La légitimité se gagne dans les urnes

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Des opposants numériques et quelques organisations de la société civile africaine – peu au fait des réalités – tentent un parallèle hasardeux entre la situation politique au Burkina Faso et au Togo

Rappel des faits. En 2014, le président Blaise Compaoré avait tenté de modifier la constitution pour pouvoir se représenter. Sous la pression de son entourage et de la rue, il avait été contraint de quitter le pouvoir.

Au Togo, c’est exactement l’inverse qui se passe. Le gouvernement veut limiter le nombre de mandats présidentiels à deux au maximum. Les députés sont chargés d’adopter un projet qui sera effectif lors de la prochaine élection du président en 2020.

C’est une vieille revendication de l’opposition, partagée par le pouvoir. Mais les opposants rejettent ce projet et exigent le retour à la constitution de 1992 dont un article fixait à deux le nombre de mandats.

Le texte présenté par le gouvernement ne dit pas autre chose, simple champ sémantique. 

Alors pourquoi ce refus ?

C’est très simple, la coalition de l’opposition créée au mois d’août n’est pas vraiment intéressée à ce stade par des discussions sérieuses sur des réformes constitutionnelles. Elle veut ni plus ni moins le départ du président Faure Gnassingbé.  

Le chef de l’Etat, faut-il le rappeler, a été élu démocratiquement et achèvera son mandat en 2020.

Les opposants peuvent naturellement aspirer à lui succéder. Mais deux conditions s’imposent au préalable : respecter la constitution et tirer leur légitimité du verdict des urnes.

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