Avenue Augustino de Souza et Rue des Chemins de fer: Des bandits font la loi

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Avenue Augustino de Souza et Rue des Chemins de fer: Des bandits font la loi

Emprunter certaines voies pendant les heures de pointes peut s’avérer désormais dangereux à Lomé. Pour cause, des voleurs ont élaboré des méthodes pour dérober les usagers sur ces voies. Il s’agit principalement de l’Avenue Augustino de Souza à Bè et la rue des Chemins de fer située entre le quartier Aguiarkomé et Abobokomé.

Des jours passent, et les voleurs perfectionnent aussi leurs modes opératoires. Vous pourrez être volés et en plus remercier votre bourreau. En effet, des voleurs basés dans les quartiers de Bè, Aguiarkomé et Abobokomé opèrent en toute quiétude sur l’Avenue Augustino de Souza et la rue « Des chemins de fer » par des stratégies soigneusement élaborées. Les malheureux usagers qui tombent dans leurs pièges ne peuvent s’en rendre compte que quelques minutes ou heures plus tard.

Mode opératoire

Pour commettre leurs forfaits, ces individus ont des heures spécifiques. Il s’agit des heures de pointes où les usagers sont pris dans les embouteillages. Ce sont les conducteurs de voiture qui sont les plus visés. La méthode est toute simple. Un individu s’approche de votre voiture et vous d it que votre pneu à un problème. Au moment où vous descendez de la voiture pour s’informer de l’état de votre pneu, votre voiture est passée au peigne fin par un autre individu. Dans un autre cas, si vous laissez vos vitres baissés, à l’ instant où vous parlez avec votre premier interlocuteur, quelqu’un ramasse vos affaires de l’autre côté de la voiture. Après, celui qui vous a interpellé vous d ira que non que tout va bien qu’il a cru voir une panne. Un habitant du quartier Adobokomé a été témoin oculaire d’une des scènes le Samedi dernier, celui que nous nommerons Vincent (pour des raisons de sécurité), la quarantaine, raconte : « Je revenais du grand marché le soir quand j’ai vu un jeune homme entrain de d ire à un conducteur de voiture « personnel » que l’un des pneus à un problème, pendant que le feu de signalisa ion situé à l’entrée de la rue est au rouge. Quand, le propriétaire de la voiture a sorti la tête pour voir, et vu qu’il a laissé les vitres du côté non chauffeur baissé, un autre individu a ramassé son portable et son porte-monnaie. Dès que le forfait est opéré, il dit au conducteur qu’il s’est trompé. Tout se fait en l’espace de quelques secondes ».

« Moi, je ne peux pas crier parce que je passe là-bas tout le temps, ils peuvent s’en prendre à moi si je faisais foirer leur coup », a-t-il ajouté.

En fait, au niveau des feux de tricolores de la rue « des chemins de fer » en venant du grand marché, ces voleurs ont leur base juste de l’autre côté de la rue. C’est au bout d’une petite ruelle à côté de l’immeuble « Kafui ».

Sur l’Avenue Augustino de Souza, c’est le même mode opératoire. Les forfaits sont souvent commis juste devant la maison du chef canton de Bè, Togbui Aklassou Adela Mawuko IV. « Des sacs et des téléphones portables sont arrachés aux mains des usagers de la route pendant les embouteillages. Ils maitrisent parfaitement les ruelles des quartiers environnants. En outre ils opèrent en groupe. Leur lieu de base est situé juste derrière la maison du chef canton de Bè », explique un habitant du quartier Bè-Hédzé.

Au nez et à la barbe des policiers et autorités locales

Si ces individus continuent leurs sales forfaitures sur ces voies, c’est parce qu’ils ne sont pas iniquités. Concernant la rue « Des chemins de fer », le commissariat de l’arrondissement n’est situé qu’à l’autre bout de la rue mais les gendarmes laissent faire. Ces derniers ne peuvent plus se cacher derrière l’argument qu’ils ne sont pas informés de ces actes répréhensibles. « Une fois, grâce à une dénonciation sur une radio, les policiers ont bouclé le quartier pendant quelques heures. Mais aussitôt qu’ils sont partis, ces individus ont repris leurs sales besognes», fait remarquer Kossigan, un habitant du quartier Abobokomé.

Sur l’Avenue Augustino de Souza comme l’a fait savoir un des habitants des quartiers environnants, la base de ses voleurs est située juste derrière la maison du chef canton de Bè, une autorité locale qui pouvait utiliser ses prérogatives pour faire dégager ces voleurs.
L’autre point commun de ces deux lieux où proviennent les voleurs est que ce sont des pointes de vente de drogue.

La misère qui frappe la jeunesse togolaise n’est pas le seul motif de ces actes. Le choix des raccourcis et de la facilité poussent davantage ces jeunes à emprunter ces chemins de travers. Que les autorités ferment les yeux sur ce genre de situation rimerait avec une certaine complicité. « La sécurité des Togolais est l’une des priorités pour laquelle le chef de l’Etat n’attend pas lésiner sur les moyens », a récemment affirmé un responsable de la sécurité nationale.

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