La Gouvernance par la médiocrité au Togo : Gilbert Bawara, l’exemple type. Il déserte son bureau au ministère de la Fonction Publique et érige un cabinet personnel ailleurs

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Le ministre de la Fonction Publique du Togo est vraiment un pur produit de la médiocrité. Parachuté à la tête de ce département il y a un peu plus d’un an, Gilbert Bawara a installé son Quartier Général dans les locaux de l’ancien OPAT sous prétexte que des travaux d’aménagement et de réfection seraient en cours à son cabinet en face de Palm Beach.

La Gouvernance par la médiocrité au Togo : Gilbert Bawara, l’exemple type. Il déserte son bureau au ministère de la Fonction Publique et érige un cabinet personnel ailleurs

L’on a en réalité pu constater effectivement que des travaux étaient en réalisation mais à la surprise générale, ils n’ont porté uniquement que sur la clôture de l’enceinte. Les usagers peuvent s’en rendre compte, la clôture est remise sur pied, repeinte, décorée. Paradoxalement, le bâtiment principal est en ruine. Beaucoup de Togolais ne savent pas que ce bâtiment est construit avec des briques en argile rouge. Il suffit de jeter un coup aux piliers qui soutiennent la véranda à l’entrée du Secrétariat Général pour s’en rendre compte. Le crépissage étant balafré, l’on aperçoit nettement la vraie matière qui a servi à l’érection de ce bâtiment. Et dire que les autorités le savent, on comprend pourquoi Gilbert Bawara a à priori choisi d’installer ses quartiers ailleurs.

Les agents de ce service travaillent dans un véritable traquenard, un piège à souris qui peut se refermer sur eux à n’importe quel moment. Il en est de même pour la majorité des bâtiments administratifs à Lomé et à l’intérieur du pays. Datant de l’époque coloniale, ces constructions sont dans un état piteux pour la plupart. Les agents sont obligés de côtoyer les chauves-souris et des reptiles, et c’est dans ces conditions qu’on leur demande d’offrir un service de qualité. Le cas du ministère de la Fonction Publique est assez inquiétant en ce sens que c’est ce Cabinet qui gère tous ceux qui travaillent pour le compte de l’Etat. En plus de cette situation, son locataire s’est toujours illustré comme faisant partie du cercle restreint du Président de la République.

Quelle serait la réaction de Faure Gnassingbé lorsqu’il aura appris un bon matin que son fidèle serviteur et ses collaborateurs ont été victimes d’une tragédie due à l’état des locaux qui les abritent ? Gilbert Bawara lui-même ne mesurerait certainement pas le danger puisque c’est dans ces décombres qu’il se permet de narguer les travailleurs, oubliant que les pans de mur peuvent céder d’un moment à un autre. Au cas où le ministre de la Fonction Publique ne le sait pas, il convient de lui rappeler que le saupoudrage et le badigeon sont en train de chuter par endroits.

Avant de regagner les locaux de l’ancien OPAT, Bawara a engagé des travaux de réfection de plusieurs millions pour réadapter le bâtiment à son goût grandiloquent. Ses proches renseignent que les travaux ont été faits à ses propres frais. Soit ! Mais le paradoxe, avant Bawara, d’autres ministres de la Fonction Publique à l’image de Solitoki Esso, Gourdjigou Kolani ont abrité ce bâtiment. Aujourd’hui, celui qui se réclame ami personnel du chef de l’Etat, trouve indécent son bureau au ministère de la Fonctioin Publique et érige son propre cabinet derrière Hôtel 2 Février. Figurez-vous les tracasseries que tout cela engendre au quotidien pour les collaborateurs de Bawara qui doivent faire les allers-retours de Palm Beach à l’ancien Bâtiment de l’OPAT pour la signature des dossiers.

Lorsqu’un ministre de sa trempe qui organise le gaspillage de cette envergure au sommet de l’Etat se permet d’invectiver les enseignants pour leurs mouvements de grève, cela donne à réfléchir.

En réalité, le caractère vétuste du bâtiment abritant le cabinet du ministère de la Fonction Publique est un fait mais ce n’est pas une raison suffisante pour le déserter surtout que les agents y travaillent toujours. Le ministre Bawara devait plutôt s’employer pour un réaménagement du bâtiment au lieu d’y abandonner ses collaborateurs.

Source : Kossi Ekpé, Le Correcteur No. 737 du 19 décembre 2016

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