Lettre pastorale: Fabre répond aux évêques et sollicite 3 jours de jeune et prière en faveur du Togo

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A
 
S.E. Mgr Benoît ALOWONOU, Evêque de Kpalimé,
 
  Président de la Conférence des Evêques du Togo (CET)
 
  S.E. Mgr Denis AMUZU-DZAKPAH, Archevêque de Lomé, Vice Président de la CET
 
  S.E. Mgr Nicodème BARRIGAH-BENISSAN, Evêque d’Atakpamé
 
  S.E. Mgr Jacques N. T. ANYILUNDA, Evêque de Dapaong
 
  S.E. Mgr Isaac Jogues GAGLO, Evêque d’Aného
 
  S.E. Mgr Jacques LONGA, Evêque de Kara
 
 
S.E. Mgr Célestin-Marie GAOUA, Evêque de Sokodé
 
  S.E. Mgr Philippe KPODZRO, Archevêque Emérite de Lomé
 
  S.E. Mgr Ambroise DJOLIBA, Evêque Emérite de Sokodé
 
 
 
Réf. : Votre Lettre Pastorale en date du 27 avril 2016
 
 
 
Excellences,
 
C’est avec gravité et intérêt, que nous avons pris connaissance de la Lettre Pastorale que vous avez adressée au peuple togolais, à l’occasion du 56ème anniversaire de l’indépendance du Togo, le 27 avril 2016. Nous voudrions nous permettre de nous faire le porte-voix de nos compatriotes, afin de vous remercier très sincèrement pour cet important exercice d’éveil des consciences qui, du reste, ne constitue pas une première de la Conférence des Evêques du Togo.
 
Nous retrouvons dans cette Lettre Pastorale, l’ensemble des justes causes pour lesquelles les populations togolaises luttent sans répit et au péril de leur vie, face à un régime davantage préoccupé par son maintien en place.
 
Par delà le diagnostic sans équivoque du mal qui ronge le Togo, votre lettre explore fort pertinemment, les différents aspects de la vie sociopolitique de notre pays et constitue une interpellation poignante de la responsabilité politique que chacun de nous doit assumer envers notre nation, que nous soyons gouvernants, politiciens ou simples citoyens, chrétiens, musulmans ou animistes, croyants ou non-croyants.
 
Nous adhérons pleinement à vos analyses, nous nous félicitons de la pédagogie qui les sous-tend et nous saluons le courage de la vérité et les valeurs morales et spirituelles qu’elles véhiculent pour tous les hommes et femmes de bonne volonté et, singulièrement, pour vos frères et sœurs en Christ, que nous sommes.
 
En effet, comme vous l’indiquez, la participation concrète de chacun à la tâche commune, doit avoir pour soubassement la vérité, la justice, la recherche permanente de l’intérêt commun, le respect des divers engagements pris en faveur de la consolidation de la paix, des réformes constitutionnelles et institutionnelles, des élections locales et, plus globalement, du développement de notre Pays. Autant de responsabilités qui, non assumées, perpétuent la crise togolaise et empoisonnent notre vie commune, la vouant « à des égarements et à des errements sans répit. »
 
C’est à juste titre que vous affirmez que « le principe de l’alternance politique, avant d’être une valeur démocratique, est surtout une exigence de droit naturel ».
 
Mais, lorsque la logique et le principe de cette alternance au pouvoir sont dévoyés, galvaudés et refusés par les gouvernants qui mettent tout en œuvre pour confisquer le pouvoir au moyen de coups de force constitutionnels, politiques et militaires permanents et par toutes sortes d’intimidations et de fraudes électorales, ce sont les règles de la vie commune et en conséquence, la paix et l’existence même de la nation qui sont menacées.
 
Vous relevez également avec raison, que le Chef de l’Etat, qui devrait être le garant de l’intérêt général et de la justice sociale, affirme dans son discours à la nation, le 26 avril 2012, que « lorsque le plus petit nombre accapare les ressources au détriment du plus grand nombre, alors s’instaure un déséquilibre nuisible qui menace jusqu’en ses tréfonds la démocratie et le progrès ».
 
Mais, lorsque dans le même temps, le régime togolais utilise tous les moyens, y compris la violence et la terreur, pour conserver le pouvoir au profit de cette minorité, ce sont les fondements mêmes de la République qui sont en danger et qui menacent de s’écrouler à tout moment.
 
La lutte inlassable des partis politiques de l’opposition aux côtés du peuple togolais spolié et meurtri mais toujours debout et mobilisé, les lettres pastorales successives, les recommandations de la CVJR, les nombreux accords et engagements politiques et tous les efforts de la communauté internationale, pour prévenir ce danger, ne doivent pas demeurer vains. Ils doivent porter leurs fruits, pour peu que chacun assume sa responsabilité politique avec courage et dignité, dans le respect de la vérité.
 
Voilà pourquoi, le peuple togolais qui a compris la nécessité de répondre à l’appel patriotique de notre hymne national ‘’Terre de nos Aïeux’’, doit redoubler d’ardeur et de vigilance, dans la lutte que nous menons ensemble pour l’alternance et le changement. En somme, il est temps de bâtir la cité.
 
Eu égard à la gravité et à l’urgence de la situation et conscient que « si l’Eternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent, travaillent en vain » et « si l’Eternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain (PS 127 : 1) », nous voudrions vous suggérer d’appeler, en soutien à vos actions visant l’apaisement et la réconciliation nationale, toutes les Togolaises et tous les Togolais de bonne volonté, épris de vérité, de justice et de paix, résidant au Togo et dans la diaspora, à observer trois jours de jeûne et de prières, les 16, 17 et 18 juin 2016, pour remettre, dans une communion nationale et solennelle de prières, notre cher pays le Togo entre les mains de Dieu Tout-Puissant, le Très Haut, le Très Miséricordieux, afin qu’il aide le peuple togolais :
 
1) à rompre avec le règne de la violence et de la terreur, de l’injustice et de l’arbitraire, de la fraude électorale, du mensonge et de la falsification, de la corruption et de la gabegie, des détournements et du pillage systématique des ressources nationales, du tribalisme et du népotisme,
 
2) à obtenir le respect de tous les engagements pris en termes de réformes politiques et électorales, de mise en œuvre du processus de décentralisation et d’organisation des élections locales, sur une base consensuelle,
 
3) à engager un nouveau départ avec une alternance politique pacifique et une nouvelle gouvernance inspirée de la crainte de Dieu, le Protecteur Constitutionnel du Peuple Togolais.
 
C’est donc animés d’une foi inébranlable en Dieu et convaincus qu’en cette année où l’Eglise entière, à l’invitation du Pape François, célèbre le jubilé de la miséricorde, le Dieu d’amour et de paix, de vérité et de justice, entendra les supplications du peuple togolais et les cris de détresse des femmes et de la jeunesse togolaises.
 
En saluant l’engagement renouvelé au service des fils et filles bien-aimés de Dieu, que traduit votre Lettre Pastorale du 27 avril 2016, nous vous prions de recevoir, Excellences, l’expression de notre haute et fraternelle considération.
 
 
 

Signé
 
Jean-Pierre FABRE

 
 
 
Cc :
 
M. le Modérateur de l’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo
 
Mme la Présidente de l’Eglise Méthodiste du Togo
 
M. le Président de l’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo
 
M. le Président de la Fédération des Eglises et Ministères du Togo
 
M. le Président de l’Union Musulmane du Togo
 
lomévi (www.togoactualite.com)
 

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