Afia Mala distribue ses notes aux artistes et aux autorités

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Afia Mala est une artiste de la chanson togolaise. Une icône dans les années 80, elle est toujours active sur scène. Lauréate de plusieurs prix – distinguée par Vlisco et consacrée « Maman africa au Mali tout récemment – l’artiste s’offusque que dans son propre pays les artistes ne sont pas valorisés de leur vivant.

« C’est un peu regrettable que les distinctions et trophées viennent de l’extérieur alors que ça aurait pu venir de mon pays. Comme l’a fait les organisateurs de Quama Awards, j’espère que mon pays n’attendra pas que je meure avant de me distinguer ou primer », lance-t-elle sur le site de togoportail.

Pour les artistes qui font le jeu du pouvoir ou chantent pour leur gloire, Afia Mala est on ne peut plus claire. « Un artiste est un rassembleur, un vecteur de paix, par conséquent, il n’a pas le droit de faire de la politique », estime-t-elle avant d’ajouter que « faire de la politique, c’est choisir un camp au détriment de l’autre. Et à partir de cet instant, on cesse d’être un rassembleur. Quand l’artiste commence par faire de la politique, il n’est plus artiste mais politicien ».

Les anciennes gloires de la musique togolaise n’occupent pas la place qui devrait être la leur au Togo, souligne la seule artiste africaine qui a réalisé un album entier avec le célèbre orchestre Aragon, parce « qu’il n’y a pas véritablement de promoteurs culturels ». Cela est aussi dû à « un problème d’organisation qui fait que c’est juste un groupuscule d’artistes qui soit tout le temps sollicité ». « Mais je suis désolée, la musique d’un pays ne se construit pas de cette manière. J’invite tous les acteurs culturels à commencer par le ministre de la Culture à revoir véritablement leurs copies sinon ça craint », insiste-t-elle.

Celle qui est aussi active dans les œuvres humanitaires, avec sa fondation ‘’Vie et vivre’’, dit à ceux qui gèrent actuellement le pays « de revoir l’organisation de la culture au Togo car c’est un maillon essentiel pour la construction d’un pays ».

L’exemple du Nigeria est illustratif de l’apport de la culture dans le développement économique. Il suffit d’une volonté politique, alerte-t-elle. « Aux artistes, je nous exhorte à faire des œuvres de qualités », rappelle Afia Mala.

A.H.

icilome.com