La pauvreté est-elle mère de la peine de mort et de la vindicte populaire?

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Cette question a été sujette de débat mardi à l’occasion la journée mondiale de lutte contre la peine de mort, sous l’égide de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-Togo). C’était en présence des représentants de la société civile, des experts du monde judiciaire et des officiers des forces de l’ordre et de sécurité.

Au-delà de toutes considérations, la sacralité de la vie humaine est garantie par les constitutions des Etats du monde, celle du Togo dans son article 13 en l’occurrence, sans oublier également la déclaration universelle des droits de l’Homme qui protège la vie et la dignité humaine.

Introduisant sa présentation en prélude au débat, Bruno Germain, Secrétaire Général de l’ACAT-Togo a soutenu qu’au nom de cette sacralité de la vie humaine, aucune décision de justice ne peut prévaloir sur la vie d’une personne.

C’est donc dans cette optique que le Togo est présenté aujourd’hui comme le 82ème Etat partie et le 12ème en Afrique à avoir emprunté la voie de l’abolition de la peine de mort, une décision ratifiée en décembre 2016 à l’Assemblée nationale.

Il ressort du débat que l’inégal accès à une éducation de qualité, le manque de moyens financiers pour se payer un bon avocat et assurer sa défense qui sont, entre autres, des faits de pauvreté peuvent être à l’origine d’une innocente condamnation à la peine capitale.

D’un autre côté, la vindicte populaire dont le lynchage est un des phénomènes résultant, mais aussi le plus récurrents dans nos sociétés est selon les analyses des uns et des autres le fait d’un manque cruel de confiance des populations en l’appareil judiciaire. Le manque d’éducation en a également pour quelque chose dans ce phénomène aussi bien que les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire.

Comment éradiquer les récurrents concerts de justice populaire ou même de la vindicte populaire dans nos contrées. ACAT-Togo dans sa mission humanitaire, essaie de jouer un rôle de veille et d’alerte, mais aussi de sensibilisation des populations à la base avec le concours des autorités publiques, les services des forces de l’ordre et de sécuritaire et les autorités judiciaires.

Des audiences correctionlelles délocalisées sont des options envisagées par la justice togolaise pour amener les populations à corriger leur perception du dysfonctionnement du système judiciaire.

A. Lemou

www.icilome.com

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