L’héritage de la Conférence Nationale Souveraine au Togo, 25 ans après : Une « démocratie tétraplégique »

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Le Togo tout comme ses voisins de l’Afrique de l’Ouest, a traversé après la Conférence de la Baule, des moments de troubles politiques. Ces troubles ont débouché sur des mouvements de contestation des populations pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit qui passe par le pluralisme parce que pendant des années, ces populations ont vécu les affres du parti unique. Les mouvements de contestation de la jeunesse togolaise ont donc débouché sur l’organisation des grandes assises nationales qui réunira toutes les couches composant la société togolaise.

L’héritage de la Conférence Nationale Souveraine au Togo, 25 ans après : Une « démocratie tétraplégique »

Ces assises, d’aucuns l’ont qualifié de : Conférence Nationale Souveraine (CNS). Vingt cinq (25) ans après la leur du 8 juillet au 28 août 1991 dans la salle Fazao de l’hôtel de 2 février à l’époque, le pays n’a toujours pas décollé. Il s’est instauré une « démocratie tétraplégique ». L’alternance politique tant voulue par les populations n’adviendra jamais au sommet de l’Etat, comme c’est le cas dans les pays qui entourent le Togo à cause de la prise en otage des populations et de l’Etat par une minorité archi-oligarchique réfractaire aux principes démocratiques. Alors que, des décisions issues de cette conférence, il a été prévu dans la nouvelle constitution issue du référendum d’octobre 1992, les mécanismes de cette alternance politique.

Qu’est-ce s’est-il réellement passé pendant tout ce temps et qu’est-ce qui a pu empêcher cette alternance politique au sommet de l’Etat 25 ans après la tenue de ces grandes assises ? Ce sont entre autres interrogations que tentent de répondre certains acteurs de cette conférence encore en vie, en prélude à la commémoration proprement dite le 8 juillet prochain, en initiant une rencontre de débats ce lundi 20 juin 2016 à l’hôtel Eda Oba à Lomé. Urgence donc de revisiter l’histoire et de sauver les acquis de la CNS.

Réunir les acteurs d’hier pour qu’ils réfléchissent sur ce qu’ils ont fait. C’est l’objectif principal que visent les organisateurs de la rencontre d’Eda Oba de Lomé. Pour la circonstance, l’on a pu apercevoir dans la salle, quelques acteurs clé de ces assises qui pour la plupart ont pris de l’âge. A en croire le premier initiateur de cette rencontre et ancien rapporteur général de la CNS, Me Jean DEGLI, il est temps de trouver les voies et moyens pour  aider le Togo à ne plus vivre les mêmes crises qui ont eu cours depuis 1991 comme le peuple togolais l’a connu jusque maintenant et à avoir une situation meilleure comme d’autres pays notamment le Bénin.  Pour ce faire, Me Jean Dégli, estime qu’il faut « réunir les acteurs d’hier pour qu’ils réfléchissent sur ce qu’ils ont fait et qu’ils reconnaissent humblement les failles, les bons côtés et qu’ils puissent faire une proposition ou du moins qu’ils puissent donner des idées qui permettront au pays de mieux se présenter demain par rapport à l’image qu’il représente aujourd’hui. « Je crois que les acquis de la CNS ont été un peu oubliés. Tout ce qui a été positif de cette conférence, et qui aurait pu être mis en application, n’a pas pu l’être pour diverses raisons. L’une des raisons, c’est l’absence d’alternance que nous avons connue que, après la Conférence Nationale. Après la Conférence Nationale la transition n’a pas pu déboucher sur une véritable alternance », a déclaré Jean Dégli.

Revenant sur les conclusions et recommandations des différents dialogues, accords et travaux effectués par certaines commissions notamment la commission Vérité-Justice-réconciliation (CVJR) dont la mise en œuvre des recommandations pose problème ou est devenue des arrêtes dans la gorge des premiers dirigeants du pays, Me Jean Dégli trouve que les acteurs politiques ont souvent tendance à regarder l’intérêt du Togo à travers le prisme de leurs intérêts personnels et particuliers.

« C’est le président Kennedy qui disait, ne demandons rien à notre pays que nous ne soyons en mesure de lui offrir. Malheureusement, nous avons tout fait, nous Togolais de tout demander à notre pays alors que nous ne lui avons rien apporté. Lorsque nous serons un tout petit peu en mesure de mettre l’intérêt de ce pays en avant, et de nous oublier un tout petit peu au profit du Togo, je suis sûr que les difficultés que nous avons aujourd’hui s’amenuiseront. Les différents accords que nous signons, nous les mettrons en œuvre, et le Togo finira par sortir de ce qu’on peut appeler une ornière comme d’autres pays en sont sortis. Mais tant que chacun restera à qu’ébouter sur ses intérêts individuels et égoïstes, ses intérêts étroits, notre pays continuera malheureusement de vivre ces soubresauts que nous continueront de connaitre jusqu’à aujourd’hui » a martelé l’ancien Rapporteur général de CNS Jean Dégli.

Cette rencontre, à en croire ses initiateurs, est organisée en prélude à une autre qui se tiendra le 8 juillet prochain, date effective du démarrage des travaux de la CNS, il y a 25 ans. A cette prochaine rencontre, aux dires des initiateurs, il sera surtout question de recueillir les avis des uns et des autres afin de permettre à la jeunesse d’en juger et tirer les conséquences qui s’imposent. « Il serait très intéressant de savoir si nous avons pu atteindre les objectifs d’il y a 25 ans. Ceux qui disent que c’est un échec, apporteront leurs preuves. Nous qui pensons qui pensons que c’est l’une des meilleures conférences nationales, nous apporterons nos preuves également. Et ensemble, la jeunesse évaluera et tirera les conséquences qui s’imposent », a indiqué le Prof Magloire Kouakouvi.

Etaient présents dans la salle au cours des débats à l’hôtel Eda Oba, faisant office de figures clés de la CNS encore en vie, on peut citer entre autres : le Très Révérend Père Dovi N’danou, Raymond Tetekpoe, Prof Magloire Kouakouvi, Têvi Gbgbi-Benissan, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, l’ancien ministre DadjiéE…Rendez-vous est donc pris pour le 8 juillet prochain.

Source : [21/06/2016] Idelphonse Akpaki, La Gazette du Togo

27Avril.com

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