Eperviers : Les leçons d’un stage compliqué

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Le stage des Eperviers à Tunis, en prélude à la phase finale CAN Gabon 2017, a pris fin mardi dernier. Pour les uns, le bilan est médiocre, pour les autres, il est mitigé. Pour d’autres encore, la bande à Claude Le Roy doit tirer les enseignements de leur passage dans la capitale tunisienne.

Après les deux rencontres amicales du mois d’octobre dernier au stade de Kégué, les Eperviers et leur staff technique ont mis le cap sur Tunis pour un stage tel que planifié par le sélectionneur national. Si une fois sur place, les Eperviers ont fait face au problème d’équipements inadaptés à la température basse de la ville, rapidement tout est rentré dans l’ordre et le programme concocté pour la circonstance a été exécuté.

La désillusion

Si les Eperviers avaient pris le meilleur sur les Cranes de l’Ouganda et les Mambas de Mozambique en octobre dernier dans leur antre à Kégué, l’objectif a priori n’était pas la victoire, mais les comportements des joueurs par rapport aux schémas de jeu proposés par le technicien Breton. Tant mieux, s’il y a eu les victoires au bout. D’ailleurs, elles ont renforcé le groupe et créé une autre dynamique dans le nid des Eperviers.

Le match test contre les Cœlacanthes des Comores le 11 novembre dernier au stade El Menza de Tunis était considéré comme une sorte de plat d’entrée avant celui de résistance contre les Lions de l’Atlas quatre jours plus tard à Marrakech. Mais les choses ont mal tourné, avec à la clé, une piteuse prestation du capitaine des Eperviers et ses coéquipiers. Emmanuel Adébayor dit lui-même qu’il a « honte » de leur prestation. Le nul 2-2 est donc flatteur et montre en réalité que le chantier de reconstruction reste entier à deux mois de la phase finale de la CAN.

Contre le Maroc à Marrakech, bien que battus en fin de compte 1-2, les Eperviers se sont mieux comportés. On les a sentis plus impliqués et déterminés à faire mieux que contre les Comoriens. Le stage de Tunis prend donc fin sur une note décevante, estiment les observateurs du football.

Les enseignements

« L’histoire est l’école des grands hommes », répétait de son vivant l’historien Atsutsè Agbobli. Quoique les uns et les autres disent en ce qui concerne la nature du bilan du stage de Tunis, il y a des leçons à retenir pour peu que les acteurs impliqués fassent preuve de modestie et reconnaissent qu’il y a eu des erreurs, de mauvaise appréciation.

Le piteux nul des Eperviers contre les cœlacanthes, a révélé qu’il existe un malaise qui pollue l’ambiance au sein des joueurs. En témoignent les déclarations d’Emmanuel Adébayor sur une radio privée de la place le samedi 12 novembre dernier, le lendemain donc de la rencontre contre les Comores. « Nous sommes dans un groupe et chaque joueur a ses affinités », confiait-il.

Et d’ajouter : « Moi, j’ai pris le temps de parler du match contre les Iles Comores avec les coéquipiers avec qui je m’entends très bien, notamment Agassa Kossi, Sadate, Mamah Gafar. Ce matin (samedi matin, NDLR), j’en ai aussi parlé un peu avec Serge Akakpo ». Il suffit de lire entre les lignes ces propos pour s’en convaincre.

Certes, des clans se sont formés au sein des Eperviers depuis qu’un joueur s’est pris pour le centre du monde, à qui personne ne peut manquer du respect – suivez nos regards-. Si les clans subsistent jusqu’à ce qu’on en parle encore à deux mois de la CAN 2017 alors que Claude Le Roy régente son groupe, étouffe toutes velléités contestataires, cela veut dire que la fracture est plus profonde que les gens ne l’imaginent.

Il faut impérativement qu’une solution soit trouvée au problème de désamour entre les joueurs le plus rapidement possible. La sélection nationale n’est pas aussi solide, compétitive pour que des joueurs puissent se permettre le luxe de ne pas se parler entre eux librement, à tout moment.

Jusqu’aujourd’hui, beaucoup ne comprennent pas la portée du match amical entre le Maroc et le Togo, deux adversaires directs de la phase finale. Comment gérer alors la psychologie des Eperviers contre les Lions de l’Atlas, avant et pendant la confrontation du 20 janvier 2017 à Oyem au Gabon ?

Le stage de Tunis a montré aussi que le staff technique a voyagé avec des joueurs blessés. Surtout que c’est un rendez-vous de matches tests, pourquoi avoir invité des joueurs indisponibles alors qu’il y a d’autres qui pouvaient faire l’affaire ?

Maintenant que les yeux sont rivés sur Dakar, au Sénégal, où les Eperviers installeront leur base pour un autre stage pendant deux semaines, il est important que la Fédération togolaise de football, le staff technique voire les joueurs tirent les enseignements de ce qui s’est passé à Tunis et à Marrakech.

A.H.

icilome.com