Le Front social grogne : Une autre pesanteur qui pourrait envenimer la crise

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Le Front social grogne : Une autre pesanteur qui pourrait envenimer la crise

Pendant qu’aucune voie de sortie n’est pas encore dégagée pour la crise politique ouverte depuis le 19 août 2017, les prémices d’une nouvelle crise cette fois sociale se dessinent depuis la semaine dernière avec l’entrée en scène des activistes syndicaux.

Ce qui s’apparentait pour le pouvoir en place à du déjà vu, est en train de virer au vinaigre. La crise politique ouverte le 19 août dernier commence par s’engluer. Et pendant que la situation politique tarde à se décanter, une crise sociale s’annonce. Elle pourrait mettre à mal, le gouvernement togolais qui a longtemps fait usage de plusieurs subterfuges dont les syndicats disent maitriser cette fois les tenants et les aboutissants. Donc sur le front social, plusieurs syndicats sont en alertes.

Le front social gronde…

Les élèves ont repris le chemin de l’école en début de semaine, mais c’était sans une bonne part ie des enseignants dans plusieurs établissements. Malgré la finalisation du document portant Statut particulier de l’enseignant, la Confédération des syndicats de l’éducation du Togo veut que les prochaines étapes, en l’occurrence l’examen en Conseil des ministres du document final, l’élaboration de l’avant-projet de statut, ainsi que son adoption par l’Assemblée nationale et pour finir le décret d’application, soient accélérées surtout que le gouvernement a mis du temps pour finalement accepter ce document. Du côté des enseignants, l’on ne veut donc plus laisser aucun répit à l’exécutif avant la satisfaction des réclamations.

De l’autre côté, la Fonction publique a été paralysée la semaine dernière par un mot d’ordre de grève.

Les fonctionnaires grévistes ré- clament une amélioration de leurs conditions de travail, une prime de rendement et un 13ème mois. En juillet dernier, le ministère de tutelle avait reconnu les problèmes tout en soulignant que l’Etat n’était pas en mesure, faute de moyens, de satisfaire l’ensemble des revendications et avait préconisé la poursuite du dialogue. Mais pour les responsables du mouvement, si le gouvernement ne satisfait pas leurs revendications, ils aviseront et entreprendront d’autres initiatives.

Toujours dans l’administration, les réclamations des greffiers n’ont toujours pas trouvé de solution.

Et pour ne rien arranger, la Synergie des travailleurs du Togo (STT) va reprendre le flambeau de la lutte syndicale. C’est ce qu’a fait comprendre au préalable, Prof Atchi Walla, l’un des coordonnateurs de cette centrale syndicale, dans une intervention sur une radio de la capitale. « Les travailleurs aujourd’hui sont en difficulté. Ils ont besoin de se remobiliser. Il y aura de nouvelles actions, c’est évident », a-t-il prévenu. Joignant l’acte à la parole, le vendredi 06 Octobre dernier, sur le thème, « Travail décent, bien vivre pour mieux travailler », la Synergie des Travailleurs du Togo a effectué sa rentrée sociale sur fond de mécontentement des employés des différents secteurs d’activité de l’administration publique, eu égard aux comportements des autorités du pays vis-à-vis de leur plateforme revendicative. Au terme de l’Assemblée générale, la Stt menace clairement de reprendre les grèves dans les prochains jours pour obliger le pouvoir à respecter ses engagements pris lors des différentes négociations.

En effet, pris en étau par la fonction publique et les syndicats des enseignants, l’exécutif s’est donné un temps de répit au niveau de l’éducation en adoptant le statut particulier de l’enseignant. Mais pour la fonction publique et les greffiers, aucun signe n’est donné. Pire, certains hauts perchés de l’administration compliquent la situation avec des intimidations à travers des affectations punitives.

Attention danger !

Il nous souvient qu’entre 2013 et 2015, la Stt a fait baver le gouvernement avec ses mots d’ordre de grèves incessantes jusqu’à menacer la tenue de l’élection présidentielle de 2015 qui a finalement eu lieu dans un climat tendu. Créé le 21 janvier 2013 suite à un malaise profond intervenu au lendemain du vote par l’Assemblée nationale du statut de la Fonction publique, l’objectif de ce mouvement était de faire de la synergie, une sentinelle, un groupe de pression par excellence sur lequel, les centrales syndicales devaient s’appuyer pour relancer la lutte syndicale. Un changement de stratégie dans la lutte syndicale au Togo auquel le gouvernement ne s’attendait point. Si au départ, le gouvernement a fait la sourde oreille, il a dû rapidement réexaminer la situation pour ouvrir les négociations avec ce nouveau regroupement syndical. Ainsi, entre grèves illimitées et des sit-in, les responsables de la Stt ont réussi à ramener l’exécutif togolais à la table de discussion. Des négociations dont les résultats sont aujourd’hui tangibles, même s’ils ne satisfont pas totalement à leurs exigences.

A la lumière de la force mobilisatrice qu’elle a démontrée par le passé, la reprise annoncée des mouvements de débrayages par la Stt sont une vraie menace à laquelle le gouvernement doit faire face. Il y a donc danger ! Surtout que sur le plan politique, la situation se détériore. Un mélange des grèves des fonctionnaires et des revendications politiques pourraient sérieusement mettre en mal, le Chef de l’Etat qui se mue dans un silence effroyable depuis le début de la crise politique.

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