Internet : Vers un nouveau coup de bluff du gouvernement ?

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Dans un pays normal, les consommateurs se réveilleraient ce vendredi avec un ouf de soulagement, convaincus qu’avec la décision prise en Conseil des ministres de jeudi, c’est une nouvelle ère qui s’annonce. Mais bien conscients qu’ici “c’est Togo”, où les communiqués assortis des Conseils des ministres restent de simples communiqués, les Togolais sont restés tout simplement indifférents.

Et pourtant, le Conseil des ministres réunis ce 24 Novembre, a décidé de la mise en œuvre du Programme Régional Ouest-Africain de développement des infrastructures de communication (WARCIP) à travers la création d’une Société d’Infrastructures Numériques (SIN).

La SIN devra, selon le gouvernement, vivre et rouler rien que pour les besoin du WARCIP en termes d’actifs stratégiques de télécommunications. La société est étatique, car le gouvernement étant l’unique actionnaire grâce au financement de 30 millions de dollars soit 17,410 milliards de francs CFA, octroyés par la Banque Mondiale.

La retombée directe de cette initiative sera « l’amélioration de la connectivité Internet du pays, la baisse des prix d’accès à l’Internet et la mise en place d’un environnement favorable pour le secteur de l’économie numérique », selon les mots du gouvernement. On peut par ricochet ajouter la création d’emploi dans le secteur informatique et télécoms, une façon d’exploiter à toute aise, ces techniciens informatiques et ingénieurs télécoms, devenus gérants de cybercafés par la force des choses.

Si la Banque Mondiale ambitionne valoriser l’interconnexion entre les pays en Afrique de l’Ouest, une ambition d’ailleurs concrétisée par le financement, il n’est pas évident que les “politicards togolais” aient l’amabilité d’infliger une cure d’amaigrissement à leur « cupidité légendaire », celle de garder tout dans leurs poches et de servir une carrosserie peinte au peuple avec un moteur vétuste.

Tristement, la politique togolaise est réputée pour ses projets frappants, ses décisions bling bling en Conseil de ministre et ses déclarations de bonnes intentions qui ne deviennent jamais réalité.

De la fibre optique au Warcip, en passant par les 3G et 4G des réseaux mobiles, les promesses ou « flatteries » des gouvernants ont évolué le long d’une décennie, mais la connexion internet est restée la même : Très médiocre au coût exorbitant.

Voilà qui a fait des consommateurs, des « Saints Thomas ». Désormais, il faut voir avant de croire.

A. Lemou

icilome.com