Grogne au garage central : Les chauffeurs refusent 40 000 FCFA et crient leur ras-l-bol

206

Ils sont au total 327 chauffeurs recrutés dans tous les secteurs, des coins et recoins du pays, pour conduire les délégations étrangères lors du sommet sur la sécurité et la sûreté maritimes. Depuis le 29 Août, ils ont dû abandonner leurs postes et se mettre à la disponibilité du ministère en charge des Transports, et ce jusqu’à la semaine décisive du 10 au 15 octobre, période au cours de laquelle ils ont valablement servi dans le compte du sommet de Lomé. L’heure est aux comptes et malheureusement, le travail est bon, mais la rémunération est humiliante. 40 000F CFA pour près de deux mois de formation et de travail pour le compte du gouvernement.

Dans les locaux du garage central ce matin à Lomé, l’atmosphère était très électrique. Ces chauffeurs qui se sont donné pour mettre à l’aise ces délégations étrangères lors de leur déplacement, se sont vus attribués des sommes de 40 000 F CFA chacun. Pour eux, c’est une humiliation.

« Depuis le 29 Août, nous avons été appelés à la formation. Ils nous ont rôdés à nos propres frais. Ils ont dit que la formation sera payée, sans compter la rémunération elle-même pour le travail accompli durant la semaine du 10 au 15 Octobre. A notre grande surprise, on nous tend 40 000F CFA », s’est indigné un chauffeur sur les lieux.

Et un autre de renchérir : « C’est les poches vides que nous avons suivi la formation. Parfois, ils nous trimbalent ici et là. On peut t’appeler et te demander de te rendre à la gendarmerie de Zanguéra. Les charges de déplacement nous revenaient. Nous tendre 40 000F CFA après tout ce travail abattu, ce n’est pas sérieux ».

Mieux, les chauffeurs révèlent que pour certains dans le lot, les costumes alloués étaient insuffisants et qu’il leur aurait été demandé de s’acheter ces costumes eux-mêmes pour un remboursement après. « Moi je me suis endetté à hauteur de plus de 50 000F CFA pour ce costume », révèle un autre chauffeur.

Et plus loin, d’autres ont été remercié par leur employeur pour les permissions et absences répétitives dans la ferveur des préparatifs et de la formation pour le sommet.

« Moi, je viens de recevoir un courrier de remerciement au niveau de mon service. Je suis dans le secteur privé », S’est plaint un autre. Il dit n’avoir rien pour assurer la rentrée scolaire de ses enfants, et les 40 000F CFA sont comme une goutte d’eau dans la mer.

Pendant que certains boudent, d’autres se sont mis en file pour percevoir la somme. « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras. On prend et on revendique quand-même », disent-ils.

Dans cette atmosphère, un impressionnant dispositif de la gendarmerie a été déployé au garage central et le chef de l’Unité s’est voulu rassurant : « Nous ne sommes pas venus pour vous frapper, nous ne sommes pas non plus venus pour vous violenter… nous sommes là pour protéger les institutions de l’Etat et le personnel en danger », a-t-il confié tout en suggérant aux manifestants de mener leur mouvement dans le calme et sans la violence. « Quand on a raison, il faut savoir l’exprimer sinon vous prenez le tort », a martelé le chef de l’Unité de gendarmerie.

Les chauffeurs persistent et signent que depuis le 29 Août qu’ils ont été convoqués pour ce parcours de combattant, un secret a été entretenu autour de leur salaire, malgré leurs interpellations incessantes sur le sujet.

Approché, le Lieutenant-colonel Tchacorom Kodjo Gitcha Ado, Directeur Général du Garade central, n’a pas souhaité donné une version officielle sur le sujet. Il a juste regretté l’attitude des chauffeurs, estimant que c’est dans le calme et la sérénité que tout peut se régler. Il n’a pas non plus voulu nous révéler le montant alloué pour la rémunération des chauffeurs. Pourtant, ces derniers estiment à plus d’un milliard la somme allouée à leur formation et rémunération.

Le lieutenant-colonel Tchacorom s’inscrit en faux contre ces rumeurs sans toutefois communiquer le montant exacte du budget.

Pour les chauffeurs, même les hôtesses auraient engrangés plus de 150 000F CFA. Ils ne comprennent pas pourquoi on leur tend seulement 40 000F CFA qui ne peuvent même pas combler leurs dépenses de déplacement et de manger ?

Le sommet de Lomé n’aurait pas les mêmes retombées à tous les niveaux. Pendant que de gros morceaux s’arrachent ailleurs, avec des surfacturations énormes, on tend des miettes à ceux qui ont risqué leur durant ces six jours.

Nous y reviendrons.

A.L

icilome.com