Blocage à la Commission des lois de l’Assemblée nationale : Les députés à couteaux tirés

41

C’était d’ailleurs prévisible. Les députés se sont séparés hier en queue de poisson. Les travaux n’ont pas pu se poursuivre à la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de l’Assemblée nationale.

A l’origine de la mésentente, un rapport que le président de la commission a présenté à ses collègues pour adoption et signature, en lieu et place d’un débat au fond. De plus, le président évoque la recherche préalable d’un consensus avant tout débat de fond. Des surprises qui ne sont pas du goût des députés de l’opposition qui, hier, étaient tous unanimes.

Après avoir rappelé au président de la commission (membre de la majorité présidentielle, UNIR) la décision de la Cour constitutionnelle le 22 mars dernier qui stipule que l’étude de la proposition de loi en commission ne peut pas être assujettie à la recherche préalable du consensus, Me Isabelle Améganvi, présidente du groupe parlementaire ANC et membre de cette commission, a déclaré qu’il y a un autre coup de force en préparation.

« C’est un véritable coup de force qui s’est passé hier, même après la décision de la Cour constitutionnelle de remettre les choses en ordre. La réunion s’est terminée en queue de poisson », a-t-elle déclaré sur les ondes de Victoire FM.

Et de poursuivre : « Nous avons jeté un coup d’œil sur le rapport. Il s’agit d’un rapport de la séance passée. Il n’y a pas eu d’étude de fond comme cela se passe à la commission. Normalement, après un débat général, il doit y avoir l’étude article par article. Ce qui n’a jamais été fait. Tout cela doit être contenu dans le rapport. Ce qui n’est pas le cas du document qu’on nous a présenté. Puisque le président de la commission avait suspendu les travaux à l’époque ».

A l’en croire, le président de la commission donne l’impression de vouloir rejeter le texte. Mais il n’a pas compétence pour le faire. « Les députés UNIR ne peuvent pas mettre fin à la procédure prévue par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, et ils le savent très bien », a indiqué Me Isabelle Améganvi.

Après avoir salué les députés de l’opposition, toute sensibilité confondue, qui ont parlé d’une même voix hier au cours de la séance qui a fini en queue de poisson, la présidente du groupe parlementaire ANC a réaffirmé l’engagement de la classe politique de l’opposition à œuvrer pour la réalisation des réformes que veulent plus de 85% des Togolais, selon un sondage d’Afrobaromètre.

« Nous n’aurons pas de sommeil, nous n’aurons pas de repos tant que ces réformes ne seront pas réalisées », a-t-elle lancé.

I.K

Source : www.icilome.com