Le «putsch » contre Me Dodji Apévon, un « putsch » imaginaire selon ses détracteurs

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Le 26 novembre prochain, une nouvelle formation politique viendra enrichir le paysage politique togolais portant à plus de 110, le nombre de partis politiques régulièrement enregistrés dans les cahiers du ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. Et ce 110ème parti politique a pour patron et architecte principal, Me Paul Dodji Apévon, anciennement président du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR, opposition).
 
Les informations recueillies dans l’entourage de cet avocat renseignent qu’il y a plus de quatre (4) mois que tout était prêt pour la création du parti. Selon ces indiscrétions, cela fait plusieurs mois que tout a été ficelé et apprêté et que le parti devrait être présenté à l’opinion national et internationale. Mais, insistent ces personnes, il fallait au député du Grand Lomé et à ses proches un événement grandeur nature sur lequel surfer pour rendre officiellement public son projet. Dans l’entourage de Me Apévon, on caressait secrètement le vœu de pousser l’appareil décisionnel du CAR à l’exclure, lui et ses amis. « Nous avions en réalité voulu rendre public la création du parti il y a quelques mois. Le seul souci était lié à la période où il fallait faire cette annonce. Nous attendions qu’on nous mette à la porte car ç’aurait été une occasion extraordinaire pour avoir un capital sympathie dans l’opinion mais ça n’a pas été le cas », se désole celui-ci.
 
Dans le camp adverse, c’est l’incompréhension et l’étonnement que les militants manifestant vis-à-vis des explications qui sont données par l’entourage de l’ex-président du CAR sur les événements ayant eu lieu le 22 octobre dernier à la MUGET débouchant sur l’installation d’un bureau intérimaire chargé d’organiser le prochain congrès de ce parti.
 
« Le 18 juin 2016, les présidents fédéraux de notre parti réunis à Lomé avaient fait parvenir au président Apévon, une lettre ouverte dans laquelle ils l’appelaient à travailler d’arrache-pied au règlement de la crise qui déchire le parti. Ils ont également souligné l’impérieuse nécessité pour la CAR d’organiser un congrès 8 ans après l’élection de Me Apévon. Lettre à laquelle a répondu par un mépris royal à l’endroit des présidents fédéraux », confie Awudi Komi, président de la jeunesse du CAR.
 
« Le mandat de Me Apévon était fini depuis le 17 octobre 2016 à minuit. Il n’était donc plus président du CAR. Parler de coup d’Etat est une supercherie destinée à corrompre l’esprit des masses. Mieux, Apévon et ses amis connaissaient bien la date de la rencontre du 22 octobre et l’ordre du jour de cette rencontre comme tous les Togolais puisqu’il y a eu une communication sur cette rencontre plusieurs jours auparavant. Avant qu’il ne voyage il savait qu’il n’était plus président du CAR puisque la coordination des présidents de notre parti le lui a signifié au lendemain de la fin de son mandat à travers une mise au point. Il disposait donc de tout son temps pour agir ou contester cette décision. Dire qu’il n’a jamais été au courant du fait que son mandat finissait le 17 octobre 2016 et que les présidents fédéraux allaient se réunir le 22 octobre à Lomé pour pallier au vide statutaire, est une grosse escroquerie », martèle le bouillant ex-président du Mouvement pour l’épanouissement de l’Etudiant Togolais (MEET).
 
Du côté de Me Apévon, on rejette en bloc ces arguments les qualifiant de « fallacieux ». « Me Apévon a été victime d’un putsch de la part de Me Yawovi Agboyibo. Sinon pourquoi ont-ils attendu qu’il s’absente du pays avant d’organiser leur réunion ? Ils savent que ce qu’ils ont fait est illégal et illégitime », déclarait sur une radio de la place, Kohan Binafame, un fidèle parmi les fidèles de Me Apévon.
 
C’est la même lecture qu’a l’intéressé lui-même. Il dira à son retour de voyage le 6 novembre dernier alors qu’il était accueilli en triomphe par ses amis, que tout est fini entre lui et le CAR. « Ils ont un groupe, ils ont fait leur réunion, ils ont mis en place un nouveau bureau sans nous. Nous sommes obligés, nous aussi, forcés par les événements d’aller à quelque chose de ce genre. Ne soyez pas surpris demain, si vous apprenez que nous lançons un nouveau parti », a martelé Me Dodji Apévon, car pour lui, « la réconciliation n’est plus possible » au sein du parti.
 
Théophile K.
 
source : afreepress
 

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