Carlos Lopes interpelle les pays africains à Lomé

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Carlos Lopes interpelle les pays africains à Lomé

Le Secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Carlos Lopes à Lomé pour le Sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) sur la Sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique, a rencontré les Chefs d’agences du Système des Nations Unies (SNU) au Togo. C’est ce qu’a appris l’Agence de presse Afreepress du Bureau du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Lomé.

Au cours de cette rencontre avec les treize (13) chefs d’agence des Nations Unies, une réunion présidée par Khardiata Lo Ndiaye, Représentante résidente du PNUD et Coordinatrice du SNU au Togo, le représentant de Ban Ki-Moon a déclaré que parmi les défis auxquels le continent africain doit faire face et trouver des alternatives pour les prochaines années, se trouve l’Aide publique au développement (APD).

Pour étayer son idée, le Secrétaire exécutif de la CEA a d’abord dressé le tableau économique des pays africains : alors que 65% des exportations des pays africains sont constituées de matières premières non transformées et 80% des dépenses des Etats sont issues des recettes d’exportations, le prix des matières premières a chuté au cours des dernières années. Parallèlement, a-t-il poursuivi, le marché interne porte les 2/3 de la croissance qui ne se reflète pas dans les recettes des Etats et le taux de fiscalité en Afrique est de 16% contre 33% pour la moyenne mondiale.

Au cours des dix (10) dernières années, l’APD qui se situait entre 40 et 48 milliards de dollars par an, soit environ 3% du PIB du continent, baisse et va continuer à baisser, a-t-il averti. La preuve, a-t-il ajouté, c’est qu’une partie de cette aide est actuellement orientée dans les réponses aux crises humanitaires et aux questions de migration. « C’est l’argent mobilisé par les pays africains eux-mêmes qui fera la différence pour faire face aux questions de développement », a-t-il lancé.

Les Nations Unies ne resteront pas les bras croisés. Elles auront, selon M. Lopes, à jouer un rôle important en termes de mobilisation des ressources et des capacités internes dans les pays africains. Entre autres solutions, le Secrétaire adjoint de l’ONU a proposé que les pays africains doivent élargir leur assiette fiscale en améliorant le taux d’imposition des grandes firmes. « Il n’est pas question d’asphyxier les pauvres », a-t-il prévenu.

Autre annonce faite par le Secrétaire exécutif de la CEA, on ne peut plus séparer la dimension économique, sociale et environnementale dans le cadre du développement et tous les acteurs (Gouvernement, société civile et partenaires au développement) doivent travailler de façon
intégrée pour humaniser le développement.

La même réunion a permis aux 13 chefs d’agences des Nations Unies de présenter les actions engagées au Togo et les défis majeurs rencontrés surtout dans le contexte de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), pour lesquels le Togo fait partie des pays pilotes.

Carlos Lopes a déjà, dans le cadre du Sommet extraordinaire de l’UA à Lomé, prononcé un discours en présence du Premier ministre togolais, Komi Sélom Klassou.

Telli K.

icilome.com