Agbéyomé Kodjo :’Qui contrôle la mer, contrôle la terre’

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C’est par ce vieux adage que l’ancien Premier ministre, Agbéyomé Kodjo, donne la pertinence que revêt le sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique. Il était en conférence de presse hier à Radisson Blu 2 Février de Lomé, avec Ninsao Gnofam du ministère des Infrastructures, et du chef d’Etat Major de la Marine nationale.

Dans son allocution introductive lors de la conférence, Gabriel Mensah Agbéyomé Kodjo a situé l’événement dans son contexte, précisément les circonstances dans lesquelles naquit l’idée d’un grand rendez-vous africain sur la question de la sécurité et la sûreté maritimes tout comme l’économie bleue :

« C’est dans ce cadre que lors de la session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement qui s’est tenue à Malabo (Guinée-Équatoriale) en 2014, le Chef de l’État togolais avait proposé la thématique du Sommet Extraordinaire qui à notre satisfaction, se tient ces jours-ci à Lomé, car le vœu émis à Malabo par le Chef de l’État togolais en 2014 a obtenu l’adhésion de ses pairs en raison de sa pertinence », a-t-il rappelé.

Quelle est la portée économique d’une telle initiative ? « Le Golfe de Guinée c’est 6000 Km de côtes ; c’est une zone maritime stratégique en termes géopolitiques ; c’est une zone maritime riche en pétrole, en gaz naturel et en produis halieutiques ; c’est aussi la zone maritime qui enregistre chaque année d’importantes pertes financières estimées annuellement à plus de 2 milliards de dollars ($US) en raison des effets nocifs de la piraterie maritime », a relevé l’ancien Premier ministre qui a conclu que la question de la nécessité de coordonner les forces sur l’échelle africaine afin de sécuriser les côtes ne se pose plus. C’est une évidence, selon l’économiste.

« Vous comprenez donc que par ces temps de crise économique, éprouvante pour les populations africaines, la pertinence du Sommet extraordinaire de Lomé qui se veut un cadre d’échange, de réflexion et de décisions fortes, ambitionne d’éradiquer le phénomène de la piraterie maritime, et de promouvoir l’économie bleue en termes de développement durable de nos pays », dixit Agbéyomé Kodjo.

Convaincu que « qui contrôle la mer, contrôle la terre », le président national de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS) s’est passé de sa toge politique en faveur du sommet de Lomé.

Pour lui, c’est un acte républicain et patriotique certes, mais pas évident que cet engagement soit vu du même œil de l’autre côté de la rive où, ce genre de concessions sont systématiquement assimilées à la traîtrise contre l’opposition togolaise.

A.L

icilome.com