Le Togo bénéficiera du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) à hauteur de 241,5 millions de dollars

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Pas plus tard que la semaine dernière seulement, nous nous interrogions sur la décision prise par le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) au sujet du Togo. Désormais, c’est chose faite, le pays bénéficiera du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) à hauteur de 241,5 millions de dollars sur trois ans. Mais sous conditions, si le gouvernement tient à voir ce crédit aller à son terme.
 
S’équiper, c’est bien, mais lorsque les dépenses y afférentes viennent à occulter les obligations sociales du gouvernement, le conseil d’administration du FMI ne sera plus d’accord.
 
Le constat a été établi par le FMI que les dépenses d’équipement ont grevé la dette publique ainsi que le service de cette dette, c’est-à-dire les intérêts. Une situation qui a contraint le gouvernement à abandonner les secteurs sociaux. En plus, des légèretés ont été pointées du doigt dans la gestion des finances publiques ainsi que dans le secteur financier. Mais l’une des décisions phares qui ferait grincer des dents à certains « boulimiques » des retro-commissions est que désormais, « l’investissement public suivra des processus établis en matière de marchés publics et de budget ».
 
En effet, lorsqu’on revisite les relations de « copinages » dans les attributions des marchés publics, doublées des dessous de table qui ont gangrené le monde de la passation de ces marchés, on ne peut qu’applaudir le programme établi ayant permis la conclusion de cet accord avec le FMI et qui est loin d’être du pain béni. Puisque le gouvernement s’est engagé à « faire sa part » : renforcer le solde budgétaire et améliorer la gestion des finances publiques et de la dette ; satisfaire les besoins sociaux ; accroître les recettes avec la nouvelle politique budgétaire ; réduire les dépenses d’équipement financées sur ressources intérieures et redistribuer les dépenses récurrentes de manière à cibler les besoins sociaux fondamentaux ; réorganiser le ministère des Finances et appliquer les processus établis en matière de marchés publics et de budget à l’investissement public ; renforcer l’administration fiscale par l’élargissement de l’assiette de l’impôt et mieux suivre les régimes des exemptions ; la poursuite de la modernisation et de l’automatisation des pratiques douanières. Sans oublier la fusion avant la fin de la première année de cet accord des deux grandes banques publiques. « Les deux banques sous-capitalisées devraient faire l’objet d’une résolution d’ici la fin de la première année du programme, et être remplacées par une seule banque publique qui serait suffisamment capitalisée », a promis le gouvernement. Autrement dit, la fin de l’autonomie de la BTCI et de l’UTB est pour très bientôt.
 
Ce sont là les termes de l’accord, et le gouvernement n’a pas intérêt à y déroger. On a vu comment des pays mieux gérés que le Togo se sont vu refuser des décaissements ultérieurs pour défaut de résultats dans leur programme avec l’institution internationale. Autant dire qu’après le décaissement immédiat des 34,5 millions qui est intervenu à l’issue de l’accord, le prochain sera conditionné par des résultats palpables. Alors, messieurs du gouvernement, au travail !
 
Source : Godson K., Liberté
 

TogoActualité.com

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