Le charbon de bois menace la survie du bois

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Au Togo, le bois et le charbon de bois sont encore prisés pour le chauffage dans les ménages. Mais à Lomé précisément, c’est le charbon de bois qui est plus utilisé. De ce fait, la coupe de bois et la production du charbon de bois restent une activité très florissante dans les zones rurales et péri urbaines, au détriment des petites réserves forestières.

Un tour à des heures tardives sur la nationale N°1, laisse percevoir que la forêt est en danger au Togo. Pour une seule nuit, nous avons pu compter une dizaine de camions gros porteurs bien bourrés de sacs de charbon de bois, en direction de Lomé. C’est tout comme l’indique cette photo prise à 5 heures du matin à Tsévié.

Dans les villages et hameaux à l’intérieur du pays, le charbon du bois est devenu une source essentielle de revenue, en dépit des activités agricoles qui sont encore loin de faire l’affaire de la population.

C’est pourtant pénible de s’offrir un seul sac de charbon de bois, un vrai sac. Du choix du bois, du morcellement à la transformation, c’est un travail artisanal avec des techniques quelques peu variées qui relèvent d’un secret de polichinelle. Le processus prend en moyenne trois jours.

Ce qu’il faut relever, c’est que la plupart des tenanciers du secteur arguent que le charbon est fait à base du bois mort. Ceci n’est pas évident.

C’est très pénible de couper, morceler et faire du charbon de bois à base d’un bois mort plutôt qu’un bois frais. D’où l’intérêt accordé au bois frais.
A l’instar de bûcheron sauvage, les producteurs de charbon de bois dans les fermes déciment souvent des essences pour leur besogne, et de ces gros arbres, il ne restera que des branches qui, au bout d’une à deux semaines, sécheront pour servir de chauffage à l’Etat brute.

Pour 3 à 5 jours de dur labeur pour tirer un modique sac de charbon, les bonnes dames venues de Lomé qui n’en savent rien du processus de fabrication fixent elles-mêmes le prix ; entre 2 000F CFA et 3 000 F CFA.
Elles reviendront revendre le butin à Lomé à un prix exorbitant ; entre 8 000 et 15 000F CFA. Le gain est lourd, et elles y mettent le “tout juste” pour faire perpétuer l’industrie du charbon.

A côté, les changements du climat à Lomé surtout, ne se font plus conter. Même si d’une part, les causes et les effets sont d’origine mondiale, il n’en est pas moins évident que l’abattage démesuré des arbres dans nos communautés à la base n’aide pas à freiner les effets de réchauffement du climat.

Les autorités politico-administratives semblent avoir tourné le regard sur le phénomène. Ce sont les militaires, les douaniers et des agents de l’environnement qui ouvrent les barrages à ces dizaines de camions qui font des navettes à longeur de journées pour desservir les consommateurs de charbon de bois.

Le gaz de ménage n’est pas encore à la bourse du Togolais lambda. La politique environnementale ne fait aucune faveur pour l’usage du gaz domestique qui reste parfois difficile à trouver.

Certes, les petits Etats ne peuvent grand-chose contre le phénomène de pollution massive, mais les petites réserves forestières peuvent anéantir dans la mesure du possible, l’effet dévastateur du réchauffement climatique.

A.L

icilome.com