Chronique politique de Firmin Teko-Agbo : Apévon crée son parti, bientôt le Togo 7 millions de partis politiques. Arrêtez l’hémorragie !

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La multiplication des partis politiques n’est pas une mauvaise chose en soi. C’est simplement l’expression de la démocratie. Mais le problème se pose quant à l’opportunité de la décision de créer un parti politique.

En réalité, on crée un parti politique autour d’une idéologie et d’un projet de société. On vient en politique pour résoudre un problème. On crée un parti pour être une alternative crédible. Autrement, le parti au pouvoir ne tient pas bien compte de l’intérêt général dans la gestion des affaires publiques et on rentre en politique et on crée un parti politique avec l’intention de lui succéder un jour et de faire mieux que lui une fois arrivé au pouvoir. Et on défend une idéologie et un projet de société. L’idéologie étant le squelette.

En Afrique, la donne s’énonce autrement. Tout le monde veut faire de la politique. Et des gens rentrent en politique et créent leur parti parce que X ou Y est président. Au Togo, des gens ont créé leur formation politique parce que le Général Eyadéma était président ou parce qu’ils estiment que le Régime a assassiné leur père, leurs proche ou leurs familles. Rancœur, vengeance, frustrations, colère et ignorance au rendez-vous. La base est faussée. Conséquence : maladresse, incompétence politique, incohérence.

Dans la première décennie du 21ème siècle au Togo, des gens ont créé leur parti parce que leur mentor aurait signé un « accord historique » avec le Parti au pouvoir. Mais dans les coulisses, la réalité était tout autre. Des gens exigeaient des ministères clés dans le futur gouvernement d’alors. D’autres étaient allés jusqu’à exiger la primature. Leur mentor, connaissant bien l’esprit de cet accord nouvellement signé s’était catégoriquement opposé à leur volonté. 4 ans plutôt, suite à la signature de l’Accord Politique Global, ils avaient fait le même rêve, la primature. Le Régime avait opté pour le Président du CAR d’alors. Même scénario en 2010. Ils ne le digèrent pas et vilipendent leur Chef Historique. Ils créeront leur propre parti avec pour base frustration, vengeance, colère. Leur premier ennemi, autant pour moi, leur premier adversaire devient leur « Ancien Mentor ». Ou iront-ils avec ces considérations ? La base politique est faussée. Pour donner une certaine esthétique à la chose, ils optent pour la Gauche, les Socialistes. Mais une Gauche qui n’aime pas l’environnement. « La population de Mango nous a dits qu’elle ne veut pas de la Faune », lâche un député de cette formation. Cacophonie ! Plutôt d’aucuns diront incohérence ! D’autres enfonceront le clou, Incompétence !

La première question susceptible d’être posée, pourquoi Apévon quitte le CAR ? qui l’a exclu du parti ? Etre dans un même parti ne signifie pas la fin des divergences ? Dimas Dzikodo, journaliste, Directeur de publication de Forum de la Semaine, quotidien privé du Togo demandait sur une plateforme whatsapp à savoir ce qu’il n’a pu faire au CAR et que c’est avec son parti FDR qu’il pourrait le faire. Nous demanderions simplement à savoir autour de quelle idéologie a-t-il construit sa formation ? s’il garde son idéologie d’avant, il pouvait simplement rester dans son CAR et imposer son point de vue, sa vision de la société Togolaise de Demain. En tout cas, il n’a jamais dit que le Président d’honneur du parti est entrain de changer d’idéologie. Ses phrases et lettres n’ont été relatives qu’à Me Agboyibor. C’est le charme de la Politique au Togo ou en Afrique. Soit on combat celui qui est au pouvoir soit on combat son propre frère politique. Sans idéologie, sans projet de société solide, pas de base solide pour FDR. Me Agboyibor s’est toujours cru le riche et le financier du parti CAR et il a toujours voulu imposer sa loi « votée dans sa maison », alors qui finance FDR ? Si Me Apévon demeure le seul financier du parti, nul doute qu’il est entrain de créer le CAR Bis et un de ses amis d’aujourd’hui créera FDR2.

Le problème, il est simple en Afrique. On manque de formation. On ne comprend toujours pas le sens de la Démocratie encore moins de la politique moderne. La politique des grands-parents, la politique africaine des « Fiers guerriers », nous l’avons toujours dans le sang. Et nous n’arrivons toujours pas à nous en débarrasser. Même dans ce monde moderne. Quand, on est Chef de parti politique et député à l’Assemblée nationale, ça doit nécessairement ouvrir des portes juteuses. Et on peut y faire du business. Alors pourquoi ne pas s’y accrocher ? C’est l’esprit Africain.

Chers Députés, restez scotchés dans vos formations politiques. Car si vous en créez tous, nous aurions une 80taine de partis de plus et on avoisinerait déjà 200 partis politique pour un petit pays de 56 600 Km² avec plus de 7 Millions d’habitants.

Chers Députés, pas ça ! N’emboitez pas à Me Apévon, à Jean-Pierre Fabre. Même sans parti politique, vous pouvez concevoir un bon plan de développement pour votre cher pays et le défendre. Même sans formation politique, vous pourrez participer à la construction du Togo de Demain.

Chers Députés, ne leur emboitez pas, cela n’est pas encore opportun. Le Togo n’en a pas besoin pour le moment !

Firmin Teko-Agbo, Journaliste-chroniqueur politique

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