EPU : Ces contrevérités de la délégation togolaise à Genève

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Et dire qu’il n’y a qu’un seul Togo, peint en or par les « commerçants politiciens » qui masquent les réalités déconcertantes pourrissant l’existence au peuple. Pius Agbetomey et son équipe devant les autres Nations du monde à Genève, soutiennent dur comme fer, que “le renouvellement des institutions au Togo” est une réalité.

Le Togo a présenté son rapport sur la situation des droits de l’Homme dans le pays le 31 Octobre dernier à Genève, dans le cadre du 2ème Examen Périodique Universel (EPU). Pour l’occasion, les émissaires de Faure Gnassingbé ont travaillé plusieurs mois, avec le soutien d’experts, histoire de pondre un rapport taillé sur mesure.

Mais fallait-il, avant tout, broder à la perfection une déclaration liminaire puisqu’avant de se plonger dans les profondeurs d’un lourd rapport, le comité international à Genève devrait d’abord s’appesantir sur le discours en résumé.

« Au plan politique et institutionnel, nous pouvons affirmer que la démocratie est en marche ; l’indépendance, la vitalité et la force des institutions de la République sont une réalité avec notamment le renouvellement régulier des institutions de la République comme précisé dans notre rapport », ont-ils argumenté devant le comité le 31 Octobre dernier.

Donc, la démocratie est en marche au Togo avec à la clé « le renouvellement régulier des institutions de la République ». Pourtant, les dernières élections municipales datent de 1985 avec des présidents de délégations spéciales à vie. A quand les prochaines élections Locales et municipales ? À quand la décentralisation ? Ils ne sont pas loin de marquer dans leur rapport que c’est chose faite ! Passons !

De quelles institutions parle-ton réellement dans le rapport du Togo à l’EPU ?
En Mars dernier, Faure Gnassingbé soutenait à la même tribune à Genève : « Nous avons pris les mesures nécessaires avec hardiesse pour l’enracinement des droits de l’Homme dans toutes les sphères de la vie de notre peuple. Que ce soit, la refonte de l’arsenal juridique national pour intégrer les instruments normatifs internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Togo, la liberté d’expression, d’association et de manifestation, l’organisation d’élections crédibles, transparentes sans violence, l’incrimination de la torture sous toutes ses formes, la protection des minorités, notamment les enfants, les femmes, les personnes handicapées et âgées ».

Un semestre plus tard, son équipe s’y retrouve, obligée de glaner entre mensonges et quelques timides chantiers ébauchés çà et là, pour en faire un vibrant rapport scandé par Pius Agbetomey à s’en rompre les cordes vocales.

Les femmes accouchent à même le sol dans les hôpitaux publics, le droit des populations aux soins de santé de qualité n’est qu’un rêve utopique et ce n’est pas par manque de moyens, puisque le Togo a pu, en un temps records, mobiliser les véhicules les plus luxueux du monde pour accueillir l’Afrique, lors du sommet sur la sécurité maritime, à coût de milliards.

Même en plein cœur de la capitale, l’eau potable est un luxe. Il faut veiller la nuit pour espérer voir le robinet de la TDE cracher quelques gouttes d’eau. L’électricité n’en parlons plus… Une réalité en déphasage avec les statistiques incongrues à longueurs de discours.

Les enfants, les élèves, pour ceux qui ont de la chance, étudient dans des poulaillers, servant d’écoles avec des effectifs pléthoriques.

Quand on dégage les rues avant tout passage, quand on se terre dans les voyages diplomatiques récurrents, quand on s’enferme dans une tour d’ivoire loin des réalités que vivent les populations, c’est bien ce qu’on peut pondre comme rapport, tout en sachant que c’est une “minorité qui accapare les richesses du pays”.

Dans tous les cas, il n’échappe à personne au Togo, même les proches du régime, que ce sont des contrevérités qu’on a servi aux partenaires à Genève. Et dire que la francophonie a été mise à contribution, dans la rédaction de cette paperasse !

A.Lemou

icilome.com