Faure Gnassingbé au ministère de la Défense depuis 7 ans

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Depuis l’éviction de son demi-frère Kpatcha Gnassingbé en 2009, Faure Gnassingbé a repris en main le ministère de la Défense. Et pourtant, les journaux titraient gracieusement à l’époque : « Faure à la Présidence et Kpatcha à la défense».

On compte 7 années déjà que des officiers supérieurs se sont succédé à l’Etat-major général. De toute évidence, des hommes de main, digne de confiance de la part du président, mais pas assez pour finir leur course au ministère de la Défense.

En dépit de son privilège de commandant suprême des Forces Armées, Faure Gnassingbé, sans aucune entrave à la loi, s’est donc arrogé le ministère de la Défense et des Anciens Combattants.

Entre voyages interminables, consécrations religieuses, regards serré et rapproché sur son bébé politique (le parti UNIR), il donne de temps en temps un coup de balai dans son ministère de la Défense, comme ce fut le cas la semaine dernière en Conseil de ministres :

« Le premier décret adopté par le Conseil des ministres porte organisation et fonctionnement du ministère de la Défense et des Anciens combattants. Ce décret précise les grandes lignes de la mission assignée au ministère de la Défense et des Anciens combattants, et le restructure pour lui donner les capacités indispensables au pilotage efficient de l’institution militaire, à la lumière des objectifs qui lui sont fixés dans le cadre de la refondation », lit-on dans le communiqué du gouvernement.

Le même jour, trois autres décrets consacraient le Colonel Sogoyou Kpatcha, les capitaines de vaisseau Mayo Kossi et Neyo Takougnadi respectivement chef d’Etat-major de l’Armée de terre, Chef d’Etat-major de la marine nationale et Préfet maritime.

On n’en saura probablement plus sur cette «organisation et fonctionnement» dans ce fameux ministère qui coûte 48 637 548 000 de F CFA au contribuable, soit presque 5% du budget national (2016), selon un rapport publié par l’association “Veille économique”.

En dépit de la défense, il faut reconnaître de les Forces armées participent énormément dans d’autres secteurs comme dans la santé et l’éducation.
Les 48 milliards incluent-ils réellement les frais de missions, les équipements, la formation et consort ? Il faut bien être dans le secret des dieux pour le savoir.

Mais comparé à la sécurité et à la protection civile, l’écart est énorme : 12 666 651 000 F CFA pour la sécurité, soit 2 milliards de moins que le budget de la Présidence.

On comprend pourquoi, le Colonel Yark aurait toutes les difficultés du monde à assurer la protection civile avec les moyens conventionnels comme il se doit, avec des balles tirées en l’air qui reviennent dans l’abdomen des populations.

C’est d’ailleurs logique : là où Yark Damehame dandine, on appelle le ministère de la Défense en renfort, c’est-à-dire Faure Gnassingbé lui-même.

A.L

icilome.com