HCRRUN : Dans les coulisses du Radisson Blu

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« Le jugement de l’homme est presque toujours faussé par l’intérêt » – Joseph Joubert

L’atelier de réflexion et d’échanges sur les réformes politiques et institutionnelles organisé la semaine du 11 au 15 juillet par le Haut-commissariat à la réconciliation et le renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) a mobilisé beaucoup de monde. Si nombre de participants ont répondu à l’appel juste pour les per diem- ils ont passé les 5 jours à tourner le pouce et à mourir d’ennui, d’autres parmi lesquels de vieux retraités cherchaient en fait l’occasion pour avoir une place au soleil et se faire une santé financière. Ils n’avaient pas tardé à montrer leur visage.

HCRRUN : Dans les coulisses du Radisson Blu

Alors que les Togolais, dans leur immense majorité, attendaient que des propositions concrètes soient formulées dans le cadre de la mise en œuvre des réformes politiques afin de permettre à notre pays d’entrer dans le concert des nations démocratiques et prospères, certains acteurs dans la salle étaient plutôt préoccupés par leur panse. Politique de l’œsophage et du tube digestif, quand tu nous tiens !

C’est un ancien retraité, leader d’une petite formation politique de l’opposition qui avait mis à genou une structure étatique par sa gestion chaotique, qui a eu la lumineuse idée de proposer un gouvernement d’union nationale afin d’entrer dans un nouveau schéma. Chacun veut manger un peu, n’est-ce pas ? Comme s’ils s’y attendaient tous, la proposition a été reprise à l’unisson. « Toi, tu veux prendre quel poste ministériel ?», se sont lancé les uns et les autres qui se voyaient déjà dans la peau de ministre. C’est à croire que c’est fondamentalement la raison pour laquelle ils avaient été conviés à l’atelier. On attend de voir si Faure Gnassingbé accédera à leur désir pour les appeler à la mangeoire.

Le gouvernement d’union nationale est une aberration sous les tropiques pour permettre à certains opposants de « manger un peu ». Une fois attablés, ils se tassent et ne font plus parler d’eux. Comme pour dire que la bouche qui mange ne parle pas.

Le Togo avait fait l’expérience du gouvernement d’union prescrit par l’Accord Politique Global (APG), mais cela n’a pas permis de résoudre la crise politique. Ce schéma a non seulement permis de sortir certains petits opposants de l’anonymat et changer leur statut social, mais aussi de légitimer le pouvoir de Faure Gnassingbé. C’est avec indignation qu’on entend certains déclamer aujourd’hui que cet accord est « caduc ».

Au Kenya et au Zimbabwe, les mêmes expériences de partage du pouvoir ou de gouvernement d’union nationale ont été faites sans résultat probant. Le gouvernement d’union a permis de remettre plutôt en selle les despotes comme Mwai Kibaki et Robert Mugabe qui ont été battus à la régulière dans les urnes par leurs opposants respectifs, Raila Ondinga et Morgan Tsvangirai. Les difficultés auxquelles ces pays ont été confrontés n’ont changé pas d’un iota. C’est dire que les gouvernements ont montré leurs limites.

Dans la même lancée que ceux qui proposent le partage du pouvoir, certains anciens Premiers ministres, bien qu’ils gagnent un demi-million de francs par mois et disposent d’un véhicule, ont plaidé pour que leur statut soit revu. Le sort des Togolais qui végètent dans une misère noire ne semble guère préoccuper personne. Un peu de pitié pour le peuple !

Source : Médard Amétépé, Liberté

27Avril.com

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