La STT annonce une grève pour réclamer la relaxe d’un de ses membres

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La STT annonce une grève pour réclamer la relaxe d’un de ses membres

Depuis le 03 septembre 2016, Frédérick Sanwogou, agent comptable au CHR de Dapaong et membre de la Synergie des travailleurs du Togo (STT), est en prison pour une affaire de crédit contracté auprès de la coopérative des « Assemblée de Dieu ». Malgré le retrait de la plainte de la structure de micro finance, il est toujours en détention par la volonté des juges en charge de l’affaire. Une situation qui oblige la STT à annoncer un mouvement de débrayage le 23 novembre prochain pour exiger la libération sans condition de son camarade.

« C’est avec amertume sans précédent que le Conseil, la Coordination et l’Assemblée générale de la Synergie des travailleurs du Togo se résolvent à vous présenter ce préavis de grève de 24 heures qu’ils se proposent d’observer dans la journée du mercredi 23 novembre 2016 pour demander la relaxe pure et simple de notre camarade Sanwogou Frédérick, agent comptable au CHR de Dapaong », lit-on dans la lettre adressée au Premier ministre Selom Klassou par la STT.

La centrale syndicale fonde sa démarche sur le fait qu’elle a usé toutes les voies procédurales et conciliantes afin que son membre recouvre sa liberté. Mais, les juges en charge de l’affaire, Sadate Yagninim et DjimahAmidou n’entendent pas relâcher Frédérick Sanwogou. Ils prétextent que « le civil ne tient pas en l’état le pénal. Et que pour l’intérêt du service public, le tribunal doit établir coûte que coûte que la faute pour prouver qu’il n’a pas été arrêté arbitrairement ». Aussi les deux juges brandissent-ils l’argument de la satisfaction de « l’intérêt public » pour maintenir l’agent comptable en prison en usant parfois d’intimidation alors qu’aux yeux de la STT, rien ne peut encore justifier la détention de leur camarade.

Selon la Synergie des travailleurs, c’était le vendredi 02 septembre que Frédérick Sanwogou a été arrêté et jeté en prison, à la suite d’une plainte déposée par la Coopérative des « Assemblées de Dieu » (AD). « Notre camarade a obtenu un crédit de trois millions de la coopérative AD en début d’année 2016. Le crédit était tombé en souffrance, la coopérative est entrée en discussion avec lui et a obtenu un accord signé le 02 juin pour le remboursement au 31 octobre 2016 des mensualités en retard plus les intérêts », indique la STT. Mais, surprise. « Sans que l’échéance ne soit expirée, il fut convoqué à la Gendarmerie le vendredi 02 septembre pour affaire le concernant. S’étant rendu à la convocation, il fut confronté à la coopérative qui l’accuse d’avoir détourné l’objet du crédit », relève la centrale syndicale. Les responsables de la synergie font savoir que le même jour, leur camarade s’est acquitté de ses engagements envers la coopération mais a été déféré.

De plus, la Coordination a affirmé avoir entamé des démarches avec la mutuelle AD qui se sont soldées par le retrait de la plainte. « Malgré le retrait de la plainte, les juges ont refusé de le relâcher, même en liberté provisoire, raison du fait que « le civil ne tient pas en l’état le pénal. Et pour l’intérêt du service public le tribunal doit établir coûte que coûte la faute pour prouver qu’il n’a pas été arrêté arbitrairement », dénonce la STT qui a étalé les manœuvres des juges de Dapaong.

En effet, lors de la détention du comptable une audience a été ouverte le 07 mercredi septembre 2016 à l’issue de laquelle l’affaire a été renvoyée en délibéré le 12 octobre 2016. « Le 12 octobre, les juges ont repris leur intimidation sur notre camarade afin qu’il avoue avoir détourné l’objet du crédit. N’ayant pas obtenu gain de cause, ils le condamnent à 24 mois de prison dont 4 fermes et le renvoient en prison », déplore la STT qui précise qu’à la même date, leur avocat avait fait appel auprès du Tribunal de Kara, mais les juges Sadate Yagninim et Amidou Djimah ont refusé de lui transférer le dossier. Ce qui a amené la synergie des travailleurs du Togo à constater qu’en réalité, rien n’a été fait selon la déontologie judiciaire dans cette affaire et que « de guerre lasse », elle ne peut qu’utiliser la seule arme syndicale qui lui reste en annonçant le préavis de grève. En attendant, elle exige que les frais occasionnés par la défense dans le dossier lui soient restitués en intégralité, ainsi que les dommages et intérêts pour la détention arbitraire de leur camarade. Elle réclame aussi que le détenu puisse retrouver et jouir de tous ses droits professionnels.Toutefois, la STT affirme sa disposition à discuter avec le Premier ministre afin que son membre soit libéré.

Il faut tout de même observer que ce refus de la Justice de libérer le membre de la STT n’est pas gratuit. Ce syndicat est toujours dans la ligne de mire du pouvoir en place. C’est pourquoi il faut voir dans la détention de l’employé du CHR de Dapaong, une volonté manifeste du pouvoir de « punir » la STT pour l’avoir défié à travers de nombreuses revendications dont certaines ne sont pas encore satisfaites. Il faut voir également la duplicité des hommes de Dieu dans cette affaire.

icilome.com