Insécurité grandissante : les ministres de sécurité de l’Entente proposent des mesures de lutte régionale

22

Les rideaux sont tombés vendredi sur la première réunion annuelle des ministres de la Sécurité et des Frontières du Conseil de l’Entente. Les cinq ministres du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Niger et du Togo et le Secrétaire exécutif du Conseil de l’Entente se sont retrouvés pour réfléchir sur un sujet qui tient à cœur à toute cette communauté : la sécurité individuelle, gage de la sécurité nationale voire régionale.

Cette première réunion fait suite à celle des experts de la sécurité, qui se sont réunis mercredi et jeudi pour réfléchir sur l’insécurité grandissante qui règne dans les cinq pays du Conseil de l’Entente. Au sortir de leur réunion, des recommandations ont été faites. Recommandations qui ont été remises aux ministres vendredi.

Après les échanges, le constat est clair : les défis sécuritaires sont semblables d’un pays à un autre avec des spécificités propres à chaque pays. Trois des pays de l’Entente, le Burkina, la cote d’Ivoire et le Niger ont été attaqués et le sujet devient préoccupant.

Le terrorisme, les trafics de tout genre (êtres humains, armes à feu, drogues, etc.), la cybercriminalité, le crime transnational organisé, sont autant d’actes d’insécurité rencontrés dans ces pays. Le phénomène n’est plus circonscris.

« Dans nos prisons, vous allez vous rendre compte qu’il y a plusieurs nationalités. Cela veut dire que les malfaiteurs s’organisent. Ils sont de plusieurs nationalités et s’organisent pour commettre des forfaits », a expliqué Yark Damehame, ministre togolais de la Sécurité.

La délimitation des frontières terrestres et maritimes demeure encore un problème dans les Etats membres. Ce que confirme Patrice Kouame, Secrétaire exécutif du Conseil de l’Entente. « Il demeure des conflits de délimitations et de matérialisation des frontières. Il y a des conflits de frontières entre des pays qui se résolvent à la Cour internationale de justice. Ces conflits se posent entre des pays membres du Conseil de l’Entente d’une part et d’autre part entre les pays de l’Entente et d’autres qui ne font pas partie de l’espace », a-t-il fait remarquer.

Des mesures à adopter dorénavant…

Les ministres ont pour leur part demandé au Conseil Exécutif du Conseil de l’Entente d’adopter une politique de délimitation et de matérialisation des frontières de l’espace de l’Entente et d’un programme de mise en œuvre. Une mutualisation des efforts avec les organisations sous-régionales (CEDEAO, UEOMOA, G5 SAHEL) pour la mise en œuvre de ces recommandations.

A la conférence des Chefs d’Etats et de gouvernements du Conseil de l’Entente, il propose la création d’une plateforme d’échange d’informations entre les services de sécurité des Etats membres. Une sécurisation dans la production des documents de voyage et d’identité, la mutualisation des moyens et des forces des Etats membres, etc.

Ces recommandations seront soumises début janvier au Conseil Exécutif du Conseil de l’Entente et ensuite à la Conférence des Chefs d’Etats.

Le Conseil de l’Entente est créé le 29 mai 1959. Il regroupe 5 Etats à savoir le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Burkina, le Niger et le Togo. Faure Gnassingbé en est le président en exercice.

Magnim

icilome.com