Elles trient le riz pour 14 FCFA le kilogramme

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Elles n’ont pas de répit. De leurs mains habiles, sort le riz de qualité et propre à la consommation. Elles, ce sont les femmes trieuses de riz au sein de l’Entreprise Services et Organisations des Producteurs (Esop) à Nostè. Leur métier c’est trier et mettre à côté des petits cailloux ou sons (déchets) de riz qui ont échappé à la machine.

Nostè, ville qui abrite l’une des usines de l’Entreprise Services et Organisations des Producteurs (Esop), transformatrice du riz togolais. A l’entrée, l’on est accueilli par une odeur naturelle de riz. Plus loin, sous un grand hangar, un attroupement de femmes dont l’âge est compris entre 25 et 50 ans, voire plus.

Foulards à la tête, cache-nez et un T-shirt à l’effigie du riz qu’elles s’acharnent à rendre propre, le Riz Délice, chacune a devant elle une grande bassine de riz, un plat entre les mains, l’échine courbée et les yeux rivés, occupées à fouiner dans le riz. Ces ouvrières sont en moyenne 20 à travailler tous les jours au sein de cette usine.

Elles n’ont pas un contrat fixe avec l’entreprise, mais sont payées par rapport au travail accompli. Le tri d’un kilo est à 14 FCFA. Ainsi le sac de 25 kg fait 350 FCFA. Il faudra trier au moins 4 sacs de 25 Kg pour avoir 1400 FCFA par jour, et c’est l’objectif de chacune d’elle. Trier en moyenne 100 Kg pour repartir avec 1400 FCFA. Samiré, la trentaine, l’une des trieuses parle de son expérience.

« Je travaille ici il y a peu. Et grâce aux petits revenus j’arrive à aider mon mari au foyer. J’ai deux enfants dont j’en prends soin. J’épargne mon argent dans une tontine qui l’a malheureusement emporté, mais je continue quand même à faire des économies. J’arrive à faire mes 100 kg par jour parfois plus quand le riz n’est pas trop sale », explique-t-elle souriante.

L’une de leur inquiétude est la fatigue surtout des maux d’yeux qu’elles ont souvent, puisqu’à longueur de journée, elles n’exercent que cette activité. Assises toute la journée, c’est leurs colonnes vertébrales qui en font les frais.

« C’est vrai, c’est un travail fatiguant surtout avec mon âge avancée. Mais cela m’occupe et éloigne de moi l’oisiveté. Je gagne aussi de l’argent, c’est déjà aussi bon », raconte une autre dame, la soixantaine dépassée.

Cette usine installée dans le quartier Lomnava à Notsè, n’occupe pas uniquement que les femmes. Des jeunes gens également y travaillent. Même si dans peu de temps, la trieuse colorimétrique fera le travail à la place de ces dames, le Chef Projet de l’ONG ETD qui dirige cette Esop rassure qu’elles ne vont pas se retrouver à ne rien faire. Un autre objectif de l’Esop est de créer de l’emploi aux populations dans les communautés où elles sont installées.

Magnim

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