Discrimination culturelle au sommet de l’Etat togolais : Pour Faure Gnassingbé, les Evala sont plus importants que les autres fêtes traditionnelles au Togo.

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A chaque fois qu’on touche ces points sensibles de « l’esprit nouveau », les morveux se mettent dans tous leurs états. Ils voudraient bien qu’on évite d’aller sur ces genres de terrains, mais voilà que leur idole n’arrive pas à s’empêcher de donner du grain à moudre au moulin de ses détracteurs (sic)

On a toujours rebattu les oreilles des Togolais que Faure Gnassingbé est le garant des us et coutumes du Togo.La même chose se disait de son défunt père. C’est l’héritage de qualificatifs ronflants. Ainsi donc, à chaque fête traditionnelle ou événement culturel, qu’il soit présent en chair et en os et c’est très rare, si ce n’est des Evala où il se fait représenter, il ravit la vedette à la fête elle-même. On s’arrange toujours pour insérer le plus grand nombre de fois possible son nom dans les discours de circonstance. Mais Faure Gnassingbé donne l’impression de n’être que le garant de certains us et coutumes du Togo, tant il professe une discrimination culturelle inédite.

C’est une tradition sous le père, perpétuée par le fils. Il n’y a pas d’Evala qui se tienne sans la présence du chef de l’Etat. Ainsi donc à la mi-juillet 2016, Faure Gnassingbé était dans la Kozah, pas pour ouvrir solennellement les festivités et revenir très vite à Lomé pour s’occuper des affaires de l’Etat. Le « Leader nouveau » a passé quelques jours, et les a suivies de bout en bout. Pour cette fête, Lomé s’est encore vidée de tout ce qu’il y a comme autorités et Kara es devenue le centre névralgique du Togo, la capitale par procuration. Ministres, députés, directeurs de sociétés, plantons… tous étaient repliés sur la Kozah pour une semaine de bombance. Et toute l’administration avait tourné au ralenti.

Aux Evala, Faure Gnassingbé défie le temps pour être présent. Toujours entre deux hélicos, sous la pluie comme sous le soleil, il s’abrite sous un parasol ou une tente. Rien ne l’empêche de suivre les Evala. En un mot, aucun sacrifice n’est trop grand quand il s’agit de cette fête.

A certains moment,on se laisse persuader que c’est son statut de garant des us et coutumes qui le pousse à faire de tels sacrifices, et rien que ça, et qu’il les remettra lorsqu’il s’agira des autres fêtes traditionnelles chez les autres peuples du Togo. Oh que leurre ! Les Evala bénéficient d’un statut particulier et aucune fête ne les égale.

La 354eme édition de la prise de la pierre sacré chez les peuples Guin,s’est déroulée hier à Glidji Kpodji. Les Togolais avait promené leurs regards sur les petits écrans, fouiné dans la masse, dans l’intention de voir Faure Gnassingbé; mais leurs recherches ont été vaines. Le garant des us et coutumes n’était pas là. Le « Leader nouveau » ne s’est pas donné la peine de faire le déplacement de Glidji, juste pour qu’on lui présente la pierre prise, en tant que premier Togolais.Le déplacement aller-retour aurait valu deux heures à voiture, et quelques minutes à hélico. Mais il n’a pas jugé bon de faire le déplacement. Il s’est fait représenter par une délégation à laquelle il aurait certainement donné des « instructions fermes » pour rendre la fête belle. Le peuple Ewé, le plus important du Togo a fêté l’année dernière aussi la fête d’Agbogbozan, il s’était fait représenter par Komi Selom Klassou. Son emploi du temps est trop chargé. Il doit s’occuper des affaires de la nation, nous rétorquera-t-on.

Visiblement aucune fête ne vaut les Evala. Que ce soit Ovazou chez les Akposso, Odon Tsu chez le peuple Ana Ifé d’Atakpamé, Dédézan chez le peuple de Kpomé (préfecture de Zio) ou Ayizan chez le peuple de Tsévié…Faure Gnassingbé ne s’y intéresse pas. Le peuple Bassar fêtera la fête des ignames sous peu, et on a bien peur que le garant des us et coutumes ne snobe la cérémonie.Il n’y a pas moins une discrimination culturelle.

Source : Robert Avotor, L’Alternative No. 551 du 02 Septembre 2016

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