Komi Selom Klassou, un an après : Une série de zèles à la tête du gouvernement.

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 « Komi Selom Klassou, un an d’immobilisme à la tête du gouvernement » – Mensah K.

Le 5 juin 2015, à la suite d’une nouvelle présidentielle truquée et après deux mois d’attentisme, Faure Gnassingbé a fini par sortir du laboratoire du RPT/UNIR son champion en la personne de Selom Komi Klassou. L’heure de gloire a enfin sonné pour l’un des apparatchiks du système qui a été nourri au biberon du RPT depuis son jeune âge. 

Komi Selom Klassou, un an après : Une série de zèles à la tête du gouvernement.

L’ancien Directeur de campagne de Faure Gnassingbé en 2005, ex-Vice-président de l’Assemblée nationale, est désormais remercié à la hauteur de son engagement, pour ne pas dire son zèle. Un choix logique pour certains, une surprise pour d’autres.

Avec le parachutage de Selom Komi Klassou à la Primature, nombreux y ont perçu le retour aux affaires des vieux barons, les inconditionnels du régime. Ceux-là mêmes dont on a voulu fermer la page avec la métamorphose du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) en UNIR (Union Pour la République). Le lendemain de sa nomination, à son domicile de Kegué, c’était la fête jusqu’au petit matin.

Les services des Travaux Publics se sont mis à l’oeuvre aussi vite que possible pour réaménager la voie qui mène chez le nouvel élu. Le jour de la passation de service, c’est un homme tout heureux en veste zazou bleu UNIR qui s’emmena à la Primature pour prendre possession des lieux. Une fois devenu maître de céans, son premier geste a consisté à renouveler les meubles de son bureau comme si son prédécesseur non moins arrogant, Arthème Séléagodji Ahoomey-Zunu y avait laissé un mauvais sort. Il s’ensuit dans un cafouillage sans précédent la formation d’un ancien nouveau gouvernement. Un mois après sa nomination, la première sortie de piste de Selom Komi Klassou fut le 14 juillet 2015.

Alors qu’il n’y était pas convié, le Premier ministre débarque à l’Ambassade de France pour la réception offerte à l’occasion, bousculant non seulement le protocole, mais aussi mettant l’assistance dans un embarras. La suite, c’est une série de zèles qui caractérise sa présence à la tête du gouvernement. Un gouvernement dont certains ministres se passent bien de lui pour voir directement Faure Gnassingbé, comme cela est de coutume depuis des années. Au titre du zèle auquel il est habitué depuis les bancs de l’Université (Monesto), Selom Komi Klassou, avec sa voix jugée horrible et désagréable, ne manque aucune occasion pour dire du bien de son mentor Faure Gnassingbé.

Que ce soit à l’apothéose des fêtes traditionnelles ou à l’ouverture de grandes rencontres, il ne se prive pas de déclamer à qui veut l’entendre que ceci ou cela a été possible grâce aux efforts, à la magnanimité, aux instructions du Chef de l’Etat. Même pour le déjeûner entre ministres, il doit toujours dire que c’est « avec la magnanimité du chef de l’Etat que ce repas a été offert », suscitant parfois la raillerie de certains. Avec Komi Selom Klassou, les conseils des ministres sont fixés à 5h du matin, suscitant l’embarras de ses ministres et parfois des bouderies de son patron. Un an après sa nomination, à quoi sert donc Selom Komi Klassou à la primature ?

Selon plusieurs sources relayées d’ailleurs abondamment par des médias proches du pouvoir, l’homme n’a aucune emprise sur les dossiers. Ses avis sont généralement superficiels, obligeant certains de ses ministres à se référer au sommet. S’il n’est pas en conflit avec des membres de son cabinet dont certains ont jeté l’éponge, il passe le reste de son temps à mettre la pression sur certains membres de son gouvernement afin que des faveurs soient apportées à des proches de sa famille.

Pendant que les sociétés d’Etat s’écroulent les unes après les autres, le Port autonome de Lomé géré par un cumulard se meurt, les opérateurs économiques dénoncent dans des réunions à la Primature l’OTR et ses méthodes, Selom Komi Klassou, incapable de prendre la moindre initiative, se contente de son poste et des avantages qui vont avec.

Les cris d’alarme des populations, la cherté de la vie, l’état calamiteux des hôpitaux, l’épineux problème de connexion internet, la corruption endémique dans le pays et l’enrichissement illicite devenu un sport national, le scandale qui entache la construction de certaines routes, notamment les trois contournements Aledjo-Bafilo-Défalé… aucun de ces sujets ne préoccupe le Premier ministre dont l’existence se manifeste par des audiences sporadiques dans ses bureaux relayées par la TVT à 20h et ses interminables passages avec gyrophare dans les rues de Lomé. La plupart de ses ministres refusent d’ailleurs de répondre aux interpellations des députés à l’Assemblée nationale.

M. Klassou n’a aucune considération pour la représentation nationale dont il était le Vice-président avant d’être nommé à la Primature. Un an après sa nomination à la tête du gouvernement, l’obligation de rendre compte doit l’amener à organiser une conférence de presse pour situer les populations sur les actes majeurs de son équipe dans tous les domaines durant les 12 derniers mois. Ce n’est qu’à l’aune de cet exercice que les Togolais auront une idée réelle des acquis du gouvernement, à moins qu’il n’existe rien de concret.

Source : [14/06/2016] Mensah K., L’Alternative No. 531

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