La CDPA donne les raisons de son refus de participer au sommet sur la sécurité maritime

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La Convention démocratique des peuples africains (CDPA) ne sera pas présente au sommet de l’UA qu’abrite Lomé. Pour le parti, le Togo ne devrait pas organiser un tel sommet au « frais du contribuable ». Lisez plutôt !

Pourquoi la CDPA dit NON, le Togo ne devrait pas accueillir le sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique ?

Les questions de sécurité et de sureté maritimes se posent aujourd’hui avec acuité en Afrique et ailleurs dans le monde, notre parti le sait et est également conscient de l’importance de l’économie bleue dans le développement de l’Afrique.

Par contre, la CDPA ne s’inscrit pas dans la logique du régime en place au Togo depuis plus de cinquante, qui accueille actuellement, et au frais du contribuable togolais, plus de 3 000 délégués. A la CDPA, nous nous posons beaucoup des questions face à l’obstination du gouvernement à accueillir un tel sommet : à quelles fins et dans quel Togo se tiennent ces assises ? Est-ce dans ce Togo exsangue au bord de l’asphyxie qui à grand frais a maquillé ses misères et caché ses pauvres pour faire bonne figure ? Est-ce dans ce Togo endetté qui sera bientôt en cessation de paiement et peine à investir dans le social et l’emploi durable ? Est-ce dans ce Togo qui abrite des hôpitaux sous équipés qui deviennent des mouroirs ? Est-ce dans ce Togo où des élèves étudient encore dans des salles de classe construites en matériaux précaires ? Est-ce dans ce Togo où une majorité de la population est obligée de boire de l’eau ayant toutes les couleurs, mais loin d’être potable ? Est-ce dans ce Togo où les jeunes dans leur grande majorité sont confrontés au chômage et sans aucune perspective de s’en sortir ? Est-ce dans ce Togo où les populations font depuis 1990 le choix du changement démocratique, mais se voient toujours voler leurs suffrages ? Est-ce dans ce Togo où il n y a aucune perspective d’alternance face au refus du gouvernement d’opérer les réformes constitutionnelles et institutionnelles attendues depuis dix ans ? Est-ce enfin dans ce Togo où nous attendons depuis plus de 30 ans, la tenue d’élections locales, pour avoir des élus proches des populations et qui assurent le développement des localités ?

Ces interrogations nous interpellent tous ; plutôt que d’accueillir un sommet dont les retombées hypothétiques ne peuvent être qu’à long terme, il est évident que tout gouvernement responsable, aurait considéré comme prioritaire, d’apporter des solutions urgentes et durables aux préoccupations sociales des populations en vue de faire évoluer leurs conditions de vie aujourd’hui et maintenant.

Avec un tissu social aussi délabré que celui de notre pays, un gouvernement qui ne veut pas exposer ses administrés à une explosion sociale, aurait d’abord recherché la cohésion sociale en accédant aux souhaits quasi unanimes de réformes politiques et économiques.

Vu le contexte particulier du Togo, tout porte à croire que les autorités de fait de ce pays, incarnées par un président mal élu, se sont battues pour obtenir la tenue de ce sommet de l’Union africaine à Lomé, essentiellement pour s’assurer d’une légitimité à l’international, à défaut de celles des togolaises et togolais qui les rejettent massivement.

La CDPA dit haut et fort qu’elle n’est pas d’accord avec ce gaspillage de nos ressources si rares et si précieuses quand le peuple veut du pain et du boulot ! Oui, nous ne sommes pas d’accord avec cette politique de prestige qui veut faire croire au monde que tout va désormais bien au Togo, alors qu’on prive ce peuple de tout, même de l’espoir de choisir et de remercier librement ses dirigeants.

Nous revendiquons le droit à l’indignation !

icilome.com