Plainte pour escroquerie à grande échelle des agents de PROMOCIV : Les ministres Lorenzo, Gnofam et Broohm complices du Coordonnateur Zombléwou ?

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Omar Agbangba, DG de l’ANVT

Le projet de la Promotion du Civisme et de la Citoyenneté vire à l’escroquerie pure et simple. Dans notre parution numéro 731 du 21 novembre dernier, le Coordonateur John Saturnin Kokou Zombléwou alléguait avec un communiqué à l’appui que tous les 160 agents peuvent récupérer leur caution au plus tard le vendredi 25 novembre. Mais rien n’y fit.

En conférence de presse lundi 05 décembre, les agents envoyés par l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE) et l’Agence Nationale de Volontariat du Togo (ANVT) disent se retrouver à la maison parce que les responsables du projet ont disparu. Selon eux, il s’agit purement et simplement d’une affaire d’escroquerie savamment mise en place pour soutirer de l’argent aux jeunes togolais diplômés, à la quête d’un emploi. Et pour cause, pour être recrutés, les 120 agents de la 2ème vague de PROMOCIV disent avoir versé, suivant les critères de sélection, une caution de 50.000 francs CFA, somme qui a été versée par tous et un autre montant de 30.000 francs CFA au titre de la quittance de permis de conduire pour 90% d’entre eux qui n’en ont pas.

Déversés dans les carrefours après une formation à peine terminée et contrairement aux objectifs poursuivis par le projet, ces jeunes ne verront même pas la couleur de leur première rémunération prévue pour le 25 septembre dernier. Les cautions qui devraient leur être retournées deux (2) mois après la prise de fonction, sont également restées non remboursables.

« Nos exigences sont très simples. Nous demandons à ce que Monsieur Saturnin Kokou Zombléwou, le Coordonnateur de ce projet, soit poursuivi afin que justice soit faite. Nous lui reprochons de nous avoir pris des cautions pour garantir des places dans le projet PROMOCIV et de refuser de nous restituer ces fonds. Nous lui réclamons également un mois et demi de salaire au titre du travail que nous avons fait sur le terrain », a déclaré Gaméli Bouagbé, porte-parole des agents PROMOCIV.

Dans une correspondance dont nous avons obtenu copie, les 160 agents portent plainte contre « Monsieur Zomblewou Kokou, Président de EJAD-Construction, Coordonnateur du Projet PROMOCIV, pour escroquerie et abus de confiance ; Monsieur Kpegoh Otto-Günther, Coordonnateur Adjoint de PROMOCIV, Directeur Général de AVR-Togo pour complicité d’escroquerie et Madame KAO Abidé, Responsable Administrative et financière de EJAD-Construction pour complicité d’escroquerie».

En outre « conformément aux dispositions des articles 48, 49 et 448 du nouveau Code Pénal Togolais, nous nous constituons d’ores et déjà parties civiles et réclamons par devant le Tribunal : la restitution aux Agents PROMOCIV qui ont versé chacun trente milles francs (30 000) CFA représentant la somme pour l’achat de quittance de permis de conduire et formation théorique en code de la route ; la restitution aux Agents PROMOCIV qui ont versé chacun cinquante milles francs (50 000) CFA représentant la somme pour la caution de formation ; la restitution aux Agents PROMOCIV qui ont versé chacun dix milles francs (10 000) CFA représentant la somme pour la formation en conduite ; le payement aux cent soixante (160) Agents PROMOCIV de un mois et demi de salaire soit deux cent vingt cinq milles (225 000) F.CFA de salaire à chaque Agents PROMOCIV ; le payement à chaque Agent PROMOCIV de cent milles (100 000) F.CFA soit un total de seize millions de francs (16 000 000 F) CFA à titre de réparation des dommages intérêts », lit-on dans la plainte.

Cette plainte est adressée au Procureur de la République Près le Tribunal de Première Instance de Lomé.

Le paradoxe dans cette vaste opération d’escroquerie est le silence des ministres Guy Madjé Lorenzo de la Communication, des Sports et de la Formation Civique, Ninsao Gnofam des Transports et des Infrastructures et Octave Nicoué Broohm de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui ont tous cautionné le projet PROMOCIV à travers ces courriers ci-dessous.

En réalité, des projets cautionnés par trois (3) ministres de la République, lorsqu’il y a problème, ils doivent s’impliquer pour trouver des solutions. Leur silence peut être perçu comme une complicité active. Les trois (3) ministres sont interpellés comme le chef de gouvernement pour soulager ces pauvres jeunes en chômage malheureusement victimes d’escroquerie.

Kokou AGBEMEBIO

icilome.com