L’Introduction des langues maternelles à l’école à travers l’initiative ELAN

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L’Introduction des langues maternelles à l’école  à travers l’initiative ELAN

Du 24 au 30 octobre 2016 se tient à Lomé, un atelier de production des lexiques spécialisés pour l’enseignement de la lecture-écriture et des mathématiques à l’usage des enseignants expérimentateurs des nouveaux pays qui ont adhéré à l’initiative Ecole et Langues Nationales en Afrique (ELAN Afrique), notamment la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Madagascar et le Togo. L’activité s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase de l’initiative.

Au cours de cette rencontre, il sera question d’élaborer des lexiques bilingues (français-langues africaines) spécialisés pour l’enseignement de la lecture-écriture et des mathématiques dans quatre langues nationales (dioula, ewe, kabye et malagasy). Ces outils sont destinés aux enseignants et encadreurs du cycle primaire.

Deux experts animent cet atelier, en l’occurrence les Professeurs Alou Keïta de l’Université de Ouagadougou et Crispin MaaluBungi de la République Démocratique du Congo, tous deux ayant déjà appuyé les équipes nationales de la phase 1 dans l’élaboration de ces mêmes types d’outils.

Cette rencontre, selon le Directeur de cabinet du ministère des Enseignements primaire et secondaire tombe à point nommé car « l’enseignement des langues africaines passe inéluctablement par leur développement lexicologique et syntaxique ».

Pour ce dernier, la langue française, héritage commun de la colonisation, est pour les pays de l’espace francophone, un vecteur d’unité et une opportunité de développement dans le contexte de la mondialisation. Mais cette dimension utilitaire de la langue française, ne doit pas occulter les difficultés liées à son apprentissage et les enjeux de la survie des langues africaines.

L’initiative ELAN est une offre francophone d’accompagnement de pays qui ont choisi l’éducation bilingue comme alternative d’amélioration de la qualité de l’éducation de base. A en croire M. Adama OUANE, Administrateur de l’Organisation Internationale de la francophonie, à travers ce programme, l’Organisation internationale de la Francophonie accompagne depuis plusieurs années des pays d’Afrique subsaharienne pour la mise en œuvre d’activités d’éducation bilingue qui s’inscrivent d’ailleurs dans les plans sectoriels de ces pays. La phase 1 de l’Initiative ELAN bouclée en décembre dernier a concerné huit pays.

Cette seconde phase qui a été lancée officiellement le 3 juin dernier à Abidjan, concerne désormais 12 pays. En effet, quatre pays se sont ajoutés aux huit pays de la phase 1. Les objectifs de la phase 2 s’inscrivent dans le prolongement de ceux de la phase 1, c’est-à-dire accompagner les pays dans la mise en œuvre de leurs plans d’action qui s’inscrivent dans leurs plans sectoriels. Chaque pays a élaboré un plan d’actions dans lequel il définit les domaines clés de notre collaboration.

Pour le point focal de l’initiative ELAN au Togo, M. Lare Lardja, l’Initiative ELAN-Afrique, au-delà de l’opportunité qu’elle offre aux pays d’Afrique Sub-saharienne de relever le défi de la promotion d’une éducation de qualité, elle constitue aussi le soubassement de la survie des cultures africaines à travers les langues qui les véhiculent.

Hélène Doubidji

icilome.com