Hôtel de la Paix : Après Malou Tchamdja, Awade Essozimna ou le 61e décès dans les rangs des ex-agents

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Hôtel de la Paix : Après Malou Tchamdja, Awade Essozimna ou le 61e décès dans les rangs des ex-agents

Awade Essozimna, est un ex-agent de l’Hôtel de la Paix. Il était, jusqu’en 2006, cessation définitive des activités de ce fleuron de l’hôtellerie togolaise, « Maître d’Hôtel ». Depuis quelques jours, il a rendu l’âme à la suite d’une « petite crise », selon ses proches. Il vient ainsi rallonger la longue liste macabre des ex-agents de cet hôtel qui ont quitté ce monde dans une grande misère. Ils étaient 190 agents en 2006, quand, après quelques années d’agonie, l’hôtel a fini par fermer boutique et les installations d’eau et d’électricité ont été retirées par différentes sociétés.

Et pourtant, depuis dix ans, aucune note de licenciement n’a été signifiée au personnel. Ils sont abandonnés à eux-mêmes, et l’un après l’autre, rendent l’âme dans des conditions décrites par leurs proches comme étant très précaires.

Depuis le début des problèmes de l’hôtel, le personnel a pu se rendre à Pya, chez feu Eyadema Gnassingbé, pour solliciter son intervention afin que l’état réinvestisse dans la réhabilitation dudit établissement. Ce dernier aurait promis venir lui-même visiter les locaux, avant de quitter ce monde quelques mois plus tard, sans avoir pu honorer son engagement.

Mais depuis 2006 que les compteurs de l’eau et de l’électricité ont été démontés, le personnel est sans nouvelles des premières autorités du pays. En vain ils ont souhaité rencontrer Faure Gnassingbé. Selon les informations, ce dernier les aurait confiés à son conseiller Koffi Sodokin, qui à son tour dit avoir fait ce qui était de son ressort, c’est-à-dire un rapport à qui de droit. Il y a dix ans, ils avaient pu rencontrer aussi l’ancien ministre Dosseh-Anyron, sous lequel les activités se sont définitivement arrêtées. Depuis, plus aucun ministre n’a plus voulu d’eux. Selon eux, toutes les demandes d’audience à l’endroit des successeurs de Dossey-Anyron sont restées lettre morte. C’est le cas de l’actuelle ministre en charge du secteur, Léguezim Balouki qui les éviterait depuis qu’elle est arrivée à ce poste.

Il y a quelques semaines seulement, Malou Tchamdja, ex-directeur commercial de l’hôtel, avait rendu l’âme. Ses anciens collègues ont tenté d’attirer l’attention des autorités sur leur situation en organisant une manifestation. Il était la 61e personne à rendre l’âme parmi le lot. Awade Essozimna, qui vient de rendre l’âme à son tour, faisait partie des manifestants. Il espérait que le sort de leur ancien directeur interpelle la conscience des autorités pour leur venir au secours. Sans le savoir, il passait ses derniers instants aux côtés de ses anciens collègues.

« Ils nous ont demandé de faire l’état de nos droits jusqu’en 2008, ce que nous avions fait. Nous sommes en train de mourir à petit feu, nos familles sont dans une détresse profonde. Même s’ils décident de nous payer par tranche, qu’ils veuillent nous payer juste une partie, nous sommes prêts et ouverts aux propositions. Mais personne ne nous regarde. Nous ne comprenons pas pourquoi, après avoir travaillé pour le pays, on nous laisse mourir comme cela et personne ne veut nous rencontrer», se désole un ex-agent.

Maxime DOMEGNI

icilome.com