Braquage de l’aéroport de Lomé : 2 ans après, les présumés auteurs courent toujours

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28 septembre 2014-28 septembre 2016. Il y a deux ans jour pour jour, à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma, s’est produit un acte surréaliste, le braquage des commerçants par des individus armés de fusils de guerre. 24 mois après ce qui ressemble à un film hollywoodien, l’enquête ouverte peine à se refermer. Et les présumés auteurs toujours libres de leur mouvement.

Le dimanche 28 septembre 2014, des individus lourdement armés prennent d’assaut l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma de Lomé. Leur cible, des commerçants en partance pour la Chine. L’attaque fait deux morts, plusieurs blessés et surtout plus de deux (2) milliards FCFA emportés.

Comment a-t-il été possible que des individus puissent attaquer l’aéroport Gnassingbé Eyadéma bien protégé, très surveillé de part et d’autre ? Comment peut-on comprendre que ce lieu très stratégique dont Dokissime Gnama Latta, Directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), rappelle souvent qu’il est un lieu sûr, soit victime d’un projet aussi malsain ?

Des interrogations qui fusent de toute part, et qui n’auront de réponse jusqu’aujourd’hui.

On peut continuellement enchaîner les interrogations d’autant plus que tout s’est passé dans un lieu situé à quelques mètres du Centre des troupes aéroportées (CETAP) en dehors de la Gendarmerie de l’aéroport et des militaires en uniforme et en civil postés un peu partout en interne et en externe. Même si le Col Dokissime Gnama Latta s’est égosillé plus tard que l’attaque ne s’est pas déroulée à l’aéroport mais sur son parking. Une contre-vérité sans doute.

Deux ans après cette sinistre attaque, aucune suite de l’enquête promise par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Yark Damehame, pour faire la lumière sur les auteurs de cette odieuse attaque qui a coûté la vie à 2 citoyens, dont un religieux. L’ancien Directeur général de la Gendarmerie a habitué l’opinion sur ses enquêtes qui ne donnent jamais de conclusion.

Les enquêtes relatives aux incendies des marchés de Kara et de Lomé, aux actes ignobles commis sur les militants et sympathisants du « Collectif Sauvons le Togo » (CST) à Adéwui le 15 septembre 2012, pour ne citer que ces deux exemples, sont toutes restées sans suite, alors que leurs auteurs et commanditaires courent toujours les rues s’ils ne narguent pas leurs victimes.

C’est avec consternation, colère que les victimes et leurs proches se rappellent cette date, le jour où tous les efforts de leur vie sont partis en fumée comme s’ils vivaient dans une jungle.

Peu de temps après le braquage de l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma, d’autres attaques de ce genre ont été signalées sans que les forces de l’ordre et de sécurité ne réussissent à mettre la main sur les présumés auteurs.

Tout porte à croire que la sécurité des Togolais importe peu. Tant que ceux qui sont aux affaires et leurs familles sont protégés, les autres peuvent se faire détroussés, tués, il n’y a rien à faire pour eux. Une triste réalité.

A.H.

icilome.com