Faure, Ali, Joseph : Des fils à papa prêts à tout…pour s’accrocher au pouvoir

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« Quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes sous la forme d’un clou » – Proverbe africain

Jusqu’où les fils à papa sont t-ils prêts à aller pour perpétuer le règne héréditaire dans leur pays ? Pour garder le pouvoir dans le giron familial, les fils qui ont succédé aux pères sur le continent sont prêts à tout. Au Gabon, afin de pouvoir opérer le braquage électoral sans encombre, Ali Bongo a fait espionner via ses services secrets, les membres de la mission d’observation de l’Union Européenne très pointilleuse sur le processus électoral.

Faure, Ali, Joseph : Des fils à papa prêts à tout…pour s’accrocher au pouvoir

Contrairement aux aventuriers et mercenaires électoraux qui écument le continent, prompts à certifier de la régularité de l’élection des dictateurs africains, les observateurs européens se démarquent par le sérieux de leur travail. Ils donnent le tournis aux dirigeants qui ont divorcé d’avec les valeurs démocratiques. Au point que dans la plupart des tyrannies, on refuse carrément d’accorder de l’accréditation à la mission d’observation électorale de l’Union Européenne.

Au Togo par exemple, depuis 2010, les observateurs de l’Union Européenne ne sont plus autorisés à couvrir les élections dans notre pays. La parade toute trouvée par le régime togolais est d’organiser les élections sur fonds propres afin de se passer des exigences de l’institution européenne sur les règles démocratiques.

Contre mauvaise fortune bon cœur, Ali Bongo a accepté les observateurs européens pour donner l’impression d’une ouverture démocratique. Sauf qu’il a décidé d’épier le moindre de leurs faits et gestes. Selon l’hebdomadaire français le JDD, les services secrets d’Ali Bongo ont placé sur écoute des membres de la mission d’observation déployée par l’Union européenne pour l’élection du 27 août et les conversations attestent de leurs doutes sur la sincérité du résultat. « Une vingtaine d’enregistrements clandestins, un échantillon puisé dans un ensemble certainement plus vaste, qui dévoilent l’existence de ce Watergate gabonais (…) Le régime gabonais ne s’est pas contenté d’écouter. Les informations collectées par ses services secrets semblent avoir permis de cibler des observateurs de l’Union européenne et de lancer contre eux de violentes accusations dans des journaux gabonais », révèle le journal.

Pendant qu’ Ali Bongo est aux trousses des observateurs européens, au Togo, ce sont les diplomates qui sont dans le collimateur du pouvoir. Il y a deux semaines, des informations avaient fait état de ce que Faure Gnassingbé avait exigé de Bruxelles, le renvoi dans les plus brefs délais de son ambassadeur au Togo Nicolas Berlanga-Martinez. Il est reproché au diplomate d’avoir critiqué le régime de Faure Gnassingbé et d’entretenir des rapports de proximité avec l’ancien ministre de l’Intérieur, François Boko, le cauchemar du pouvoir de Lomé. L’Union Européenne cédera-t-elle aux desiderata du fils du père ? L’avenir nous le dira.

Plusieurs autres personnalités ont été déjà expulsées du Togo pour plus ou moins les mêmes raisons. L’ancien secrétaire de l’ambassade de France à Lomé, Eric Bosc, l’ancien du Projet d’appui à la société civile et à la réconciliation nationale (Pascrena), Christophe Courtin, Sébastien Alzerecca, directeur d’un centre culturel, etc. ils sont nombreux à subir les foudres du jeune président togolais. Bref, dans les régimes dynastiques, très frileux, on tolère difficilement la moindre contrariété.

Source : Médard Amétépé, Liberté

27Avril.com

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