PNUD / Développement humain en Afrique 2016 : Le Togo végète parmi les pays à faible IDH…avec son 162e rang. Bravo Faure !

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Bien que des avancées considérables aient été réalisées sur de nombreux fronts dans la plupart des pays en matière de développement humain, l’égalité des genres est encore loin d’être satisfaisante. Pour réduire les écarts entre hommes et femmes, le présent rapport adopte une approche de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique axée sur l’économie politique. La situation du Togo a à peine évolué, puisque le pays est passé du 167ème au 162ème rang mondial, et le pays est loin d’avoir atteint l’objectif du programme d’action de Beijing.

PNUD / Développement humain en Afrique 2016 : Le Togo végète parmi les pays à faible IDH…avec son 162e rang. Bravo Faure !

De façon générale, il est énoncé que les politiques et les programmes centrés sur l’exploitation du potentiel des femmes, constituent un facteur social et économique majeur, favorisant un développement plus inclusif et pérenne. À l’inverse, les politiques et les programmes qui laissent involontairement les femmes de côté ou nient leurs droits ne connaîtront jamais le succès à long terme. Il ne sera pas non plus possible de réaliser une croissance inclusive si l’autonomisation des femmes est cloisonnée ou envisagée comme une activité distincte de la sphère d’action traditionnellement considérée comme relevant des fonctions essentielles du gouvernement.

Selon le classement du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), le Togo se situe parmi les 36 pays dont le développement humain est faible. Concrètement, le pays a perdu au moins 33% de développement humain due aux inégalités calculées dans la répartition de l’Indice de développement humain (IDH) avec 6 autres pays que sont la Mauritanie, le Swaziland, le Ghana, le Malawi, le Cameroun et le Burundi.

S’agissant des inégalités entre les genres, les pays recensant de faibles inégalités entre les genres au niveau des revenus, mais un faible ratio des valeurs de l’IDH femmes/hommes voient les inégalités se creuser dans les domaines de l’éducation et de la santé, ce qui, selon le rapport, annule les avantages d’un revenu mieux distribué. Sont concernés par cette catégorie la Guinée, le Libéria, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Tchad et le Togo.

Une corrélation existe entre les valeurs de l’Indice d’inégalité de genre (IIG) et de l’Indice Institutions Sociales et Égalité homme-femme (ISE). Ainsi un ISE élevé est synonyme de fortes inégalités. L’IIG entrave la performance de l’IDH dans les pays africains. Les données fournies au titre du présent rapport mettent en évidence qu’une augmentation de 1 pour cent de l’IIG réduit l’IDH de 0,75 pour cent. Au Togo, l’ISE est de 0,19 et l’IIG, 0,59.

Le Togo a certes entamé la lutte contre les mariages précoces, mais selon le PNUD, la prévalence des mariages d’enfants est de 22%, au même niveau que le Gabon et la Guinée Bissau.

Au Mali, par exemple, le taux de mortalité maternelle chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans est de 187 décès pour 100 000 naissances vivantes, alors que l’on ne compte que 32 décès pour 100 000 naissances vivantes parmi les femmes âgées de 20 à 34 ans. Les chiffres de ces deux catégories correspondants au Togo sont respectivement de 286 et 39 décès pour 100 000 naissances vivantes, ce qui démontre d’une part que les grossesses précoces augmentent fortement le risque de mortalité maternelle (Mathur, Greene et Malhotra, 2003), et que le Mali, pays sahélien, est malgré tout en avance sur le Togo.

Des mutilations génitales féminines, parlons-en. Le pourcentage d’adolescentes et de femmes âgées de 15 à 19 ans et de 45 à 49 ans soumises à ces pratiques, selon des données de 2002-2013 (dernières données disponibles) représente moins de 2% pour les premières et moins de 8% pour les secondes. Même si des efforts sont appréciables, on doit parvenir à zéro mutilation.

La proportion de jeunes NEET (Ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) constitue un indicateur global du potentiel inexploité des jeunes. En effet, ces jeunes n’améliorent pas leur employabilité future en investissant dans de nouvelles compétences et n’acquièrent pas non plus d’expérience grâce à un emploi. Ils sont donc particulièrement exposés à l’exclusion du marché du travail et à la marginalisation sociale. En Afrique, 20% des jeunes hommes et 35% des jeunes femmes relèvent de cette catégorie, avec des variations entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. En Afrique du Nord, la proportion de jeunes appartenant au groupe NEET est de 22 % chez les hommes et 42 % chez les femmes, contre respectivement 19 % et 33 % en Afrique subsaharienne. Au niveau national, la part de ces jeunes NEET en 2012 était supérieure à 25 % au Bénin, à 29 % en Égypte et au Libéria, à 18 % au Malawi, à 14 % au Mali, à 16 % au Togo et à 28 % en Zambie (OIT, 2015a). Reste à savoir si ces taux ne sont pas repartis à la hausse depuis ce temps.

Bien que le pourcentage d’entreprises détenues au moins en partie par des femmes dans une sélection de pays entre 2006 et 2013 soit environ de 32% au Togo, tout comme au Ghana, le rapport estime que l’objectif du programme d’action de Beijing qui a fixé un taux de 30 % de femmes au parlement, n’est pas atteint par le Togo. Il est de 18% contre 43% au Sénégal. Dans le même temps, le pourcentage de sociétés dirigées par des femmes en 2009 est de 15%.

La discrimination à l’égard des femmes reste une réalité. Ce taux reste moyen avec 19% en général. Mais lorsqu’on considère les auteurs de discrimination que sont les chefs traditionnels, ils sont plus de 60% à ne pas en faire montre contre la moitié de ce pourcentage qui l’affichent souvent ou toujours. Même l’affectation des dépenses en faveur de l’égalité des genres dans certains pays africains, semble souffrir de discrimination, étant donné qu’au Tchad, elle est de 20% contre 0,12% au Togo.

Saviez-vous que l’éducation de la petite enfance est très discriminatoire au Togo? Tenez, selon le PNUD, le taux d’inscription net en maternelle en âge préscolaire, de 2005 à 2014 pour les filles est de presque cinq fois celui des garçons, soit environ  45% et 9%.

Avec un Indice de développement humain (IDH) de 0,484 et un IDH ajusté aux inégalités (IDHI) de 0,322, la perte globale de développement humain due aux inégalités du Togo est estimée à 33,4% pour une espérance de vie à la naissance de 59,7 ans, une durée attendue de scolarisation de 12,2 ans, une durée moyenne de scolarisation de 4,5 ans, un revenu national brut (RNB) par habitant de 1,228 dollar de 2011. La croissance annuelle moyenne de l’IDH entre 2000 et 2010 est de 0,76 et de 1,29% entre 2010 et 2014.

Au vu de l’évolution des IDH, le classement fait passer le Togo de la 167è position pour un IDH de 0.473 au 162è rang avec 0.484. Mais le pays végète toujours dans l’IDH faible.

Le rapport a aussi fait mention de l’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) pour les pays africains qui se compose de l’Intensité des privations qui est de 49,9%, de la population proche de la pauvreté multidimensionnelle estimée à 19,9%, et de la population en situation de pauvreté multidimensionnelle sévère évaluée à 23,2% pour le Togo.

Les rapports ont pour but de présenter des situations peut-être mal maitrisées par les gouvernants, mais c’est quand, au-delà des constats, on remarque des prises de conscience traduites en actions concrètes que les rapports prennent toute leur importance. Hier celui de l’UNICEF, aujourd’hui le rapport du PNUD. Pourvu que les autorités en tirent profit.

Télécharger le rapport complet (PDF ) ici 

Source : Godson K., Liberté

27Avril.com

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