CECO Group : Après les glorieuses, le déclin ?

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CECO Group : Après les glorieuses, le déclin ?

La descente aux enfers continue pour la société de Constantin Amouzou. Sur le boulevard des armées, niveau Protestant-Ramco, les engins sont immobilisés et ne tournent plus. Les travaux sur ce tronçon sont aux arrêts. Les agents ont déserté le chantier. Les usagers et les riverains vivent un véritable calvaire. Pour certains tenanciers des boutiques sises au bord de cette route, les affaires ne marchent plus. Certains parmi eux ont préféré fermer. Le chantier, visiblement, subit le sort de la route Lomé-Vogan-Anfoin mise à l’abandon. CECO BTP à qui la réfection de ce boulevard est confiée s’enfonce dans la boue.

Cette entreprise spécialisée dans les travaux de qualité douteuse sur nos routes est vivement secouée par une crise à l’interne qui l’a poussée à la réduction tout récemment de son personnel. Mais depuis, les choses continuent de se compliquer, pour CECO Group qui peine non seulement à s’acquitter de ses dettes auprès des banques, mais aussi à payer à ses employés qui réclament trois (03) voire six (06) mois d’arriérés de salaires. Le 31 octobre dernier, ils ont débrayé devant le siège de la société. Depuis hier, ils observent un mot d’ordre de grève de 72 heures reconductible. « Nous sommes ici pour réclamer nos droits, nos quatre mois de salaires. Trop c’est trop. Il faut qu’on nous paye au moins un mois de nos salaires », a pesté un employé.CECO BTP et son Directeur Général, en difficulté avec leurs protecteurs d’hier, se retrouvent dans une mauvaise passe.

Au départ une Ong agricole, CECODRI, grâce au soutien indéfectible du régime, s’est muée en CECO BTP et bénéficie du pouvoir des marchés gré à gré. Avec à sa tête Constantin Amouzou, un ancien frère marianiste au collège Chaminade, elle s’est imposée en quelques années, comme un acteur majeur dans les milieux des BTP, mais avec des travaux de qualité défectueuse. A ses heures de gloire, l’entreprise a procédé à des recrutements fantaisistes de centaines d’agents, de manœuvres, de techniciens généralement aux compétences douteuses. Elle disposait d’un parc automobile impressionnant. Le patron lui-même a vu son statut changer « miraculeusement ». Voitures de luxe, location parfois de jet privé, location d’hélicoptère, c’était la belle vie qu’il s’offrait gentiment. Et pourtant, sa société exécute approximativement les travaux, sans que le pouvoir ne le sanctionne.

« Mais ce système de corruption hautement sophistiqué qui fait l’affaire de plusieurs acteurs de la chaîne, y compris les ministres et peut-être plus haut, va commencer par rencontrer quelques difficultés. La délation qui se trouve être la base de fonctionnement du système RPT-UNIR ne va pas arranger les choses. Très vite, la grande harmonie a déserté le couvent où on attribue facilement les marchés de milliards de FCFA gré à gré à CECO BTP au profit de la méfiance, et plus loin, de la crise. Les mafieux d’hier qui s’entendaient bien comme larrons en foire, sont subitement devenus des ennemis. Le retard dans l’exécution de certains travaux nonobstant le décaissement des fonds fait la une des journaux », écrivions-nous dans l’une de nos colonnes.

Visiblement, les robinets se ferment pour ce géant des BTP aux pieds d’argile. Les banques refusent de lui ouvrir les coffres- forts. Des consignes leur seraient données. Certains contrats lui seraient aussi résiliés. Selon une information du confrère «Le Correcteur», le Groupe qui a bâti son siège sur un domaine qui appartiendrait à la Gendarmerie serait sommé de quitter les lieux. Après les glorieuses, CECO Group s’éloigne sûrement du paradis pour l’enfer.

PCK

icilome.com