Gnassingbé est synonyme de « Guichet Automatic de Distribution de Billets de banque » s’était agglutinée dans une salle quelque part pour écouter les aveux d’échec de leur champion sur la gestion que sa famille fait du Togo. C’est cette diaspora alimentaire qui a été passée en boucle sur la TVT…

Enfin voici ce que dit Akondoh Ali au micro de Bill Emile Davolk de FM Liberté

Sources : Akondoh Ali + Autres / FB + FM Liberté + 27avril.com

27Avril.com

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