La “diplomatie agissante” de Faure Gnassingbé a trouvé Manuel Valls

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Faure Gnassingbé aurait laborieusement travaillé sa diplomatie, à la sueur de son front, mérite une visite du chef de gouvernement français, selon le communiqué sanctionnant le Conseil des ministres du mercredi.

«Au titre des divers, le conseil a été informé des préparatifs de la visite de travail au Togo du Premier ministre français, Monsieur Manuel VALLS, du 28 au 29 octobre 2016. Cette visite, qui intervient, quelques jours après la tenue du sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique, est le fruit de la diplomatie agissante du Chef de l’Etat togolais », scande le communiqué.

Etait-ce pareil au Bénin quand François Hollande passait dans ce pays en juillet 2015, ou lorsqu’en bon élève en matière de démocratie dans la sous-région, le Ghana recevait Barack Obama en 2009 ?

Le ridicule ne tue pas au Togo ; c’est certain. Sinon, on ne s’égosillerait pas autant pour une simple visite d’un chef de gouvernement français, après que François Hollande aie soigneusement esquivé le « royaume » des Gnassingbé dans sa récente tournée en Afrique.

Mais il y aurait bien une raison pour laquelle Manuel Valls au Togo fait frisson à Lomé II. Cet homme aurait à sa disposition une machine à mesurer les présidents selon qu’ils soient démocratiquement élus ou non.
Le président gabonais Ali Bongo Ondimba l’aurait appris à ses dépens, lorsqu’en Février 2016, Manuel Valls le déclarait moins démocratiquement élu par rapport à son homologue malien Ibrahim Boubacar Keita.

L’Afrique francophone au sud du Sahara tient désormais son arbitre des élections, toujours prompte à féliciter en premier rang tel président réélu, histoire de décourager les oppositions dans ces pauvres pays qui se morfondent devant des régimes autocratiques et sans aucune pitié pour le peuple affamé.

Tapis rouge, champagnes à flots au nom de l’amitié franco-togolaise, tourisme, discours pompeux seront les grands moments d’une autre «clownerie» à Lomé demain. A la rigueur, Manuel Valls trainera derrière lui, quelques hommes d’affaires qui prendront encore en otage les ressources du Togo et c’est la minorité pilleuse qui s’en sortira victorieuse avec des rétros commissions sur les contrats.

« Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et de l’eau potable pour tous », disait Thomas Sankara. Et si Faure Gnassingbé tentait cette méthode au lieu de polir Lomé à coups de milliards, pour le plaisir de ses compagnons d’affaire sur le prétexte de visites et de sommets ?

A.L

icilome.com