Des Logements sociaux de John Dramani au Ghana et des Cases sociales de Faure Gnassingbé au Togo

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« En ce qui concerne le logement, un crédit à l’habitat est en cours d’étude. Le projet de construction de maisons à bon marché pour faciliter les logements des jeunes accédant à la vie active et tous ceux qui ont besoin de se loger dans des meilleures conditions est à l’étape de réalisation », c’est ainsi que se décline l’engagement 13 réédité des 20 plus du programme de Faure Gnassingbé en 2005.

Il a fallu attendre plus de 10 ans au pouvoir pour assister à un soi-disant début de construction des logements sociaux. Un projet bidon élaboré par des mafieux qui se sont accaparé une partie des terres du Lycée technique d’Adidogomé. Une confiscation du patrimoine foncier du Lycée dénoncée par la presse. Mais les promoteurs, du haut de leurs solides appuis à la présidence, ont démarré les travaux qui battent déjà de l’aile.

Un tour sur le chantier permet de se rendre compte de l’escroquerie qui entoure ce projet non de logements sociaux décents mais de « cases » ou maisonnettes comparables aux premières cabanes des colons en Afrique. Comment en 2016, avec tous les architectes dont regorge le Togo, on peut ériger de telles cabanes pompeusement appelées logements sociaux et vendues à un prix assez onéreux. « Cité Mopkpokpo », c’est le nom de de cette trouvaille ridicule. Sur le dépliant vantant le mérite de ce nouveau fiasco en perspective, on peut facilement lire : « Située dans l’enceinte du Lycée technique d’Adidogomé, la cité Mokpokpo est un projet de logements sociaux destiné aux fonctionnaires de l’Etat catégories A1, A2 et B. Une première tranche de 540 logements est prévue sur une surface de 12, 5 hectares, dont 420 villas basses 2 pièces, 3 pièces et 4 pièces, avec des surfaces utiles respectives de 40 m2, 50 m2 et 60/70 m2 et 120 appartements studios 2 pièces et 3 pièces avec des surfaces utiles respectives de 19 m2, 46 m2 et 57 m2. La cité sera également dotée d’espace vert à l’usage des résidents, ainsi qu’une école primaire et un centre commercial. Ce programme exceptionnel a été conçu pour offrir des villas et appartements familiaux et fonctionnels et permettra ainsi de faciliter l’accès à la propreté et à un habitat décent ». Tel est le descriptif du projet. Un tour sur le terrain permet rapidement de toucher du doigt cette nouvelle escroquerie.

Les premiers bâtiments qui peinent à sortir de terre sont loin de ressembler à ce qui est pompeusement appelé sur le dépliant programme exceptionnel et habitat décent. On se retrouve en face des maisonnettes qui ressemblent à des demeures de camps de concentration ou des cases de prisonniers. Les prix d’achat de ces maisons de concentration sont la preuve suffisante du degré d’escroquerie de leurs promoteurs. Des cases de deux pièces à 11 millions de francs CFA, de trois pièces à 17 millions, de quatre pièces à 19 millions ; il faut être des gens venus d’une autre planète pour faire ces propositions aux fonctionnaires togolais qui tirent le diable par la queue avec des per diem appelés salaires.

Qu’avons-nous fait réellement dans ce pays pour être toujours la risée du monde ? Comment des gens qui se disent économistes ont-ils pu avoir cette scandaleuse idée de construire des cases pompeusement appelées logements sociaux ?

Des Logements sociaux de John Dramani au Ghana et des Cases sociales de Faure Gnassingbé au Togo

Il faut retourner dans l’histoire, notamment au début de la colonisation pour trouver des cases de cette taille. Si nous sommes si inintelligents au Togo, sans vision, ne pouvons-nous pas apprendre au moins de nos voisins ? Parlant justement des voisins, le Ghana d’à-côté nous donne la leçon de ce qu’est un logement social et une habitation décente.

Le pays est en pleine campagne électorale et l’heure est au bilan pour le sortant John Dramani. A l’actif de son bilan, moins de voyages inutiles dans le monde, plusieurs réalisations d’envergure dont un hôpital Hi-tech, de vrais logements sociaux (maisons spacieuses, décentes dans un environnement agréable) alignés à perte de vue.

Dans certaines localités, ce sont des villes entières qui émergent, comme l’attentent des photos ci-dessous. Pendant qu’en 4 années de pouvoir, le président du Ghana a pu réaliser de telles prouesses, en plus d’une décennie, les fameux logements de Faure Gnassingbé peinent non seulement à sortir de terre, mais les premiers visibles ont l’air bien effroyable. Ces cases ne ressemblent même pas à des campements de militaires dans des pays voisins. En matière de logements sociaux, en dehors du Ghana, on peut admirer les réalisations en Guinée Equatoriale, au Gabon, au Bénin, etc.Ceux qui prennent le plaisir de dire que le Togo et le Ghana, ce sont la Corée du Nord et la Corée du Sud n’ont que trop raison.

Ce projet pompeux de logements de Faure qui a l’air d’un camp de concentration n’est qu’un fiasco avant l’heure. C’est bien évidemment ce qui arrive lorsqu’un chef d’Etat, qui se dit élu par le peuple, s’enferme dans sa tour d’ivoire et ne contrôle lui-même aucune réalisation dans le pays. Un grand dirigeant, c’est celui qui a de grandes ambitions pour son pays et mobilise les moyens pour y arriver. Au Togo, les milliards sont pour les sommets et autres inutilités.

Décidément, nos voisins de l’ouest ont de quoi se moquer de nous tout le temps, et c’est bien triste.

Source : Ferdi-Nando, L’Alternative No. 560 du 11 Novembre 2016

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