M. Valls n’est pas venu au Togo pour apporter son soutien au pouvoir en place ni se substituer aux populations togolaises

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ASSEMBLEE NATIONALE                                                                                                République togolaise
 
  Groupe ANC                                                                                                                            Travail-Liberté-Patrie
 
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Lomé, le  04 novembre 2016

 

La Présidente

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le samedi 29 octobre 2016, en marge de la visite au Togo du Premier Ministre français, M. Manuel Valls, une délégation de parlementaires français, conduite par le Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le parlement, M. Jean-Marie Le Guen, a rencontré au Palais des Congrès, siège de l’Assemblée Nationale, une délégation de l’opposition parlementaire togolaise.
 
La rencontre, qui a été relativement brève mais dense, a permis aux députés togolais, notamment le Chef de File de l’opposition, M. Jean-Pierre FABRE, de faire à la délégation française, le point sur la situation politique togolaise, et de relever le caractère complaisant des déclarations du Premier Ministre français sur le Togo.
 
La réunion commence avec la présentation des membres de la délégation française par M. Jean-Marie Le Guen qui précise ensuite qu’à l’occasion de la visite au Togo du Chef du gouvernement français il est normal que la délégation française rencontre également l’opposition togolaise. Aussi, le Premier Ministre a-t-il demandé à M. Le Guen de conduire la délégation qui rencontre l’opposition. M. Le Guen se félicite de la présence de M. Jean-Pierre Fabre, Président National de l’ANC, Chef de file de l’opposition, à qui il demande de prendre la parole le premier.
 
M. Jean-Pierre Fabre remercie la délégation française pour cette rencontre qui est pour l’opposition, une occasion de réitérer aux autorités françaises, son appréciation de la situation politique au Togo, formulée à maintes reprises, dans des déclarations, communiqués et mémorandums. Il précise que le 17 octobre 2016, il a été reçu au Quai d’Orsay par Monsieur Rémi Maréchaux, Directeur Afrique et Océan Indien, en présence du sous-directeur Afrique de l’Ouest et du Desk du Togo. A cette occasion, M. Fabre n’a pas manqué de dire à son interlocuteur que l’opposition togolaise sera très attentive aux propos de M. Valls, lors de sa visite.
 
Pour le Président National de l’ANC, Chef de file de l’opposition, la situation politique togolaise, continue d’être rythmée par la pratique permanente de l’arbitraire et des fraudes électorales. Malgré les engagements pris, le pouvoir en place refuse obstinément d’organiser les élections locales et de mettre en œuvre les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales prescrites par l’Accord Politique Global (APG). M. Fabre évoque à cet égard, le rejet par la majorité parlementaire du projet de loi de révision constitutionnelle introduit à l’Assemblée nationale par le gouvernement en juin 2014 et les manœuvres orchestrées à deux reprises, en novembre 2014 et en juillet 2016, par la majorité parlementaire à la Commission des lois, pour empêcher les propositions de lois de révision constitutionnelle de l’opposition d’arriver en plénière de l’Assemblée nationale.
 
En conséquence, M. Jean-Pierre Fabre s’étonne que le Premier Ministre français ait pu déclarer lors d’une allocution prononcée la veille, que le Togo change, au même moment où le Togo subit devant les instances compétentes de l’ONU à Genève, l’Examen Périodique Universelle (EPU). Au moment où Amnesty International tire la sonnette d’alarme sur le Togo et demande qu’au cours de cet EPU, il soit exigé du Togo qu’il respecte les recommandations formulées en matière de libertés publiques.
 
Plusieurs autres députés de l’opposition intervenant à la suite du Chef de file de l’opposition, abondent dans le même sens.
 
Certains font part de leur indignation, déclarant avoir été « choqués d’entendre sur les ondes le Premier Ministre Manuel Valls affirmer que le Togo change dans le bon sens » alors qu’il est notoire que tout est mis en œuvre pour le maintien au pouvoir de la dynastie Gnassingbé, par le verrouillage du système électoral et l’instrumentalisation des institutions au profit de cette dynastie. De toutes façons, ajoutent-ils, si le Togo change, cela se verra et se constatera, il ne sera pas nécessaire de le dire.
 
D’autres affirment que, malgré le calme apparent qui semble prévaloir dans notre pays, les populations togolaises sont en colère. Selon ceux-ci, le risque d’explosion est palpable face à l’arrogance des gouvernants et le pillage des ressources nationales par la fameuse « minorité qui accapare les richesses nationales », ainsi que le refus des autorités, en l’occurrence le Chef de l’Etat, le Premier Ministre et le président de l’Assemblée nationale de se soumettre à la déclaration de leurs biens, conformément à la Constitution. Une telle explosion ne devra surprendre personne.
 
D’autres encore dénoncent la nature du pouvoir en place qui n’est, en réalité, qu’une dictature militaire à façade civile, représentée à l’intérieur du pays, dans plusieurs préfectures, par des préfets militaires qui briment et intimident quotidiennement les populations, empêchant le libre exercice des activités des partis politiques de l’opposition.
 
La dernière intervention de l’opposition est celle de la Présidente du Groupe ANC à l’Assemblée nationale, Maître AMEGANVI Manavi Isabelle. Elle déclare souscrire à tout ce qui est dit par ses collègues, notamment le Chef de file de l’opposition et attire l’attention des membres de la délégation française sur les artifices déployés par le pouvoir en place pour abuser la communauté internationale. Pour illustrer son propos, elle donne la configuration actuelle de l’opposition parlementaire en observant que malgré un accord de partage de pouvoir avec la majorité, signé en mai 2010, l’UFC, qui a des ministres au gouvernement et qui soutient l’action gouvernementale en faisant voter ses deux députés dans le même sens que la majorité parlementaire, continue de se prévaloir de l’opposition. Et à ce titre, en complicité avec le régime en place, ce parti s’approprie les sièges revenant à l’opposition parlementaire tant au sein des structures de l’Assemblée nationale que dans les autres institutions de la République, en violation flagrante du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de la loi portant statut de l’opposition. Si bien que l’ANC, avec 18 députés, n’est représentée dans aucune institution.
 
Avant de clore la réunion, M. Le Guen a indique qu’il doit rejoindre le reste de la délégation du Premier Ministre au port autonome de Lomé qui est important dans l’économie togolaise. Il précise que la France ne veut pas s’immiscer dans les affaires du Togo et que selon lui, M. Valls n’est pas venu au Togo pour apporter son soutien au pouvoir en place ni se substituer aux populations togolaises qui doivent prendre leurs responsabilités.

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Etaient présents :

  • Délégation des parlementaires français :

    • M. Jean-Marie Le Guen, Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement
    • M. Jean-Yves Lebouillonnec, Député du Val de Marne, Maire de Cachan, Président du Groupe d’Amitié France-Togo
    • Mme Claudine Lepage, Sénatrice représentant les Français établis hors de France
    • Mme Hélène Conway-Mourret, Sénatrice représentant les Français établis hors de France
    • M. Robert Delpicchia, Sénateur représentant les Français établis hors de France
    • M. Jean-Baptiste Lemoyne, Sénateur de l’Yonne
    • Madame Seyba Dagoma, Députée de Paris
    • M. Pascal Terrasse, Député de l’Ardèche
    • Monsieur Guillaume Lemoine, Premier Conseiller à l’ambassade de France au Togo.
  • Délégation de l’oppositionparlementaire togolaise :

    • M. Jean-Pierre Fabre, Président National de l’ANC, Chef de file de l’opposition
    • Me Manavi Isabelle Améganvi, Présidente du Groupe ANC à l’Assemblée nationale
    • Me Georges Latévi Lawson (ANC)
    • Me Ruben Doe Bruce (ANC)
    • M. Fofana Soffo (ANC)
    • M. Amouzouvi Olivier Kpadénou (ANC)
    • Yao Ketoglo (ANC)
    • M. Akoffi Adjor (ANC)
    • M. Yawo Vodis (ANC)
    • M. Nafiou Tchagnaou Ouro Akpo (ANC)
    • M. Sambiri N’wakin Targone (apparenté ANC)
    • M. Jean Kissi (A E C)
    • M.Kanlenyo Kossiko (A E C)
    • M. Nagbandja Kampatibe (ADDI)
    • Mme Issolemo Koupokpa (Association SURSAUT)
    • M. Djimon Oré (FPD)

Les Députés Brim Diabacté (UFC), Pierre Djimongou (UFC) et, étaient également présents.

 
 
Fait à Lomé, le 04 novembre 2016
 
La Présidente du Groupe ANC
 
 
 
Signé
 
 
 
Me AMEGANVI Manavi Isabelle Djigbodi 
 
source : anctogo.com
 

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