Jean Pierre Fabre a été reçu par la délégation de Manuel Valls

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«Jean Pierre Fabre snobé par Manuel Valls», a gracieusement titré un journal la semaine dernière, arguant que le Chef de file de l’opposition se prévalant pourtant proche du parti socialiste, a essuyé un désaveu public de la part du Premier ministre français. Faux, indique indirectement un communiqué signé de la Vice-présidente de l’ANC qui fait un rapport de l’entretien entre la délégation française et les députés de l’opposition parlementaire conduite par le chef de file de l’opposition.

Bien avant la visite de Manuel Valls, Jean-Pierre Fabre a été reçu le 17 octobre au Quai d’Orsay par Monsieur Rémi Maréchaux, Directeur Afrique et Océan Indien, en présence du sous-directeur Afrique de l’Ouest et du Desk du Togo.

« A cette occasion, M. Fabre n’a pas manqué de dire à son interlocuteur que l’opposition togolaise sera très attentive aux propos de M. Valls, lors de sa visite », indique le communiqué de presse.

Selon le rapport de Me Isabelle Ameganvi, Manuel Valls a délégué des parlementaires français conduits par le Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le parlement, M. Jean-Marie Le Guen à la rencontre de l’opposition parlementaire togolaise le 29 Octobre dernier.

Jean-Pierre Fabre et ses collègues de l’opposition parlementaire, n’ont pas caché leur mécontentement au cours de l’entretien, eu égard aux propos tenus par Manuel Valls dans son interview accordé aux journaux Togolais à quelques heures de la visite.

« M. Jean-Pierre Fabre s’étonne que le Premier ministre français ait pu déclarer lors d’une allocution prononcée la veille, que le Togo change, au même moment où le Togo subit devant les instances compétentes de l’ONU à Genève, l’Examen Périodique Universelle (EPU). Au moment où Amnesty International tire la sonnette d’alarme sur le Togo et demande qu’au cours de cet EPU, il soit exigé du Togo qu’il respecte les recommandations formulées en matière de libertés publiques », lit-on dans le texte.

L’occasion a été pour le Chef de file de l’opposition de dépeindre la situation sociopolitique qui n’est nullement étrange à la France. Une situation caractérisée par les violations de ses propres engagements par le régime UNIR avec l’appui de la majorité parlementaire en occurrence le refus obstiné d’organiser les élections locales ou de mettre en œuvre les recommandations de l’Accord Politique Global (APG), un engagement politique obtenu sous l’égide de la France.

Les autres députés parlementaires ont abondé dans le même sens que Jean Pierre Fabre, avouant être « “choqués d’entendre sur les ondes le Premier Ministre Manuel Valls affirmer que le Togo change dans le bon sens” alors qu’il est notoire que tout est mis en œuvre pour le maintien au pouvoir de la dynastie Gnassingbé, par le verrouillage du système électoral et l’instrumentalisation des institutions au profit de cette dynastie. De toutes façons, ajoutent-ils, si le Togo change, cela se verra et se constatera, il ne sera pas nécessaire de le dire », soutien le communiqué.

Devant ce lot de frustrations, la délégation française n’a que esquivé les indignations, estimant que « la France ne veut pas s’immiscer dans les affaires du Togo et que selon lui, M. Valls n’est pas venu au Togo pour apporter son soutien au pouvoir en place ni se substituer aux populations togolaises qui doivent prendre leurs responsabilités ».

Comment le peuple peut-il prendre ses responsabilités si cette France “colonialiste” ne cesse de s’embourber avec le régime en place, cautionnant le tripatouillage des élections ?

A. Lemou

icilome.com