Malédiction des boissons locales au Cameroun, une alerte pour le Togo

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L’alcool frelaté tue au Cameroun. 22 personnes sont hospitalisées, 21 personnes ont succombé, à Mindourou et Abong-Bang, après avoir bu du odontol, une boisson locale très alcoolisée fabriquée à base de vin de palme, de sucre et d’une écorce d’arbre, l’essok. Ce n’est pas le premier dégât, des morts ont été enregistrés après la consommation de cette boisson. Réputée impropre à la consommation, puisque dangereuse, odontol, au Cameroun, attire malgré tout, une impressionnante clientèle et vide les petites bourses.

Malédiction des boissons locales au Cameroun, une alerte pour le Togo

Et pourtant, sa production et sa commercialisation ont été interdites. Mais moins cher, cet alcool artisanal qui sert de breuvage pour ses accros est clandestinement vendu. Même les femmes en raffolent. «Quand je vous vois, mes yeux commencent à tourner », a témoigné à la CRTV, une chaîne de télévision camerounaise, une des consommatrices qui aurait pris deux verres.

A la veille des fêtes de fin d’année qui approchent à grand pas, au Togo, cette situation dramatique qui prévaut au Cameroun relance le débat sur les boissons frelatées locales et celles importées qui inondent le marché. Dans plusieurs coins et quartiers de Lomé, les points de commercialisation, notamment des boissons locales poussent comme des champignons, très loin des regards des autorités du pays. Derrière les « rideaux blancs », femmes et hommes font des tours, ne serait-ce que pour prendre un verre de « sodabi ». Si cette boisson est normalement produite à base du vin de palme, à Lomé ou à certains endroits, elle est préparée astucieusement à l’aide de certains ingrédients dont la composition peut gravement nuire à la santé. Parmi ces ingrédients, on cite souvent le sucre, l’alcool 90°, l’éthanol, entre autres. Il est vrai que la production artisanale de ces boissons locales devenues des tueuses silencieuses et leur commercialisation ne sont pas encore interdites au Togo, mais il urge, avec l’expérience camerounaise, que le gouvernement et aussi les organisations des droits des consommateurs prennent des mesures pour contrôler le circuit.

En ce qui concerne les boissons importées, le Togo peut s’inspirer de l’exemple ivoirien. La Côte d’Ivoire a annoncé tout récemment l’interdiction de la production, de l’importation et de la commercialisation des petits sachets d’alcool, notamment du gin ou du rhum. Ces boissons, selon le gouvernement ivoirien, sont souvent fabriquées de façon frauduleuse et ne respectent pas les normes de dosages. Le pire, c’est que ces boissons en sachet se retrouvent en grandes quantités sur les marchés togolaises.

« Une étude de l’OMS sortie en décembre 2014, montre que l’usage nocif d’alcool entraîne, dans le monde, 3 300 000 décès chaque année. Et si l’on considère les buveurs dans la population, les buveurs africains se classent en tête, suivis par les Indiens. Les Tchadiens seraient les plus gros buveurs d’alcool au monde (avec 33,9 litres d’alcool pur ingéré par an) », rapport Rfi sur son site.

Source : PCK, L’Alternative

 

27Avril.com