Lomé : Les espaces verts victimes de la chasse à l’immobilier

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Au cœur de la capitale togolaise, les rares petits propriétaires terriens ont de nouveaux rêves : voir des grattes ciel jaillir des lopins abritant encore de modiques constructions plus ou moins vieilles au plaisir d’en faire bail à de grandes multinationales. C’est la nouvelle donne, la mode, le désir crucial de ceux qui ont réussi contre vents et marrées à conserver minutieusement leurs domaines en pleine ville de Lomé, attendant impatiemment à longueur de décennies, l’heure du surenchérissement foncier; l’ère de la folie immobilière qui enfonce langoureusement le clou dans la plaie d’une ville en déliquescence.

Quand les ventilateurs et les climatiseurs fléchissent sous le coup de l’insoutenable chaleur de Lomé, quand les “loméens” ne supportent plus la monotonie de leurs chambres, des niaiseries des chaînes de télévision nationales ; quand l’ennui est à son comble, il n’y a que des baraques de débris de boissons aux décors maussades, aux bruits assourdissants et aux boissons sans garantie sanitaire raisonnable, qui relaient le quotidien des Togolais.

Lomé est dépourvue d’espaces verts, alors que les grands immeubles, les barrages de commerces, les coins insalubres et les dépotoirs sauvages se disputent le peu d’espace disponible dans une capitale dont l’orientation urbaine et architecturale serait faussée à la base.

Les espaces verts permettent l’épanouissement des habitants à travers le divertissement, apaisent le stress et en encouragent les activités physiques. Lieux de rencontres, les parcs, jardins et aires de loisirs renforcent le sentiment d’appartenance aux quartiers, et plus largement à la communauté.

Ils sont aussi l’endroit idéal (dans le cas des espaces verts), pour l’évacuation des eaux de pluies et leur entretien est pourvoyeur d’emploi pour ne citer que ces avantages.

Mais il est évident que seules les autorités locales peuvent mieux témoigner du bienfait des espaces verts, mais aussi des investissements fous que cela engendre.

L’occupation illégale des réserves administratives y contribue aussi. Des individus véreux se font passer pour des propriétaires de domaines, se livrent à la vente frauduleuse des domaines administratifs qui couvent en pleines agglomérations.

Tout un ensemble de facteurs qui font de Lomé, une ville qui lutte péniblement pour retrouver sa splendeur d’antan, mais sans espaces verts. Le peu qui se concentrent dans le quartier administratif et ses environs, ne s’entretiennent et s’animent que sporadiquement.

Pas étonnant de voir des Togolais toujours anxieux et stressés, qui s’adonnent aux insultes en pleine circulation. Bref, comme si le civisme a quitté le Togo depuis longtemps.

A.L

icilome.com