FRANCE – AFRIQUE : François Hollande, qui avait suscité beaucoup d’espoir en Afrique à son avènement à l’Elysée, a énormément déçu

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« La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts » – Charles de Gaulle

D’après un sondage Odoxo réalisé pour CQFD/iTELE publié vendredi, près de huit François sur dix (78%) ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy soit candidat à la présidentielle de 2017 et seul un Français sur quatre (21%) pensent que l’ancien président aurait fait mieux que François Hollande, à propos de la loi du travail.

Même une nette majorité des sympathisants de Droite (60%) ne le souhaitent pas, et seulement 50% des seuls sympathisants du parti « Les Républicains » souhaitent une candidature de leur chef. Les Français jugent également à 59% que l’ancien président «ne gérerait ni mieux ni moins bien le conflit actuel autour de la loi El Khomri» et 15% estiment même qu’il aurait encore fait moins bien.

Pour certains observateurs, ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande n’ont eu les moyens de remettre l’économie sur les rails de la compétitivité exigée par l’ouverture depuis les accords de l’OMC en 1994. Contrairement à l’Allemagne qui y a réussi grâce à la vision productiviste du chancelier Schroeder et grâce aussi au dialogue social permanent existant entre des syndicats et le patronat. « Ce qui est inimaginable en France depuis le Congrès de Tours de 1920 avec un esprit de lutte des classes datant du capitalisme industriel qui ne représente qu’une minorité du système productif dans le monde occidental développé », pense l’économiste togolais Michel Kalife .

Ceci étant, et sur tout autre plan, s’il était donné aux Africains de se prononcer sur un éventuel retour de l’ancien président français à l’Elysée, au moins 98% d’opinion lui serait défavorable. Il faut le reconnaître, Nicolas Sarkozy alias Paul Bismuth n’a pas bonne presse auprès des Africains. Surtout à cause du chaos qu’il a semé en Libye et en Côte d’Ivoire et son soutien indéfectible aux dictateurs impénitents sur le continent contre la volonté des peuples africains. Il s’est également constitué un gros portefeuille de détracteurs en Afrique pour ses propos controversés à Dakar comme quoi « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». D’ailleurs sa défaite à la présidentielle de 2012 a été saluée par nombre de peuples africains avides de liberté et de démocratie.

Malheureusement son successeur, François Hollande, qui avait suscité beaucoup d’espoir en Afrique à son avènement à l’Elysée, a énormément déçu. L’actuel président français ne fait pas mieux que ses prédécesseurs dans sa politique africaine et fait voler en éclats tous les espoirs portés par son élection.

Depuis le début de son mandat, François Hollande s’échine à rompre avec les liens étroits et occultes qu’avaient noués ses prédécesseurs avec certains chefs d’Etat d’Afrique francophone. En octobre 2012, il avait laissé entendre devant les députés sénégalais que « le temps de la Françafrique est révolu ». Mais guidé par les intérêts économiques de la France sur le continent, le locataire de l’Elysée côtoie aussi toujours de vieilles figures de la Françafrique. Il a reçu en grandes pompes des dirigeants africains pas très fréquentables et visité des pays dirigés par des despotes depuis les années 1980 comme le Cameroun de Paul Biya et l’Angola d’Edouardo Dos Santos. Deux pays où les intérêts économiques ont primé sur la question des droits de l’Homme et de la démocratie.

Le soutien complice de François Hollande et son gouvernement à des dictateurs comme Alpha Condé, Mahamadou Issoufou, Idriss Déby Itno, Denis Sassou Nguesso, Faure Gnassingbé, etc. a contribué à asseoir son impopularité auprès des Africains. Comme le dirait l’autre, «si les Africains ne sont pas assez rentrés dans l’histoire », l’histoire retiendra le soutien de François Hollande aux dictateurs africains.

Source : Médard Amété, Liberté

Togosite.com

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