Encore du Tata Cina !

296

« Quand on est prodigue de promesses, on a aussi la même facilité pour ne plus s’en souvenir » – Pierre-Claude-Victor Boiste

Une amende de 2000 dollars, soit un (01) million FCFA, a été infligée par la CAF à la Fédération togolaise de football (FTF) le 04 septembre dernier, à l’issue du match Togo-Djibouti comptant pour les éliminatoires de la CAN 2017 au Gabon. La raison de cette sanction est aussi loufoque que farfelue : défaut de connexion Internet au stade de Kégué où s’est disputée la rencontre. La CAF a relevé le manque de connexion Internet dans les vestiaires et dans la salle du commissaire au match, empêchant ce dernier d’envoyer le rapport avant match.

Encore du Tata Cina !

Ce fait cocasse et honteux est assez révélateur de la défaillance de la connexion au réseau Internet au Togo. On se croirait encore au temps des Pharaons. Tout le monde le dit et s’en indigne, sauf Cina Lawson qui ne s’en émeut guère. Pourtant, elle est diplômée de Harvard et a fait carrière à la Banque Mondiale. On se demande si c’est dans ces conditions aussi piteuses qu’elle a travaillé.

Cette étrange sanction aurait pu être évitée si les gouvernants étaient à l’écoute de leurs peuples et prennent en considération leurs préoccupations élémentaires. Malheureusement la voix des Togolais n’a jamais compté pour ceux qui trônent au sommet de l’Etat.

Le secteur des télécommunications est sinistré. Accès limité, coût extrêmement élevé, interruption intempestive, lenteur indescriptible, baisse permanente, etc. autant de maux dont souffre la connexion Internet au Togo. Elle n’est en fait réservée qu’à la minorité de Lomé II. Le Fonds Monétaire International (FMI) a toujours révélé dans ses rapports que les coûts des services de télécommunications au Togo sont parmi les plus élevés au monde et l’accès encore limité, souffre de fréquentes interruptions.

La Banque Mondiale, elle, avait accordé à notre pays un prêt de 30 millions de dollars destinés à renforcer la connectivité à travers la réalisation du Programme régional ouest africain de développement des infrastructures de communications (WARCIP). Le Togo avait promis, dans le cadre de ce programme, de construire un Data Center qui fournira une connexion de très haut débit et de très haute disponibilité à Internet, une infrastructure (serveurs, alimentation, refroidissement), des services mutualisés à des opérateurs en colocation. Les Togolais ne verront jamais la couleur de ce fameux centre d’hébergement (Data Center).

Au lieu d’œuvrer pour que les Togolais aient accès à Internet haut débit, la diplômée de Harvard passe son temps à faire des promesses qu’elle ne tient jamais. Tant et si bien que plus aucun Togolais ne croit à sa parole. Il semble que cette fois, l’égérie de Faure Gnassingbé serait décidée à prendre en compte les recommandations des institutions internationales, le FMI et la Banque Mondiale de libéraliser le secteur des télécommunications afin de donner une chance au pays de saisir les opportunités dans ce secteur.

D’après l’Agence Ecofin, le gouvernement a lancé le 7 octobre 2016, un appel à manifestation d’intérêt pour l’octroi de deux nouvelles licences pour la fourniture de l’accès à Internet. A en croire Cina Lawson, initiateur de l’appel à manifestation d’intérêt, l’objectif derrière ces nouvelles licences est la transformation du marché Internet national et l’élargissement par les deux FAI qui seront retenus de l’offre de service et la chute des coûts.

Encore Cina Lawson ? Se demanderont les Togolais. Espérons que cette fois soit la bonne. Elle avait déjà annoncé avec tambour et cymbale que des appels d’offres avaient été lancés  pour son truc d’opérateur de réseau mobile virtuel (MVNO) ainsi que pour l’octroi de licence à un troisième opérateur de téléphonie mobile avant de faire un revirement à 180° degré.

Source : Médard Amétépé, Liberté

27Avril.com