Faure Gnassingbé, indifférent. Totalement.

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« L’estime et l’affection des grands s’épuisent tellement entre eux et pour eux-mêmes, qu’il ne leur reste plus pour les autres que le mépris ou l’indifférence » – Joseph Sanial-Dubay

Au Togo, le régime en place depuis 50 ans n’éprouve aucun besoin de rendre compte au peuple de la politique qu’il conduit prétendument en son nom. Pour toutes les situations, Faure Gnassingbé et ses apparatchiks se murent dans un silence sépulcral qui frise le mépris pour les Togolais.

Faure Gnassingbé, indifférent. Totalement.

Depuis un mois, le scandale « Panama Papers » défraie la chronique dans le pays. Le confrère « L’Alternative » avait publié, avec l’appui du Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ) et ANCIR, une enquête sur l’évasion fiscale en vogue au sein de la cimenterie Wacem-Fortia par les magnats indiens Siva Rama Vara Prasad Motaparti et Manubhai Jethabhai Patel et des complices togolais dont le Premier ministre Selom Klassou,  des membres du gouvernement et des directeurs de société d’Etat. L’enquête a mis au grand jour comment les Indiens et leurs complices font évaporer leurs revenus dans des paradis fiscaux à travers un réseau de sociétés-écrans créées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca, aux Iles Vierges britanniques.

Depuis un mois, les médias n’ont cessé de parler de ce scandale qui suscite l’indignation dans l’opinion. Tout le monde en parle sauf le gouvernement qui n’a daigné se prononcer sur cette affaire. Faure Gnassingbé et les siens se sont emmurés dans un silence sépulcral en espérant qu’avec le temps, le scandale s’estompe de lui-même. Et la vie continue. La mal gouvernance chronique et l’impunité aussi. Ils n’ont aucune marque de considération pour les Togolais et les privent du devoir élémentaire de rendre compte.

Trois mois plus tôt, un autre scandale lié à l’affairisme et l’enrichissement illicite au sommet de l’Etat avait éclaboussé la minorité qui pille les richesses du pays comme le reconnaissait Faure Gnassingbé lui-même. La presse avait en effet révélé comment des membres du gouvernement et directeurs de sociétés d’Etat se servaient de l’Etat pour des enrichissements personnels en disposant des actions dans la société Lomé Catering/Servair et où ils se partageaient grassement des dividendes. Comme toute réponse à ces révélations, le gouvernement a opposé un silence assourdissant.

A propos des flux financiers illicites, ce n’est pas la première fois que le pouvoir de Faure Gnassingbé est épinglé. En Afrique, le Togo est malheureusement le pays le plus affecté par ce fléau. Tous les rapports le confirment. En juin 2015, le think tank américain Global Financial Integrity (GFI) en avait dévoilé les chiffres. Et sur les 42 pays africains, le Togo est le plus affecté par les flux financiers illégaux qui atteignent une valeur représentant 76,3 % de son PIB, 2435,9 % de son budget en matière d’éducation et 1088,7 % de son budget de santé.

La même ONG avait révélé en 2013 qu’entre 2005 et 2011, soit le premier mandat de Faure Gnassingbé, 8233 milliards FCFA avaient été frauduleusement sortis du Togo, dont 2235 milliards pour la seule année 2008.

La pratique de l’évasion fiscale en fait consiste à publier de faux chiffres d’affaires par les entreprises étrangères qui opèrent au Togo afin de payer le moins d’impôts possibles. Et elles rapatrient dans leur pays d’origine un maximum de profits en mettant en place un système de fausses facturations, ce qui prive notre pays de multiples ressources issues des taxations. Comme c’est le cas avec Wacem. On peut aisément se demander combien le port autonome de Lomé et les mines par exemple rapportent aux Togolais.

Pour tous ces scandales et révélations, la seule réponse du pouvoir de Faure Gnassingbé a été son mépris envers les Togolais…

Source : Médard Amétépé, Liberté

27Avril.com