Le cercle de la ‘minorité pilleuse’ s’élargit aux ténors religieux

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A l’issue de sommet de Lomé, c’est l’église catholique qui a ouvert le bal au “tourisme religieux” pour les politiques; une sorte de “portes-ouvertes” à laquelle des hommes politiques se mobilisent en costards dans les lieux dits saints, non pas dans l’intention de faire une sincère dévotion. Juste pour faire image politique, tels des visiteurs sur les stands d’une foire commerciale sans aucune intention d’achat.

Après le «culte personnalisé» de l’archevêque de Lomé le 19 octobre dernier, l’église protestante du Togo, les musulmans et le conseil chrétien du Togo avec l’église des Assemblées de Dieu du Togo (au devant) n’ont pas voulu se faire conter le “bal des politiques”. Mais avec un langage bien mesuré cette fois-ci (moins d’épithètes ou d’éloges pour le prince).

C’est bien au Togo qu’on peut voir politiques et « hommes de Dieu », presser les occasions pour rentrer en connivence dans la manipulation d’un peuple meurtri. Ces galéjades ne passent quand même pas inaperçues pour un certain nombre d’observateurs avertis, mais impuissants devant les faits.
«On a bloqué tout le pays et même reporté la rentrée scolaire à cause du “sommet du siècle”. Nous n’avons rien dit. Quand ce sommet prend fin, au lieu de se consacrer à d’autres défis encore plus sérieux, on va organiser des messes et prières pour “remercier” Dieu pour la réussite du sommet. Et nos évêques, prêtres et pasteurs se prêtent à ce jeu », dénonce André Kangni Afanou.

Ce que l’on ignore peut-être, c’est que le Togo est sous le règne d’un chef d’Etat «fidèle à Dieu» : au moins un voyage au Saint Siège à Rome (Italie) et en Terre Sainte (Israël) chaque année, sans compter qu’il est toujours présent à toutes les grandes prières de toute religion… toujours apte à recevoir plus d’honneurs et d’éloges que le Dieu qu’il prétend craindre… passons!

Faure Gnassingbé confie toujours ses initiatives à Dieu et revient toujours lui manifester sa reconnaissance en fin de projet, comme c’est le cas actuellement pour le sommet de Lomé dont les rideaux sont tombés le 15 Octobre dernier. Des dizaines de maisons luxueuses, entretenues à coups de milliards des contribuables pour le confort des cafards et des souris alors que le Togolais lambda fait la croix et la bannière, histoire de se taper une piaule pour toute une famille. D’ailleurs, il faudrait que le Togolais trouve d’abord à manger.

C’est une infime partie du contraste togolais, entretenu par un chef d’Etat entouré d’«hommes de Dieu», non des moindres (des révérends, des archevêques, des imams et tous les autres titres ronflants dont ils s’affabulent devant leurs fidèles).

Pourquoi ne pas dire que la « minorité pilleuse se dessine clairement » ou que le cercle s’élargit ? Pendant que les uns pillent par leur gestion hasardeuse des biens publics (dans leurs seuls intérêts), les autres se mettent aux aguets, toujours prêts à bondir malicieusement sur les économies de nos mères les dimanches et autres occasions exceptionnelles créées à cet effet (veillées de prière, conventions chrétiennes, etc.).

« Mais dites-moi:
– Quand est ce que le Chef de l’Etat du Togo va mobiliser les membres de son gouvernement, les députés à l’Assemblée nationale, les responsables d’institutions pour aller “remercier Dieu” pour l’effectivité des réformes institutionnelles et constitutionnelles. Quand?

– Quand est ce qu’ils vont comprendre que, depuis plus de dix ans, les Togolais attendent que le pays soit doté de textes consensuels et démocratiques, mais aussi et surtout d’institutions libres et indépendantes?

– Quand vont-ils (enfin) doter le Togo d’une Constitution démocratique et consensuelle au Togo.

– Quand aurons-nous (enfin) des hommes et des femmes de conviction pour diriger les institutions de ce pays?

– Quand aurons-nous (enfin) des mécanismes pour que, au-delà de l’éternelle minorité qui “s’accapare les richesses”, tous les citoyens de ce pays aient des chances réelles d’accéder aux richesses et opportunités du pays?

Ce sont là les seuls sujets pour lesquels, de mon point de vue, on devrait tous se retrouver et prier pour le Togo.

Voilà mon avis sur le “défilé de prières et d’actions de grâce” que l’on observe ces derniers jours dans le pays », écrit André Kangni Afanou.

Des interrogations que des millions d’autres Togolais, légitimement, murmurent encore dans leur tréfond.

Pourtant, Faure Gnassingbé et compagnie n’en auraient pas encore fini avec leurs projets de « sommets », puisqu’un autre se dessine déjà à l’horizon. Pauvre contribuable togolais !

A.L

icilome.com