Dans quelles « oreilles » « la boucle » de Bolloré va-t-elle s’insérer ?

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Quand on parle de boucle, on pense de suite aux oreilles des femmes. Mais aujourd’hui, il y a boucle et boucle. On était tous témoins de la médiatisation de Bolloré Africa Logistics au sujet de la boucle ferroviaire devant relier Abidjan à Cotonou en passant par Ouaga, Kaya, Niamey et Parakou. Lomé aussi devrait en faire partie. On avait entendu le projet Togo Invest sortir de terre pour prétendre soutenir la construction de la voie ferrée devant relier Lomé à Ouaga.

Dans quelles « oreilles » « la boucle » de Bolloré va-t-elle s’insérer ?

En ce temps, on dirait qu’à l’allure où étaient annoncés ces projets, les Togolais allaient dépasser en un temps record les autres pays de la région. On était à la veille de l’élection présidentielle. Mais les tribulations que rencontre le groupe Bolloré ces temps-ci font penser que les pays dans les oreilles desquelles la boucle de Bolloré devrait passer, se rétrécissent.

On apprend qu’un autre investisseur, Africarail avait déjà la mainmise sur une grande partie de cette boucle que convoite ardemment Bolloré à cause du manganèse dont regorgent certains pays et qui devrait être convoyé vers la côte. Non seulement la justice a décidé de reconnaître les droits de la société concurrente sur des parties de la boucle, mais il se trouve que même au cas où Bolloré voudrait sortir le chéquier pour convaincre l’autre partie, l’écartement actuel qu’impose Bolloré Logistics est dépassé et ne pourrait pas permettre aux pays traversés d’utiliser les trains de nouvelle génération aux écartements plus réduits.

On avait vu des agents poser des rails à Lomé au quartier Hanoukopé ; et beaucoup avaient cru à un démarrage effectif. Mais la décision de justice a contraint le groupe français à stopper les travaux au risque d’être condamné à payer quotidiennement 100 millions de FCFA en cas de résistance. Eh oui, comme quoi, quand le droit est vraiment en marche, même les riches industriels sont obligés de s’aligner.

Et maintenant ?, pourrait-on se demander, surtout quand on entend un avocat du groupe avancer qu’en l’état actuel de la situation financière dans la région, le groupe Bolloré seul serait en mesure de financer ce projet. Doit-on comprendre qu’il se pourrait que la société concessionnaire fasse marche arrière et lâche le morceau, auquel cas l’écartement imposé sur le tronçon au Niger serait maintenu ? Soit dit en passant, il est bon que les Togolais sachent par exemple que pour le Togo, la partie allant de Blitta à Ouaga est la propriété de la société concurrente au groupe Bolloré et qui n’est autre qu’Africarail.

Source : Liberté

27Avril.com

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