Les voyages de mendicité de fonds de Faure Gnassingbé : Des humiliations onéreuses évitables !

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Faure Gnassingbé, c’est l’autre Magellan, et ça, tout le monde le sait. Depuis quelque temps, il a enclenché un nouveau cycle de voyages bloqués à travers le monde.

Les voyages de mendicité de fonds de Faure Gnassingbé : Des humiliations onéreuses évitables !

Après la grande Chine dans la semaine du 29 mai au 2 juin et une petite escale (sic) au Togo, il a repris les airs pour un séjour en Allemagne en milieu de semaine passée. A chacune de ses visites, il est mis en avant des aides qu’il arracherait à la pelle, des contrats, conventions et autres formules de financements signés, pour le bonheur des populations togolaises. Mais il y a une course folle aux fonds qui donne des allures de mendicité de financements aux voyages tous azimuts entrepris par Faure Gnassingbé. Une image qu’il pouvait éviter en optant pour une gouvernance conséquence.

Voyages et course folle aux financements

On le savait globe-trotter, parcourant le monde dans toutes ses dimensions. Faure Gnassingbé donne l’impression d’être démangé lorsqu’il passe deux semaines cloué au sol, et il se voit obligé de voyager à tous les coins du globe. Ces pérégrinations, on le sait bien, lui procurent un plaisir immense et lui permettent de se mettre en valeur.

La preuve est ce rituel d’une autre époque souvent organisé et consistant à battre le rappel des Togolais ( ?) – parfois des gens sont convoyés depuis Lomé pour ce folklore – vivant dans ces pays visités afin qu’ils viennent l’ovationner à son arrivée et lui rendre hommage pour sa gouvernance politique et économique XXL et pour tout le bien (sic) qu’il fait au peuple togolais. Ainsi on voit des gens alignés dans un coin de l’aéroport, chanter, danser, crier de joie et applaudir Faure Gnassingbé à son passage. Ce folklore a encore été organisé à l’occasion de sa visite en Allemagne.

Les voyages présidentiels sont réputés onéreux ; mais avec ces « faux-frais » engendrés, on peut se faire une idée de la facture finale pour le pauvre contribuable que « le diable tire par le corps ». Mais à quoi diantre servent ces voyages intempestifs et onéreux ?

Au niveau du sérail, on les présente comme utiles car permettant au Prince d’arracher des financements pour le développement du pays. Une convention de financement de tel montant – souvent en milliards de FCFA – a été signé dans tel domaine, un don de telle somme a été concédée, un prêt de tel autre montant a été octroyé, une promesse d’investissement faite par les opérateurs économiques…entend-on souvent. Et pour soi-disant sceller des relations d’affaires entre les opérateurs économiques des deux pays, Faure Gnassingbé embarque dans ses voyages des hommes d’affaires togolais.

Pour le voyage en Chine de l’autre fois, on parle de remise de dettes, d’accords de prêts et surtout de conventions de financements d’environ 100 milliards de FCFA signées. Deux principales conventions de financement ont été signées : la première, d’un montant de 40 milliards de F CFA, porte sur la deuxième phase du projet d’extension de la nouvelle aérogare de Lomé inaugurée le 25 avril dernier, avec la construction de deux terminaux ; et la seconde, évaluée à 36 milliards de F CFA, un prêt de la China Exim Bank porte sur la construction du barrage d’Adjarala qui prend des allures d’un serpent de mer, le projet existant depuis une trentaine d’années.

Même réflexe en Allemagne où il est rapporté que Faure Gnassingbé aurait arraché la signature de convention portant sur un montant 60 millions d’euros pour la période 2016/2017, scellée par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, et son collègue allemand de la Coopération Gerd Müller.

Les voyages de mendicité de fonds de Faure Gnassingbé : Des humiliations onéreuses évitables !

Mais ces voyages se révèlent finalement comme des visites de mendicité de fonds. Il s’agit pour le Prince de quémander de l’argent à ces pays hôtes pour soi-disant développer le Togo, obligé de se rabaisser pour pouvoir avoir gain de cause. Une image assez illustrative a fait le tour des réseaux sociaux et a été diffusée par la TVT, il s’agit de celle où Faure Gnassingbé était dans une posture d’aide de camp de Robert Dussey lors de la signature de la convention de financement en Allemagne. Quelle humiliation ! « (…) Avec cette obsession, Faure est capable d’organiser une visite sur Jupiter si on lui dit qu’il peut trouver une source de financement là bas », se gausse un compatriote.

Les moyens d’éviter cette mendicité inédite

Dans cette obsession de financements, les bons mots sont utilisés par les interlocuteurs pour flatter le Prince. C’est le cas en Allemagne où Faure Gnassingbé s’est entendu dire que son pays est sur la voie du progrès. « Le Togo est sur la voie du progrès, les résultats sont très encourageants et l’Allemagne est disposée à s’engager pour la réussite de cet ambitieux projet », lui aurait avoué la Chancelière Angela Merkel. Mais à bien analyser, ces mots sentent une moquerie à peine voilée. Car le monde entier sait ce qui se passe au Togo. Un confrère fait le rapprochement avec cette image d’un gars vilain devant l’Eternel, qui se sait vraiment laid, mais se voit dire par une conquête féminine qu’il est très beau. Il n’y a en tout cas aucune fierté à nourrir pour les citoyens de voir leur dirigeant parcourir le monde et quémander de l’argent, soi-disant pour développer le pays. Et pourtant il y a un moyen d’éviter cet opprobre !

C’est une constance que tout opérateur économique qui désire s’aventurer dans un pays pour y investir son argent se préoccupe au premier abord de sa situation politique. Et pour en avoir une idée, il tape sur Google le nom et a une panoplie d’informations. Cet exercice, les investisseurs du monde le font sur le Togo et ne sont pas trop emballés à l’idée de venir. Même s’il y a un semblant de paix et de sécurité – il n’y a pas de guerre -, ce que les gouvernants vantent d’ailleurs très souvent à ceux qui ne connaissent pas trop le pays, elles ne se reposent sur rien de rassurant.

C’est manifeste que le Togo vit une instabilité politique qui n’offre pas de sérénité pour l’avenir. Et ça, les investisseurs avertis le savent et sont très vite rebutés à l’idée de s’y aventurer. Même si l’on chante à tue-tête une certaine amélioration du climat des affaires, c’est aussi un secret de Polichinelle que les affaires pâtissent d’une insécurité judiciaire notoire dans notre pays. Pour un oui ou un non, la Justice instrumentalisée est mise à contribution et un opérateur économique dans l’œil du cyclone est vite chassé du pays ; mais c’est après que ces affaires rattrapent le Togo. Et cela, les opérateurs économiques étrangers le savent et hésitent à venir investir dans notre pays.

La meilleure façon pour le pouvoir d’attirer les investisseurs, c’est d’opérer les réformes politiques et économiques sérieuses – et non les simulacres de réformes criées sur tous les toits pour séduire les institutions de Bretton Woods – à même de créer une stabilité rassurante pour le développement du pays. Ce sont celles prescrites par l’Accord politique global (APG) du 20 août 2006 que, malheureusement, le pouvoir déclare caduc alors que l’essentiel est resté inappliqué. Ce qui ravive la tension sur le plan politique. C’est connu que lorsque le politique va bien, l’économie et les affaires marchent comme sur des roulettes. L’illustration est offerte par les deux voisins immédiats, le Bénin et le Ghana. Ces pays sont stables politiquement, et cela se ressent sur leur économie.

Par ailleurs, si la bonne gouvernance était la chose la mieux partagée au Togo de Faure Gnassingbé, il n’en serait pas là à parcourir le monde et tendre la main. Notre pays regorge de beaucoup de ressources minières dont les phosphates, le fer, le clinker et autres potentialités économiques que d’autres pays n’ont pas. Mais la mauvaise gestion fait profiter de ces richesses à une minorité au sommet qui accapare à elle seule les ressources du pays et laisse la majorité dans l’indigence. Cette réalité, Faure Gnassingbé lui-même l’a avouée depuis 2013 ; mais il n’a pu rien faire pour y mettre fin, laissant le fléau continuer. Le pillage, les détournements de deniers et autres biens publics, les trafics illicites, la course effrénée à l’enrichissement illicite, la corruption, etc. sont des fléaux qui semblent faire partie de l’ADN des gouvernants ici au 228. Faure Gnassingbé a créé une Cour des comptes, une prétendue Haute autorité de lutte contre la corruption et autres structures, mais elles n’existent que pour le décor.

S’agissant des fameuses conventions de financements et autres promesses annoncées comme arrachées par Faure Gnassingbé qui sont sources de joie immense au niveau du sérail et qu’on brandit comme des trophées de chasse, généralement les actes ont de la peine à suivre après. On se rappelle qu’en 2008, sous la Primature de Gilbert Fossoun Houngbo, il a été annoncé une pluie de centaines de milliards sur le Togo, après la fameuse Table ronde de Bruxelles où le Togo a été très vanté. Le micro était même tendu à des opérateurs économiques qui avaient déclaré de bien belles choses sur notre pays. On avait même donné l’impression que le Premier ministre revenait avec des valises remplies de ces sous. Mais à la fin, Dieu seul sait si un seul rond a été encaissé. C’est en cela que la jubilation collective à l’annonce des conventions de financements de Chine et d’Allemagne fait sourire les observateurs avisés. C’est depuis des années qu’on loue ces aides, prêts et autres conventions de financements. Mais tout cela ne fait pas changer d’un iota le quotidien des populations togolaises…

Source : Tino Kossi, Liberté

27Avril.com

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