Bientôt la ‘4G’ comme si la multiplication des “G” pouvait faire l’affaire

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1G, 2G, 2.5G, 3G et 3G+ ou H, le Togo a théoriquement traversé ces technologies de téléphonie sans pratiquement les vivre. Du Global System for Mobile Communication GSM (échange de voix uniquement) au High speed Packet Access plus HSPA + encore dénommé 3G+, le gouvernement a cautionné les publicités mensongères engloutissant l’argent des consommateurs pour de piètres prestations de service en matière d’accès internet mobile.

La 3G+, par exemple, est un système technologique qui permet à l’utilisateur d’un téléphone mobile comme smartphones et autres d’avoir accès à internet, visionner des vidéos, faire de la visiophonie (appels vidéos), et télécharger des documents avec une vitesse allant de 21Mbit par seconde dans les conditions idéales à 5 Mbit par seconde dans les conditions pratiques.

Mais au Togo, parler de Mo, comme mégaoctets, rappelle de mauvais souvenirs. En effet, même avec ADSL, donnant accès au fameux haut débit propre aux réseaux du Togo, sur un laptop, il est presqu’impossible de télécharger un pdf de 4 Mo.

Revenant sur la 3G+ (entendez G comme Génération), le dernier opérateur mobile à avoir dégoté la licence est Moov. Les débuts furent comme dans les films et séries américains pour les internautes togolais. Les uns apprécièrent et les autres coururent s’en procurer une puce Moov. D’autant plus la fameuse 3G de Togo cellulaire est devenue tortures. Cette ruée vers Moov n’a pas mis du temps à saturer le réseau. Aujourd’hui, c’est le même parcours de combattant sur les deux réseaux.

Cela marche super bien dans un coin, et dans autre rien! Bien que ce soit toujours en pleine ville de Lomé. Pour ce qui est de l’intérieur du pays, n’en parlons plus. Pendant qu’on parle de 3G+ ici, on n’est même pas encore un vrai GSM dans certaines localités de l’intérieur. Or, il faut le dire, un entrepreneur qui a cruellement besoin de connexion internet dans ses bureaux à Lomé, en aura encore plus besoin lorsqu’il sera en déplacement à Danyi dans les plateaux, ou à Djarkpanga, encore plus à Cinkassé dans le grand Nord.

Mais déjà, Cina Lawson, la Ministre des Postes et de l’Economie Numérique ,concocte avec les deux opérateurs de téléphonie mobile, l’octroi des licences 4G, comme si la multiplication des « G » était pourvoyeuse d’une bonne connexion internet mobile.

Si Cina Lawson a pu établir avec son ministère qu’en 2015, 431 000 togolais sont abonnés à l’Internet mobile, il est impossible de noter le taux de couverture 3G par les deux réseaux.

Quel est le niveau de couverture 3G à Lomé, et dans le reste du pays ? Cette technologie tant vantée par les opérateurs a-t-elle été installée selon les normes au point qu’on en fasse de grandes campagnes publicitaires ?

Quelle a été le degré de satisfaction de ces consommateurs ? Et combien en utilisent?

Le ministère des Postes et de l’Economie Numérique n’en dit rien. Seulement, la course est lancée pour la conquête d’un « G » supplémentaire, au plaisir de tapages médiatiques sur fond de publicités mensongères.

Les politiques et les hommes d’affaires y trouveront pour leur compte, et le consommateur se morfondra de plus belle. De gré ou de force, les Togolais seront bientôt tributaires de réseaux mobiles 4G… en tout cas, théoriquement.

A.L

icilome.com

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